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Israël élargit la pension à plus de 8 000 survivants de la Shoah non reconnus

Le manque d'alphabétisation en hébreu ou de connaissance des critères d'éligibilité expliquent notamment pourquoi de nombreux survivants se retrouvent sans aide

Une étoile de David jaune que les nazis obligeaient les juifs à porter, parmi d'autres objets appartenant à des survivants de la Shoah du camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau, exposés au Mémorial de la Shoah de Yad Vashem à Jérusalem, le 24 janvier 2005 (Crédit : AP Photo/Kevin Frayer).
Une étoile de David jaune que les nazis obligeaient les juifs à porter, parmi d'autres objets appartenant à des survivants de la Shoah du camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau, exposés au Mémorial de la Shoah de Yad Vashem à Jérusalem, le 24 janvier 2005 (Crédit : AP Photo/Kevin Frayer).

Au cours des trois dernières années, le ministère de l’Égalité sociale a réussi à identifier quelque 8 300 survivants de la Shoah qui n’avaient pas encore reçu de pension spéciale de l’État, selon des données publiées à l’approche de la Journée internationale de commémoration de la Shoah.

Israël abrite quelque 165 800 survivants reconnus de la Shoah et victimes de l’antisémitisme pendant la Seconde Guerre mondiale.

Selon un reportage de la Douzième chaîne dimanche, beaucoup de ces survivants n’ont pas reçu l’allocation parce qu’ils ne savaient pas qu’ils y avaient droit. Le montant total des avantages non exercés a été estimé à environ un milliard de shekels.

Cela s’explique notamment par le fait que de nombreux survivants ont un faible niveau d’alphabétisation en hébreu ou ne connaissent pas les modifications apportées aux conditions d’éligibilité. Certains n’étaient auparavant pas intéressés par une aide financière et sont désormais incapables d’en faire la demande.

« Nous ne nous contentons pas de répondre et de fournir un service aux survivants qui nous contactent, mais nous menons des tests et des enquêtes pour atteindre de manière proactive ceux qui n’ont pas encore reçu ce qu’ils méritent », a déclaré le ministre de l’Égalité sociale, Meirav Cohen.

Le nombre de survivants de la Shoah en Israël ayant besoin d’une aide financière a augmenté ces dernières années, exacerbé par la pandémie de coronavirus, dont beaucoup de victimes étaient des survivants âgés.

Motti Liber, 88 ans, survivant de la Shoah, reçoit les soins d’un bénévole dans les locaux de la fondation Yad Ezer L’Haver, qui soutient les rescapés en leur fournissant de la nourriture ainsi qu’une assistance médicale et psychologique, à Haïfa le 24 janvier 2021. (Crédit : Emmanuel DUNAND / AFP)

Une enquête publiée l’année dernière à l’occasion de la Journée israélienne de commémoration de la Shoah a révélé que plus de la moitié des survivants de la Shoah vivant en Israël ont besoin d’aide alimentaire, et beaucoup disent qu’ils n’ont pas les fonds nécessaires pour payer des produits essentiels tels que des lunettes et des appareils auditifs.

Dans un sondage réalisé par le Fonds d’aide aux survivants de la Shoah, 51 % des personnes interrogées ont déclaré qu’elles dépendaient de la nourriture qui leur était donnée par diverses organisations caritatives, et un tiers d’entre elles ont déclaré qu’elles avaient « un besoin urgent » de cette aide.

Selon le sondage, de nombreux survivants de la Shoah disent qu’ils sont obligés de renoncer à des choses essentielles afin d’avoir assez d’argent pour se nourrir. Quarante-trois pour cent des personnes interrogées ont déclaré qu’elles n’avaient pas assez d’argent pour s’acheter des lunettes, 33 % qu’elles ne pouvaient pas se payer des soins dentaires et 27 % qu’elles ne pouvaient pas payer des appareils auditifs.

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