Israël Katz : le pays est au bord d’une crise incontrôlable avec le coronavirus
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Israël Katz : le pays est au bord d’une crise incontrôlable avec le coronavirus

Le chef de la diplomatie défend les mesures radicales, destinées à "sauver des vies et prévenir la propagation" et nie que l'exclusion des États-Unis soit politiquement motivée

Un Israélien rentré d'Italie et testé positif au coronavirus arrive à l'hôpital Tel HaShomer, transformé pour recevoir les patients atteints de coronavirus, le 27 février 2020. (Crédit : Flash90)
Un Israélien rentré d'Italie et testé positif au coronavirus arrive à l'hôpital Tel HaShomer, transformé pour recevoir les patients atteints de coronavirus, le 27 février 2020. (Crédit : Flash90)

Israël est au bord d’une crise qui deviendra bientôt incontrôlable, a déclaré le ministre des Affaires étrangères Israël Katz jeudi, défendant les mesures strictes imposées par les autorités sur les déplacements à destination et en provenance d’Israël.

Israël a temporairement interdit d’entrée sur son sol les ressortissants de plusieurs pays, notamment européens, et ordonné à des dizaines de milliers d’Israéliens de retour de ces pays, de s’isoler pendant 14 jours.

« Nous parlons avec les dirigeants et leur expliquons le point de vue d’Israël », a déclaré le ministre au micro de la chaîne publique Kan. « Nous sommes au bord d’une crise qui deviendra bientôt incontrôlable, et après cela, la vie en Israël changera radicalement. »

Katz a expliqué que les autorités avaient deux objectifs en tête en appliquant ces restrictions : « sauver des vies et prévenir la propagation et donc l’isolement d’Israël ».

Si le Covid-19, la maladie causée par le nouveau coronavirus, venait à se propager en Israël, les pays du monde entier pourraient fermer leurs portes aux voyageurs israéliens, a-t-il expliqué.

Le ministre des Affaires étrangères à un meeting du Likud, à Safed, le 24 février 2020. (Crédit : David Cohen/FLASH90)

Les États-Unis n’ont pas été inclus dans la liste des pays dont les ressortissants sont interdits d’entrée, et dont les ressortissants israéliens qui en reviennent, doivent se confiner. Pourtant, le virus se propage sur le territoire américain et a fait au moins 11 morts, plus qu’en France par exemple. La Californie a déclaré l’état d’urgence mercredi face à la situation.

Israel Katz a démenti l’idée selon laquelle l’exclusion des États-Unis était une décision motivée politiquement et a suggéré que la situation pourrait changer.

« Nous ne mettrons pas en danger la vie des Israéliens en raison de considérations politiques », a-t-il clamé, affirmant que la situation là-bas n’est pas encore assez grave pour être considérée comme une épidémie.

Il a appelé le public à se conformer aux instructions des autorités sanitaires.

Cependant, le directeur général du ministère de la Santé Moshe Bar Siman-Tov a déclaré à Kan que ce n’est « qu’une question de temps avant qu’il y ait une large pandémie en Europe et aux États-Unis ».

Le directeur général du ministère de la Santé Moshe Bar Siman Tov à Kiryat Malachi, le 1er mars 2020. (Crédit : Flash90)

Ce dernier avait aussi défendu les mesures radicales prises par Israël pour ralentir la propagation du coronavirus. Il a expliqué que les pays qui n’avaient pas pris de précautions suffisamment tôt avaient été contraintes d’imposer des mesures encore plus radicales une fois que le virus s’était propagé. Il a cité en exemple l’Italie et la Corée du Sud. L’Italie a fait état d’une centaine de décès et confirmé jeudi que les écoles étaient fermées pour dix jours.

Le directeur du ministère a ajouté que reporter la propagation de la maladie permettait de gagner du temps pour en apprendre davantage sur l’élaboration d’un vaccin et potentiellement d’en concevoir un.

De plus, a-t-il dit, un influx soudain de patients contaminés pourrait surcharger le système de santé et donc influer sur l’économie.

Plus de 70 000 Israéliens seraient désormais en auto-quarantaine, les étrangers d’une série de pays européens et asiatiques ont été ou seront interdits sur le territoire, et les grands événements, tels que les concerts et les rencontres sportives, ont été annulés, en raison des directives émises par le ministère de la Santé, considérablement élargies mercredi.

Tous les Israéliens revenant de France, d’Allemagne, d’Espagne, d’Autriche et de Suisse ont reçu l’instruction de se confiner pendant une période de 14 jours après leur dernier jour dans ces pays.

La décision s’applique rétroactivement à tous ceux arrivés de ces destinations au cours des deux dernières semaines. Les citoyens étrangers en provenance de ces pays ne seront pas autorisés à entrer en Israël, à moins qu’ils ne puissent prouver qu’ils sont en mesure de se mettre en quarantaine dans un foyer pendant leur séjour.

Un couple muni de masques de protection, à l’aéroport Ben Gurion, le 4 mars 2020. (Crédit : Emmanuel DUNAND / AFP)

Israël avait déjà pris il y a peu d’importantes initiatives pour empêcher le développement de l’épidémie, interdisant l’entrée aux ressortissants étrangers s’étant trouvés en Chine, à Hong Kong, à Macao, en Thaïlande, à Singapour, en Corée du sud, au Japon et en Italie dans les 14 jours précédant leur arrivée. Tous les Israéliens s’étant rendus dans ces régions du monde ont également l’obligation de se placer en quarantaine pendant deux semaines.

Dans un communiqué émis le mois dernier, le ministère de la Santé a exhorté les Israéliens à envisager sérieusement de ne pas voyager à l’étranger. Israël a été le premier pays à appeler ses citoyens à cela en raison de l’épidémie qui a démarré en Chine en décembre, et qui a depuis infecté plus de 93 000 personnes dans le monde et fait plus de 3 200 morts, principalement en Chine.

Le ministère de la Santé a été sous le feu des critiques à la suite de l’instauration de ces mesures extrêmes, certains affirmant que les autorités paniquaient inutilement et nuisaient économiquement et diplomatiquement au pays. Les responsables du ministère ont déclaré qu’ils préféraient adopter une ligne stricte plutôt que d’avoir à le regretter plus tard.

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