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Israël va procéder à des fouilles complètes du bassin de Siloam à Jérusalem-Est

Un réservoir d'eau vieux de 2 700 ans sera ouvert au public ; une initiative critiquée comme visant à étendre la présence juive dans le quartier palestinien

Illustration : De jeunes taïwanais jouant dans l'eau du bassin biblique de Siloé après avoir traversé le tunnel d'Ézéchias lors de leur visite du parc national de la Cité de David, le 28 juillet 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90/Dossier)
Illustration : De jeunes taïwanais jouant dans l'eau du bassin biblique de Siloé après avoir traversé le tunnel d'Ézéchias lors de leur visite du parc national de la Cité de David, le 28 juillet 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90/Dossier)

Les autorités israéliennes ont annoncé mardi que des fouilles seront, très prochainement, effectuées dans l’ensemble du bassin biblique de Siloam, un réservoir d’eau vieux de près de 3 000 ans qui a probablement servi à la population de Jérusalem à l’époque biblique.

Les fouilles permettront d’exposer pour la première fois la totalité du bassin, qui, selon les archéologues, a été construit sous le règne du roi israélite Ézéchias au VIIIe siècle avant notre ère.

L’annonce – faite mardi dans une déclaration conjointe de l’Autorité israélienne des Antiquités (IAA), de la Fondation City of David et de l’Autorité israélienne de la nature et des parcs (INPA) – a été perçue par la gauche israélienne comme un projet s’inscrivant dans une campagne visant à étendre le contrôle juif de la droite israélienne sur des zones politiquement sensibles de Jérusalem-Est – actuellement habitées par des Palestiniens.

Le bassin sera ajouté au parcours d’un sentier controversé, la « Route des pèlerins », qui commence aux pieds du mur Occidental et se termine à l’extrémité sud de la Cité de David. Ce site ancien est considéré par les archéologues comme la première implantation juive de Jérusalem, mais fait aujourd’hui partie du quartier majoritairement palestinien de Silwan.

Le site sera ouvert aux touristes pour observer les fouilles en cours, ont déclaré les groupes israéliens dans un communiqué commun.

Alimentée par un tunnel d’eau provenant de la source du Gihon, le bassin de Siloam est mentionné dans le deuxième Livre des Chroniques (diberê hayyamim en hébreu), 20:20 : « Les travaux du roi Ézéchias, toute sa puissance, la façon dont il a construit le bassin et le conduit, et amené l’eau dans la ville, ne sont-ils pas inscrits dans le Livre des Chroniques des rois de Judée ? ».

Illustration : L’ambassadeur américain en Israël David Friedman lors d’un événement pour la Cité de David, inaugurant un site archéologique (la piscine de Siloam est visible en bas à droite), à Jérusalem-Est, le 30 juin 2019. (Crédit : AFP/Tsafrir Abayov/Dossier)
L’ambassadeur américain en Israël, David Friedman, inaugurant un site archéologique à Jérusalem-Est, le 30 juin 209. (Crédit : Tsafrir Abayov/AFP)

Selon des sources juives, le bassin était utilisé par les pèlerins juifs comme mikvé (bain rituel juif) à l’époque du Second Temple, leur permettant de se purifier avant d’entrer dans la ville sainte.

Le maire de Jérusalem, Moshe Lion, a salué l’annonce faite mardi selon laquelle le bassin de Siloam serait entièrement fouillé et ouvert au public, le décrivant comme « un site d’une importance historique, nationale et internationale ».

« Après de nombreuses années d’attente, nous aurons bientôt l’honneur de pouvoir découvrir ce site important et de le rendre accessible aux millions de visiteurs qui se rendent à Jérusalem chaque année », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Le périmètre nord du bassin de Siloam. (Crédit : Koby Harati/Archives de la Cité de David)

Une partie de la zone à fouiller se trouve sur une oliveraie en terrasses appartenant au Patriarcat grec et louée à une famille palestinienne depuis 1931, a indiqué mardi l’organisation de gauche, Emek Shaveh.

Selon le quotidien Haaretz, le terrain a été vendu à une holding offshore dans le cadre d’un accord controversé de 2004 qui a vu des groupes juifs d’extrême-droite prendre le contrôle de deux hôtels dans la Vieille Ville. Cet accord a été récemment suspendu par la Cour suprême d’Israël après plus de dix ans de querelles juridiques et d’affirmations selon lesquelles l’accord n’était pas valide.

Le projet est mené à bien par la Fondation City of David, connue en hébreu sous le nom d’Elad, qui s’efforce d’accroître la présence juive dans et autour du bassin sacré de Jérusalem, une bande de terre riche en archéologie située à l’extérieur de la Vieille Ville.

Selon Emek Shaveh et d’autres groupes de surveillance pacifistes, de nombreux policiers, dont certains agents appartenant à la police des frontières, ont escorté des représentants de la fondation sur le site mardi matin. Selon cette organisation, trois membres de la famille palestinienne qui revendique le terrain ont été arrêtés.

« Comme d’habitude, la coopération entre les groupes de colons, les autorités [étatiques] et la police continue d’omettre les Palestiniens. L’archéologie et le patrimoine ne sont qu’une excuse », a écrit Ir Amim, un autre groupe de gauche, sur Twitter.

L’Église grecque orthodoxe est la plus grande et la plus riche des églises de Terre Sainte, et possède d’énormes biens immobiliers datant de plusieurs centaines d’années. Elle est régulièrement accusée de vendre ou de louer des propriétés à Israël dans des zones à prédominance palestinienne.

Une réplique de l’inscription de Siloam au Musée d’Israël à Jérusalem, l’original se trouvant au musée d’archéologie d’Istanbul. (Crédit : Yael J. CC BY-SA Wikimedia Commons)

Les marches du bassin de Siloam ont été fouillées pour la première fois par l’archéologue britannique Kathleen Kenyon dans les années 1960.

Le site est mentionné dans l’inscription de Siloam, un texte hébreu ancien de 2 700 ans qui apporte un soutien historique au récit biblique de la construction d’un tunnel qui amenait l’eau du bassin de Siloam à la Cité de David, sous le bord sud du mont du Temple, durant le règne d’Ézéchias.

L’artefact est actuellement conservé au Musée d’archéologie d’Istanbul, en Turquie. Toutefois, des informations publiées au début de l’année ont suggéré que les autorités turques envisageaient de restituer l’inscription à Jérusalem en guise de geste de bonne volonté dans le contexte du réchauffement des relations entre les deux pays.

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