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Jerusalem Venture Partners ouvre un hub de technologiques climatiques à New York

Le nouveau centre de Manhattan fonctionnera en partenariat avec BMW et fera partie de Margalit Startup City NYC, qui abrite un centre de cybersécurité de 100 millions de dollars

Ricky Ben-David est journaliste au Times of Israël

Erel Margalit devant le hub de cybersécurité Margalit Startup City/JVP, un projet conjoint avec la ville de New York, le 3 février 2020. (Crédit : Autorisation Shahar Azran)
Erel Margalit devant le hub de cybersécurité Margalit Startup City/JVP, un projet conjoint avec la ville de New York, le 3 février 2020. (Crédit : Autorisation Shahar Azran)

Deux ans après avoir lancé un centre d’innovation en cybersécurité de 100 millions de dollars dans le centre de Manhattan, l’investisseur et entrepreneur technologique Erel Margalit est de retour à New York cette semaine pour inaugurer un centre mondial unique en son genre consacré aux technologies climatiques.

Le terme de « technologies climatiques » est un terme générique qui englobe les technologies d’énergie propre, de transport, de traitement de l’eau, de fabrication de produits alimentaires, de réduction des déchets et d’amélioration de la chaîne d’approvisionnement.

La société Jerusalem Venture Partners (JVP) de Margalit, l’une des sociétés de capital-risque les plus anciennes et les mieux établies d’Israël avec 160 entreprises en portefeuille, gérera le nouveau centre de technologies climatiques innovantes en partenariat avec la ville de New York ainsi qu’avec des sponsors clés tels que le constructeur automobile de luxe allemand BMW, sa filiale d’origine britannique MINI, ainsi que l’accélérateur de start-ups de ce dernier, Urban-X. La société Chevron et l’université Columbia sont également des partenaires clés.

JVP et Urban-X se sont associés, il y a quatre mois, pour soutenir les nouvelles start-ups travaillant sur les technologies climatiques et urbaines qui façonneront les villes de demain, par le biais de tours d’investissement initiaux et ultérieurs.

Ces activités feront désormais partie du nouvel International ClimateTech Center, proche du centre de cybersécurité existant à Soho, dans les bureaux très tendance de Margalit Startup City NYC, un partenariat entre la ville et une société de capital-risque privée qui réunit des acteurs des secteurs public, privé et communautaire.

C’est un modèle thématique qui crée des partenariats public-privé pour des écosystèmes régionaux axés sur la technologie et que Margalit et JVP ont reproduit dans un certain nombre de villes, principalement en Israël. Le format repose sur l’idée de mettre en relation des acteurs importants de la technologie et du monde des affaires avec des entrepreneurs sociaux et culturels, tout en faisant appel aux talents locaux au sein d’une ville spécifique, avec le soutien des autorités municipales ou nationales.

Participants à l’inauguration d’un nouveau centre d’innovation technologique alimentaire appelé Margalit Startup City Galil à Kiryat Shmona, le jeudi 2 septembre 2021. (Crédit : Autorisation)

L’année dernière, Margalit a inauguré un centre d’innovation technologique en santé numérique à Haïfa, en collaboration avec l’Autorité israélienne de l’innovation, la multinationale de puces Nvidia, le conglomérat néerlandais d’équipements médicaux Philips et le service de sante israélien Clalit, entre autres, suivi d’un centre d’innovation technologique alimentaire dans la ville de Kiryat Shmona, en Haute Galilée.

Ces hubs rejoignent la Startup City Jérusalem, établie de longue date, qui abrite des startups israéliennes, des multinationales, un centre d’investissement et des centres de R&D dans la capitale, ainsi qu’un centre de cybersécurité dans la ville de Beer Sheva, dans le sud du pays.

Le fondateur du JVP, Erel Margalit, lance le centre d’innovation en technologie alimentaire à Margalit Startup City Galil à Kiryat Shmona, en septembre 2021. (Crédit : Autorisation)

Margalit Startup City NYC a été la première initiative de JVP en dehors d’Israël. Selon Erel Margalit, les activités du centre de cybersécurité se déroulent à merveille depuis maintenant deux ans.

« Nous avons commencé avec huit startups et nous en comptons aujourd’hui 36, dont certaines génèrent 70 à 80 millions de dollars de RAR [revenus annuels récurrents]. Je suis stupéfait par le niveau élevé de ces entreprises qui créent des emplois, génèrent des idées et proposent des solutions intéressantes », a déclaré Margalit au Times of Israel avant l’événement de mercredi.

Les entreprises basées dans le centre ont levé plus de 1,4 milliard de dollars de fonds au cours des deux dernières années, a indiqué M. Margalit.

Le Centre de cybersécurité de Jerusalem Venture Partner (JVP) à SoHo, à New York (Crédit : JVP)

Le nouveau centre de technologie climatique suivra le même modèle et accueillera entre huit et dix start-ups de technologie climatique dans sa phase initiale, tout en les aidant à développer leurs activités et à étendre leur portée. Quelque 500 société israéliennes, européennes et américaines ont posé leur candidature pour se joindre au hub, a déclaré Margalit. Les participants de la première cohorte seront annoncés mercredi lors de l’événement de lancement.

« La technologie climatique représente bien plus que les énergies alternatives ou la mobilité intelligente », a-t-il expliqué, ajoutant que le JVP souhaitait adopter une approche différente et rechercher des synergies entre les secteurs.

« Cela concerne aussi, par exemple, une grande entreprise de cybersécurité qui protège déjà les banques et d’autres institutions financières, et qui protégerait désormais aussi les réseaux d’énergie durable, les raffineries et les infrastructures d’eau et de transport. Ainsi que les entreprises fintech qui encouragent les comportements durables », a-t-il ajouté.

« Nous sollicitons donc toutes nos entreprises et partenaires existants », a déclaré Margalit. « Ils font tous partie de la révolution technologique climatique ».

Le fondateur de JVP, Erel Margalit, lors de l’ouverture du nouveau hub climate tech à Margalit Startup City NYC, à New York, le 14 septembre 2022. (Crédit : Autorisation Shahar Azran)

Les entreprises de l’agroalimentaire et de l’agritech, ainsi que celles d’autres sous-secteurs ont également des rôles clés à jouer et peuvent changer « l’avenir de notre monde et l’avenir des villes ».

Alors que les investisseurs ont, en général, été lents à mettre leur argent dans des initiatives climatiques car elles sont relativement à haut risque et les bénéfices peuvent être à trop long terme, il y a une augmentation de l’activité des investisseurs et de l’intérêt pour les technologies climatiques, y compris les technologies israéliennes.

Le réchauffement de la planète. Illustration (Crédit : Chonticha Wat/iStock by Getty Images)

« Nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas être impliqués », a déclaré Margalit. « Nous avons besoin d’un repositionnement. Nous devons changer a manière de gérer les villes et les centres urbains et les besoins en innovation des jeunes générations pour construire des villes durables. »

Avec quelque 56% de la population mondiale vivant dans les villes et les zones urbaines, responsables d’environ 70% de toutes les émissions de dioxyde de carbone, l’innovation dans les villes devrait être au premier plan dans la lutte mondiale contre le changement climatique, selon JVP et Margalit.

La création d’un centre de technologies climatiques représente également une bonne opportunité commerciale. Sur les quelque 500 candidats, « la moitié sont des entreprises en pleine expansion et leur croissance est énorme. L’avenir de la technologie climatique ne consiste pas seulement à [sauver] les ours polaires, mais aussi à [construire] des licornes », a-t-il déclaré en référence aux entreprises privées évaluées à plus d’un milliard de dollars – une étape célèbre mais controversée.

New York s’est d’ailleurs positionné comme l’endroit où il faut être en matière de technologie climatique. En 2019, l’État a adopté la Climate Leadership and Community Protection Act (loi sur le climat) qui s’engage à produire 100 % d’électricité sans émission d’ici 2040, ainsi que d’autres objectifs durables tels que l’électrification des transports et l’augmentation du nombre de véhicules électriques et de bornes de recharge sur les routes.

L’année dernière, une étude portant sur des centaines d’incubateurs et d’accélérateurs américains de solutions technologiques en matière de climat et d’énergie, publiée par l’American Energy Society, a révélé que l’État de New York possédait l’écosystème « le plus dynamique et le plus innovant ».

Vue de la skyline de New-York le 11 juillet 2016 (Crédit : Bennett Raglin/Getty Images for New Era/AFP)

La ville de New York abrite également l’Urban Futures Lab, un centre d’innovation technologique sur le climat pour les énergies propres, les infrastructures urbaines durables et la décarbonisation, en partenariat avec l’université de New York, elle gère des programmes technologiques sur le climat par l’intermédiaire de la New York State Energy Research and Development Authority (NYSERDA), une société d’intérêt public bien financée qui se consacre à la transition énergétique, et le New York Power Authority’s NY-Israel Smart Energy Innovation Challenge.

Ce concours prévoit une récompense pouvant aller jusqu’à 1 million de dollars et permet à l’État de s’associer à des start-ups israéliennes pour trouver des solutions uniques. Mardi, la gouverneure de l’État de New York, Kathy Hochul, a annoncé que Zooz Power, une entreprise israélienne qui a mis au point un système de recharge rapide pour véhicules électriques, avait remporté le dernier concours.

Margalit a déclaré que des villes comme Copenhague et Stockholm ont pris contact séparément, pour discuter de centres de technologie climatique dans les capitales danoise et suédoise, respectivement, et que JVP s’est engagé avec les municipalités de Paris et de Dubaï sur des centres Margalit Startup City dans ces métropoles également.

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