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Kohavi : Israël et les USA développent des « compétences militaires conjointes » contre l’Iran

Lors de sa 4e visite dans l'État juif, le chef du CENTCOM a notamment rencontré le prochain chef d'État-major

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Michael Kurilla, le chef du CENTCOM, à gauche, aux côtés d'Aviv Kohavi, chef d'état-major de Tsahal, sur la base aérienne de Nevatim, dans le sud d'Israël, le 15 novembre 2022. (Crédit : Armée israélienne)
Michael Kurilla, le chef du CENTCOM, à gauche, aux côtés d'Aviv Kohavi, chef d'état-major de Tsahal, sur la base aérienne de Nevatim, dans le sud d'Israël, le 15 novembre 2022. (Crédit : Armée israélienne)

Alors qu’il accueillait mercredi un éminent général américain, le chef d’état-major de l’armée israélienne, Aviv Kohavi, a indiqué que les deux pays étaient en train de développer des compétences « conjointes » dans la lutte contre l’Iran.

Le général Michael Erik Kurilla, chef du Commandement central des États-Unis (CENTCOM), a conclu mercredi sa quatrième visite officielle au sein de l’État juif depuis qu’il a pris ses fonctions en avril.

Dans des propos qui ont été rendus publics par Tsahal, Kohavi a indiqué qu’Israël et les États-Unis étaient en train « de développer des compétences militaires conjointes à un rythme accéléré » pour contrer l’Iran et les autres menaces qui planent sur le Moyen-Orient.

L’armée a indiqué que Kurilla avait rencontré Kohavi et d’autres hauts-responsables militaires pour évoquer les efforts livrés par Israël pour contrer les ambitions de l’Iran, qui souhaite ancrer sa présence militaire de manière significative en Syrie, et pour dissuader au mieux les transferts d’armes vers son supplétif, le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah.

Les autres généraux ayant pris part à cette réunion étaient Oded Basiuk,chef de l’administration des Opérations, Ori Gordin, à la tête du Commandement du nord, Tal Kelman, responsable militaire en charge des affaires iraniennes et Hidai Zilberman, attaché à la Défense à Washington.

Le général Gordin a emmené Kurilla sur la frontière nord d’Israël, détaillant les activités du Hezbollah au Liban et celles des groupes iraniens en Syrie.

Kurilla est allé visiter la base aérienne de Nevatim, dans le nord du désert du Neguev, en compagnie de Tomer Bar, à la tête de l’armée de l’air israélienne, pour y voir la flotte d’avions de chasse F-35i.

Michael Kurilla, chef du CENTCOM (Commandement central des États-Unis), au centre, rencontre le chef d’état-major Aviv Kohavi, à droite, et le chef de l’armée de l’air Tomer Bar sur la base aérienne de Nevatim, dans le sud d’Israël, le 15 novembre 2022. (Crédit : Armée israélienne)

Sur la base, Kohavi et Bar ont présenté à Kurilla « l’image d’ensemble des menaces au Moyen-Orient et les principaux points du plan portant sur l’usage conjoint de la force ».

« Je voudrais dire combien j’apprécie notre coopération étroite avec les forces armées américaines. Notre engagement mutuel se démontre chaque semaine. Nous travaillons ensemble sur tous les fronts, que ce soit pour rassembler des renseignements, pour neutraliser les menaces et pour nous préparer à des scénarios variés sur un front ou sur de multiples fronts », a commenté Kohavi.

« Nous nous entraînons et nous développons des compétences militaires conjointes à un rythme accéléré face aux menaces en expansion au Moyen-Orient et face au régime iranien en particulier », a-t-il ajouté.

Kurilla a ensuite rencontré Herzi Halevi, qui deviendra chef d’état-major de Tsahal en date du 17 janvier, remplaçant Kohavi à son poste.

Le mur frontalier entre Israël et le Liban, avec la mer Méditerranée au loin, à Rosh Hanikra, en Israël, le 14 octobre 2022. (Crédit : Tsafrir Abayov / AP)

Le CENTCOM assume officiellement la responsabilité de la relation militaire entretenue par les États-Unis avec Israël au mois de septembre de l’année dernière. Jusqu’alors, l’État juif dépendait du Commandement européen (EUCOM) afin d’empêcher de possibles tensions entre le CENTCOM et les nations arabes et musulmanes relevant de sa compétence, un grand nombre de ces pays n’ayant aucun lien officiel avec Israël et ne souhaitant pas, en conséquence, être considérés comme des alliés de l’État juif.

Toutefois, ces dernières années, les alliés arabes du CENTCOM ont tissé des relations croissantes avec Israël – certaines restent officieuses – et le problème a donc largement disparu.

Au vu de l’incertitude d’un retour ultime de l’Iran dans l’accord sur le nucléaire qui avait été signé par Téhéran en 2015 avec les grandes puissances – les négociations sont depuis longtemps dans l’impasse – l’armée israélienne a intensifié, ces deux dernières années, ses efforts visant à préparer une menace militaire crédible face aux sites nucléaires de la république islamique.

Des chasseurs F-35 israéliens escortant un bombardier B-52 américain à travers l’espace aérien israélien, le 10 novembre 2022. (Crédit : Armée israélienne)

Un responsable israélien de la Défense qui s’était exprimé sous couvert d’anonymat avait déclaré, au mois d’août, que l’État juif avait reçu « de bonnes indications » laissant entendre que les États-Unis avaient mis en place un plan d’offensive contre l’Iran.

Cela fait longtemps qu’Israël demande aux États-Unis de préparer une option militaire contre Téhéran et le président Joe Biden a annoncé, au mois de juillet, qu’il était prêt à utiliser la force si nécessaire pour empêcher le régime des Mollahs de se doter d’une arme atomique.

Dans une démonstration de force, la semaine dernière, des avions F-35i israéliens ont escorté deux bombardiers américains B-52 en provenance du Golfe persique bombers dans l’espace aérien israélien.

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