La Brigade des Papiers, ces héros juifs résistants qui ont sauvé des livres
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La Brigade des Papiers, ces héros juifs résistants qui ont sauvé des livres

Contraints par les nazis de trier des ouvrages spoliés traitant du judaïsme et de la culture juive, les membres de la Brigade ont permis le sauvetage de nombreux documents

Le poète Avrom Sutzkever de la Brigade des Papiers, et sa femme, en 1944. (Crédit : Yad Vashem)
Le poète Avrom Sutzkever de la Brigade des Papiers, et sa femme, en 1944. (Crédit : Yad Vashem)

Devenue « ville centre de tri » en 1941, durant la Seconde Guerre mondiale, Vilna – aujourd’hui Vilnius –, en Lituanie, a vu être acheminés en son sein des centaines d’ouvrages sur le judaïsme et la culture juive.

Les livres, volés par les nazis dans les bibliothèques, musées et synagogues des pays Baltes, de Pologne et de Russie, devaient ainsi être triés dans la « Jérusalem de Lituanie » : les plus rares avaient pour vocation de rejoindre l’Institut de recherche judaïque et hébraïque de Francfort, créé par Alfred Rosenberg, théoricien du nazisme et criminel de guerre exécuté par pendaison à l’issue du procès de Nuremberg ; les moins rares devaient être détruits.

Herman Kruk, militant du Bund (le parti ouvrier juif), et Zelig Kalmanovitch, linguiste, seront parmi ceux chargés d’effectuer le tri par les nazis.

Représentants de la communauté juive, les deux hommes ont dans ce cadre réuni une quarantaine d’universitaires et d’écrivains, parmi lesquels les poètes Shmerke Kaczerginski et Avrom Sutzkever, pour fonder la « Brigade des Papiers ».

Ces résistants, entrés dans l’Histoire, ont ainsi sauvé des dizaines de livres anciens, de manuscrits et d’ouvrages religieux, en yiddish et en hébreu, qu’ils ont cachés avec leur production personnelle dans le ghetto où ils étaient confinés.

Si seuls quelques-uns de ces héros ont survécu, leur action a permis le sauvetage de nombreux documents.

Dans son documentaire « La Brigade des Papiers », disponible en replay jusqu’à ce soir sur le site d’Arte.tv, la réalisatrice Diane Perelszstejn « retrace la lutte clandestine de cette armée des ombres pour préserver de précieux documents ».

Son film, production franco-belge d’une durée d’une heure, mêle ainsi archives et éclairages d’historiens et de proches. Il a reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

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