La Haute-cour autorise le pain dans les hôpitaux à Pessah, causant l’indignation
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La Haute-cour autorise le pain dans les hôpitaux à Pessah, causant l’indignation

Le Grand-Rabbinat avait déposé une requête réclamant que les hôpitaux interdisent l'entrée des produits au levain dans leurs bâtiments pour respecter la foi des pratiquants

Les personnels médicaux de l'hôpital Soroka avant un seder à Pessah, à Beer Sheva, le 8 avril 2020. (Crédit : ministère de la Santé)
Les personnels médicaux de l'hôpital Soroka avant un seder à Pessah, à Beer Sheva, le 8 avril 2020. (Crédit : ministère de la Santé)

La Haute-cour de justice a indiqué dimanche qu’il n’y aurait plus de discussion sur le fait d’autoriser les visiteurs à amener du pain et autres produits alimentaires au levain dans les hôpitaux pendant la fête de Pessah, ce qui a entraîné l’indignation des instances et des politiciens religieux et les éloges des activistes libéraux.

La plus haute instance judiciaire du pays avait précédemment rejeté une requête émise par le Grand-Rabbinat, qui avait réclamé que les hôpitaux réclamant que les hôpitaux interdisent l’entrée des produits au levain dans leurs bâtiments pour respecter la foi des pratiquants.

Il est interdit aux Juifs religieux de consommer ou d’avoir en leur possession des produits au levain durant les sept jours de la fête. Les groupes laïcs déclarent qu’empêcher d’amener de tels produits dans les hôpitaux empiète sur leurs droits personnels.

Les politiciens ultra-orthodoxes ont fustigé le tribunal et relayé l’appel de la droite à limiter son pouvoir en adoptant une loi qui permettrait à la Knesset de contourner ses jugements avec une majorité spéciale.

« Ce jugement est un autre exemple de la manière dont les magistrats sont déconnectés, peu désireux de nous écouter, tout en imposant leurs décisions sur la majorité traditionnelle au sein de l’Etat d’Israël au nom du libéralisme », a commenté le député Yaakov Asher, du parti YaHadout HaTorah.

Le ministre de l’Intérieur et chef du parti Shas, le député Aryeh Deri, fait une déclaration à la presse lors d’une réunion de la faction Shas à la Knesset, Jérusalem, le 30 mai 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Aryeh Deri, chef de la formation Shas, a pour sa part estimé qu’il « est impossible que dans un Etat juif, les hôpitaux soient dans l’obligation d’accepter le Hametz dans leurs enceintes à Pessah ».

Le parlementaire Moshe Gafni (Yahadout HaTorah) a qualifié les juges « d’insolents », tandis que Shlomo Karhi, un député religieux du Likud, a écrit sur Twitter qu’après l’élection, sa formation « démantèlera la junte au pouvoir et lui enlèvera toute possibilité de se comporter comme un Parlement qui n’a jamais été élu ».

Le rabbinat a expliqué pour sa part que la décision du tribunal avait porté « un grave coup à la plus grande partie du public » et amènerait peut-être les Juifs pratiquants à éviter les hôpitaux à Pessah, mettant en danger leur santé, parce que « le Grand-Rabbinat va avoir des difficultés à garantir que la nourriture soit casher » dans les centres médicaux.

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