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La Haute Cour gèle le projet de rapatriement de 5 000 Éthiopiens en Israël

La ministre de l'Immigration déplore cette décision et déclare que les membres de Falash Mura sont exposés à un danger croissant "chaque jour qui passe"

Des immigrants éthiopiens arrivent en Israël dans le cadre de l’opération Tzur Israël, le 11 mars 2021. (Crédit : Agence juive)
Des immigrants éthiopiens arrivent en Israël dans le cadre de l’opération Tzur Israël, le 11 mars 2021. (Crédit : Agence juive)

La Haute Cour de justice a ordonné mercredi le gel du projet de rapatriement de milliers de Falash Mura éthiopiens en Israël, alors qu’elle examine une pétition contre ce projet.

La pétition déposée par le Centre de politique d’immigration israélien affirme que les membres de la communauté ne sont pas juifs et ne remplissent donc pas les conditions pour immigrer en Israël.

La ministre de l’Immigration et de l’Intégration, Pnina Tamano-Shata, elle-même membre de la communauté éthiopienne, a déploré cette décision, déclarant que les membres de Falash Mura couraient un danger croissant « chaque jour qui passe ».

La communauté Falash Mura, convertie de force au christianisme, affirme descendre des Juifs éthiopiens. Quelque 30 000 d’entre eux ont immigré en Israël depuis 1997, selon le bureau du Premier ministre.

La ministre de l’Immigration et de l’Absorption Pnina Tamano-Shata Pnina Tamano-Shata à la Knesset, à Jérusalem, le 15 novembre 2021. (Yonatan Sindel/Flash90)

Les Falash Mura ne bénéficient pas de la loi israélienne sur le retour qui permet à tout juif de diaspora d’immigrer en Israël et d’en devenir automatiquement citoyen, – d’où la nécessité pour ces Ethiopiens de passer par des demandes de regroupement familial.

En novembre, le cabinet avait donné à « l’unanimité » son feu vert à l’immigration « immédiate » de 5 000 Ethiopiens ayant des parents au premier degré en Israël.

Cette décision a été prise alors que les dirigeants et les membres de la communauté éthiopienne d’Israël demandaient de faire venir rapidement ceux qui attendaient encore d’émigrer, alors que la guerre civile dans le pays s’intensifiait.

Les personnes inclues dans l’accord ont des parents au premier degré en Israël et elles sont éligibles à l’immigration dans le cadre d’une décision gouvernementale de 2015, selon laquelle 9 000 Juifs, ayant des parents au premier degré au sein du pays et qui étaient arrivés dans les camps de Gondar ou d’Addis Abeba jusqu’en 2010, seraient acheminés au sein de l’État juif.

Environ 4 000 Éthiopiens avaient pu alors venir vivre en Israël mais, selon des informations, le nombre de personnes attendant de pouvoir immigrer serait depuis passé de 5 000 à 8 000.

On estime qu’entre 7 000 et 12 000 membres de la communauté éthiopienne attendent toujours de venir en Israël, dont beaucoup vivent dans la région du Tigré, au cœur du conflit.

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