La justice autorise Jean-Marie Le Pen à garder un pied au FN
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La justice autorise Jean-Marie Le Pen à garder un pied au FN

Le Front national est condamné à verser 15 000 euros à son fondateur, notamment pour lui avoir interdit depuis plus d'un an d'exercer ses fonctions de président d'honneur

Jean-Marie Le Pen, fondateur du Front national, le 20 août 2015. (Crédit : Kenzo Tribouillard/AFP)
Jean-Marie Le Pen, fondateur du Front national, le 20 août 2015. (Crédit : Kenzo Tribouillard/AFP)

Le chef historique de l’extrême droite française, Jean-Marie Le Pen, pourra continuer à participer aux réunions du Front national (FN) en tant que président d’honneur, a décidé jeudi la justice, tout en validant son exclusion du parti.

Jean-Marie Le Pen, 88 ans, qui a cofondé le FN en 1972 et l’a présidé pendant 40 ans, en avait été exclu en raison de ses dérapages racistes répétés allant à l’encontre de la tentative de sa fille Marine visant à lisser l’image du parti, dont elle a pris les rênes en 2011.

Les juges du tribunal de Nanterre, près de Paris, ont validé jeudi cette exclusion mais ils ont estimé que cela ne privait pas Jean-Marie Le Pen de son titre de président d’honneur du parti.

« En conséquence », il « devra être convoqué en qualité de membre de droit de toutes les instances » dirigeantes du parti et pourra y participer « sous astreinte de 2 000 euros par infraction constatée », écrivent-t-ils dans leur décision.

Le Front national est en outre condamné à verser 15 000 euros à son fondateur, notamment pour lui avoir interdit depuis plus d’un an d’exercer ses fonctions de président d’honneur.

L’exclusion de M. Le Pen en tant que membre « n’a pas d’importance et tout ce qui compte c’est la qualité de président d’honneur », « nous considérons ça comme une victoire pour M. Le Pen », a commenté son avocat Frédéric Joachim.

Depuis qu’elle a pris les rênes du FN, Marine Le Pen tente de normaliser l’image du parti. Dans le cadre de cette stratégie dite de « dédiabolisation », elle a peu à peu pris ses distances avec son père, condamné à plusieurs reprises pour ses déclarations racistes ou antisémites.

La rupture a été définitive en avril 2015, quand l’octogénaire a de nouveau qualifié les chambres à gaz de « détail » de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, ce qui lui a valu une nouvelle condamnation.

A l’été 2015, Marine Le Pen l’a fait exclure du FN à l’issue d’un long bras de fer qui lui a valu de perdre trois premières manches judiciaires contre son père.

Jeudi, le Premier ministre Manuel Valls a jugé « possible » qu’elle remporte le second tour.

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