La Maison Blanche admet que l’essor économique palestinien dépend de la paix
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La Maison Blanche admet que l’essor économique palestinien dépend de la paix

Avant la conférence du Bahreïn - boycottée par l'AP - un responsable américain a vanté "une feuille de route excitante". La Jordanie n'aurait pas pris de décision sur sa présence

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Le président américain Donald Trump, à gauche, et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pendant une conférence de presse conjointe au palais présidentiel de Bethléem, en Cisjordanie, le 23 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)
Le président américain Donald Trump, à gauche, et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pendant une conférence de presse conjointe au palais présidentiel de Bethléem, en Cisjordanie, le 23 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

WASHINGTON — La Maison Blanche a reconnu jeudi que la croissance économique palestinienne envisagée dans son plan de paix très attendu ne pourra pas se matérialiser pleinement, à moins que les questions au coeur du conflit ne soient résolues par le biais d’un accord de paix.

En amont d’une conférence organisée par les Etats-Unis à Bahreïn, prévue à la fin du mois, où l’administration se prépare à révéler le volet économique de sa proposition, un responsable de l’administration Trump a expliqué que l’équipe de négociations américaine reconnaissait que les Palestiniens ne pourraient pas prospérer au niveau économique sans résoudre le conflit politique qui les oppose à Israël.

« C’est une feuille de route excitante qui comprend le portefeuille détaillé de vrais projets et de programmes de développement qui ont le potentiel de mener à une croissance durable basée sur le secteur privé », a commenté le responsable auprès du Times of Israel. « Mais nous comprenons bien que ce niveau de croissance ne sera possible qu’à travers la paix et par le biais de solutions apportées aux questions de statut final. »

Au début de la semaine, deux nations du Moyen-Orient – l’Egypte et la Jordanie – ainsi que le Maroc avaient confirmé leur présence au sommet du Bahreïn, alors même que l’Autorité palestinienne prévoit de le boycotter, selon la Maison Blanche.

Mais le ministre jordanien des Affaires étrangères Ayman al-Safadi a suggéré que le royaume hachémite n’avait pas encore pris de décision sur l’envoi éventuel d’un représentant.

« Nous n’avons pas annoncé notre positionnement officiel concernant le sommet du Bahreïn parce que nous exerçons notre droit à évaluer, à débattre et à consulter nos frères et nos amis », a déclaré Safadi devant les caméras de la chaîne publique Al Mamlaka. « Quand nous aurons pris une décision, alors nous l’annoncerons. »

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, à gauche, rencontre le ministre des Affaires étrangères jordanien Ayman Safadi à Amman, le 8 janvier 2019 (Crédit :ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / POOL / AFP)

« Si nous participons », a-t-il continué, « nous le ferons pour réaffirmer nos principes et faire part clairement et avec confiance de notre positionnement. »

« Et si nous ne participons pas, nous aurons pris une décision sur la base de nos évaluations », a-t-il poursuivi.

Les Emirats arabes unis, le Qatar et l’Arabie saoudite ont annoncé, au mois de mai, qu’ils seraient présents lors de ce sommet organisé à Manama le 25 et le 26 juin.

L’Etat juif n’aurait, pour sa part, pas reçu d’invitation pour le moment. Selon des informations parues dans les médias israéliens cette semaine, les responsables américains voulaient d’abord s’assurer que les pays arabes – en particulier l’Egypte et la Jordanie – seraient représentés lors de la conférence avant d’y convier Israël. En cas d’invitation, c’est probablement le ministre des Finances Moshe Kahlon qui fera le voyage au Bahreïn.

Depuis que la reconnaissance de Jérusalem en tant que capitale d’Israël du président américain Donald Trump en 2017, suivie du transfert de l’ambassade – qui se trouvait jusque-là à Tel Aviv – dans la ville sainte, les Palestiniens ont refusé de dialoguer avec l’administration Trump ou son équipe diplomatique dirigée par Jared Kushner, gendre et haut-conseiller du président américain, et par Jason Greenblatt, envoyé spécial de Trump, disant que les Etats-Unis avaient perdu leur fonction de médiation dans des négociations équitables.

Depuis, le président américain a coupé les aides apportées à l’Autorité palestinienne. Il a aussi fait fermer le bureau de représentation de l’Organisation de libération de la Palestine à Washington et il a reconnu la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan – des initiatives qui, selon les Palestiniens, montrent le traitement préférentiel accordé par l’administration américaine à Israël.

Le responsable de Trump a fustigé, jeudi, l’Autorité palestinienne pour son refus d’aller au Bahreïn.

« Il est difficile de comprendre la raison pour laquelle l’Autorité palestinienne rejette un atelier de travail mis en place pour débattre d’une vision qui permettrait potentiellement de radicalement transformer les vies et de placer les Palestiniens sur la voie d’un avenir meilleur », a dit l’officiel. « L’histoire jugera l’Autorité palestinienne avec dureté pour avoir manqué une opportunité qui aurait pu apporter quelque chose de si différent, de si positif, par rapport à ce que vivent les Palestiniens aujourd’hui. »

Adam Rasgon a contribué à cet article.

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