La Pologne veut poursuivre 1 600 criminels nazis potentiels
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La Pologne veut poursuivre 1 600 criminels nazis potentiels

Les procureurs ont demandé l'aide d'Interpol pour tenter de retrouver les individus soupçonnés d'avoir commis des crimes sur le sol polonais

Une photographie prise durant la déportation des Juifs d'Oswiecim vers les camps de la mort et les ghettos de la région durant l'occupation nazie de la Pologne (Crédit : Centre juif d'Auschwitz)
Une photographie prise durant la déportation des Juifs d'Oswiecim vers les camps de la mort et les ghettos de la région durant l'occupation nazie de la Pologne (Crédit : Centre juif d'Auschwitz)

La Pologne a demandé l’aide d’Interpol pour retrouver 1 600 criminels de guerre nazis soupçonnés par les procureurs d’avoir commis des crimes sur son territoire durant la Seconde Guerre mondiale, a fait savoir le journal allemand Deutsche Welle.

La majorité de ces dossiers impliquent des exécutions de masse de citoyens polonais et des actions menées contre des villages sous occupation nazie, ainsi que des crimes commis durant le soulèvement de Varsovie de 1944 de la part de la résistance polonaise (à ne pas confondre avec le soulèvement du ghetto de Varsovie de 1943).

« Nous devons en définitive nous attaquer de manière globale aux meurtres de masse qui ont été commis dans les camps de concentration allemands », a indiqué le procureur d’état Robert Janicki. « C’est le devoir d’un procureur d’état de retrouver les auteurs et de les amener devant la justice et nous voulons voir s’il est encore possible de trouver des criminels de guerre nazis aujourd’hui ».

Les 1 600 noms ont été sélectionnés sur une liste de 23 000 membres des SS ayant travaillé dans les camps de concentration.

« Nous ne cherchons pas au hasard des gens qui ont commis des crimes », a affirmé Janicki. « Nous sommes à la recherche d’individus spécifiques. Nous avons des preuves contre eux et nous avons des informations exactes sur leurs noms et sur les rôles qu’ils ont tenus dans les camps ».

Les procureurs ont soumis 400 noms à l’organisation internationale de la police pour demander son aide pour localiser les accusés et prévoir d’en donner encore 1 200 autres à l’avenir.

La majorité des suspects sont allemands, tandis que les autres viennent d’Autriche, de Lituanie, d’Ukraine et de Biélorussie.

Les responsables polonais espèrent que l’initiative prise par les Allemands ces dernières années visant à poursuivre les individus soupçonnés d’avoir commis des atrocités durant la Shoah mènera à une plus grande coopération avec Berlin que cela n’a été possible au cours de ces dernières décennies – les tentatives menées par Varsovie visant à traduire en justice des citoyens allemands durant les années 1960 et 1970 avaient été accueillies avec réticence de la part du gouvernement ouest-allemand.

Cette nouvelle démarche judiciaire et policière survient alors que la Pologne a suscité la polémique en raison d’un nouveau projet de loi qui mettrait hors la loi l’attribution des crimes de l’Allemagne nazie à la nation polonaise.

Les Etats-Unis ont critiqué la loi aux côtés d’Israël disant qu’elle entravera la liberté d’expression. Des groupes israéliens et juifs craignent qu’elle ne soit utilisée pour blanchir l’implication de certains Polonais dans les meurtres des Juifs durant l’occupation, entre 1939 et 1945.

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