La Slovénie reconnaîtra un état palestinien le mois prochain – médias
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La Slovénie reconnaîtra un état palestinien le mois prochain – médias

Le Luxembourg, l'Irlande et la Belgique pourraient suivre le mouvement alors que la France œuvrerait en faveur d'un accord de libre-échange entre l'UE et l'AP

Le président Reuven Rivlin avec l'ambassadrice de Slovénie, Barbara Susnik, au mois de novembre 2015 (Crédit : ministère israélien des Affaires étrangères)
Le président Reuven Rivlin avec l'ambassadrice de Slovénie, Barbara Susnik, au mois de novembre 2015 (Crédit : ministère israélien des Affaires étrangères)

La Slovénie prévoirait de reconnaître la Palestine en tant qu’état indépendant le mois prochain et trois autres pays européens – le Luxembourg, l’Irlande et la Belgique – réfléchiraient à lui emboîter le pas, a fait savoir la Dixième chaîne dimanche.

La France, pour sa part, œuvrerait en coulisses pour promouvoir le statut de l’Autorité palestinienne au sein de l’Union européenne, a indiqué le reportage.

Cette initiative survient suite à la reconnaissance au mois de décembre par le président américain Donald Trump de Jérusalem en tant que capitale d’Israël et l’annonce de sa décision prise d’y déplacer l’ambassade américaine depuis Tel Aviv.

Dans son discours du 6 décembre, Trump a déclaré que sa décision ne faisait que reconnaître la réalité que Jérusalem était déjà la capitale d’Israël et ne préjugeait pas des frontières définitives de la ville.

Il avait appelé à ne pas changer le statu quo dans les lieux saints de la ville.

La décision a été saluée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et par une grande partie de l’échiquier politique israélien. Cette initiative a toutefois suscité l’indignation à travers le monde musulman et elle a été dénoncée par les Nations unies, l’Union européenne et de nombreux pays européens.

Le président américain Donald Trump signe la déclaration de reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, à la Maison Blanche, le 6 décembre 2017. (Crédit : Chip Somodevilla/Getty Images via JTA)

Le mois dernier, le président du Parlement slovène Milan Brglez a déclaré à l’ambassadeur palestinien Salah Abdel-Shafi que la reconnaissance par le pays d’un état palestinien « ne faisait aucun doute », mais qu’elle relevait d’une question de calendrier.

Le Premier ministre slovène Miro Cerar avait indiqué à ce moment-là que même si les trois partis slovènes de la coalition avaient voté en faveur de cette reconnaissance, son pays devait attendre qu’un groupe d’états-membres de l’UE décide d’agir de concert.

Le gouvernement slovène a décidé d’aller de l’avant dans sa reconnaissance de l’état palestinien il y a une semaine, a fait savoir le reportage de la Dixième chaîne. Il a indiqué qu’un vote sur cette reconnaissance devait avoir lieu à la commission des Affaires étrangères du Parlement le 31 janvier, suivi par un vote du Parlement au mois de février.

L’ambassadrice slovène à Tel Aviv, Barbara Sušnik, a indiqué au Times of Israel que la question de la reconnaissance d’un état palestinien était en suspens devant le Parlement du pays depuis 2014, et que ce n’est que maintenant qu’elle sera soumise au vote.

Drapeaux européens devant le Parlement européen à Bruxelles. Illustration. (Crédit : Francisco Antunes/CC BY/Flickr)

Elle a confirmé que la commission des Affaires étrangères votera sur le dossier le 31 janvier. Si la commission vote en faveur de la reconnaissance de la Palestine, alors cette dernière sera soumise au vote en séance plénière du Parlement.

Contrairement à un grand nombre d’autres démocraties occidentales, c’est la branche législative slovène – et non l’exécutif – qui a le dernier mot sur des affaires de politique étrangère telles que la reconnaissance des états.

Sušnik a indiqué qu’il était difficile de prédire le vote parlementaire, mais a laissé entendre qu’il y avait une chance qu’il cherche à affirmer le droit à l’auto-détermination des Palestiniens.

« Les représentants élus du peuple décideront ce qu’ils décideront. C’est leur décision », a-t-elle dit. « Pour le peuple de la Slovénie, le principe d’auto-détermination des nations est très important parce que c’est ainsi que la Slovénie est devenue indépendante il y a 26 ans, lorsque nous avons exercé notre droit à l’auto-détermination. Toutes les nations ont le droit à l’auto-détermination ».

Sušnik a souligné qu’une reconnaissance possible de la Palestine ne devait pas être considérée comme une initiative hostile envers Israël.

« Nous avons établi des relations amicales avec Israël il y a plus de 25 ans et nous apprécions beaucoup le pays », a-t-elle expliqué.

« Nous sommes déterminés à maintenir de bonnes relations avec Israël. Notre ambassade à Tel Aviv a été ouverte pendant l’été 1994, juste après l’établissement des relations diplomatiques entre nous. Malheureusement, Israël n’a jamais ouvert une mission en Slovénie », a-t-elle ajouté.

Le reportage de la Dixième chaîne a noté que le ministère israélien des Affaires étrangères avait tenté de recruter des députés slovènes pour s’opposer à cette initiative, même s’il y a peu de chances que ce processus puisse être stoppé.

Selon le reportage, le ministre des Affaires étrangères luxembourgeois a appelé il y a plusieurs jours des pays européens à se rassembler et à reconnaître un état palestinien, et il tenterait de convaincre la France de prendre la tête de cette initiative.

Le ministre irlandais des Affaires étrangères, qui est récemment venu en Israël, avait reconnu lors de sa visite que son pays réfléchissait sérieusement à reconnaître un état de Palestine, a ajouté le reportage. L’Irlande et la Belgique feraient partie des pays qui, selon lui, pourraient bientôt reconnaître un état palestinien.

Selon la Dixième chaîne, un haut responsable israélien aurait dit que « notre positionnement est que la reconnaissance d’un état palestinien qui ne serait pas dans le cadre d’un accord nuit aux chances de réaliser la paix et l’éloigne même ».

Le journal français Le Monde, pour sa part, a fait savoir dimanche que la France tente de revaloriser le statut de l’Autorité palestinienne au sein de l’Union européenne, sans pour autant aller jusqu’à la reconnaissance d’un état palestinien.

Les Français feraient la promotion d’un accord de libre-échange entre l’UE et les Palestiniens, similaire à celui qui a été signé avec Israël.

Le président de l’AP Mahmoud Abbas devrait arriver à Bruxelles lundi, où il rencontrera les 28 ministres des Affaires étrangères de l’Union. La question de la reconnaissance d’un état palestinien devrait se trouver en tête de l’agenda des entretiens.

Après que le président américain Donald Trump a reconnu Jérusalem en tant que capitale d’Israël au mois de décembre, les dirigeants palestiniens ont déclaré que Washington ne pouvait plus assumer le rôle central et historique que les Etats-Unis tenaient depuis plus de deux décennies dans le processus de paix.

La semaine dernière, le comité central de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) – second organe décisionnaire le plus important des Palestiniens – a voté pour officialiser cette décision.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas devant le Parlement européen à Bruxelles, le 23 juin 2016. (Crédit : John Thys/AFP)

La Suède avait été le premier pays européen et occidental à reconnaître la Palestine au mois d’octobre 2014.

Au mois de décembre 2014, dans une initiative symbolique non-contraignante pour la politique gouvernementale, les députés français avaient voté en faveur de la reconnaissance de la Palestine en tant qu’état, suivant des démarches similaires effectuées au Royaume-Uni et en Espagne, alors que les pays européens tentaient de favoriser la reprise du processus de paix au Moyen Orient. L’Italie avait suivi en 2015.

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