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L’administration Obama avait ralenti ses efforts sur la non-prolifération en Iran pour conclure l’accord du nucléaire

Le site Politico révèle que l'échange de prisonniers de janvier 2016 comprenait également l'abandon des poursuites contre 14 personnes suspectées d'être impliquées dans l'approvisionnement en matériel nucléaire

John Kerry avec le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, aux Nations unies, à New York, le 19 avril 2016. (Crédit : Don Emmert/AFP)
John Kerry avec le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, aux Nations unies, à New York, le 19 avril 2016. (Crédit : Don Emmert/AFP)

L’échange de prisonniers entre l’administration Obama et l’Iran aurait impliqué davantage d’abandon de poursuites contre des fugitifs iraniens que ce qui avait été indiqué, notamment en ce qui concerne un fournisseur de matériel nucléaire.

Certains des 7 hommes libérés dans l’échange de janvier 2016 avaient été accusés par le Département de la Justice de l’administration Obama de représenter une menace pour la sécurité intérieure. De plus, le département de la Justice a abandonné les poursuites et suspendu les mandats d’arrêt internationaux dont faisaient l’objet 14 autres fugitifs, selon un article d’enquête de grande envergure publié par le site Politico.

Selon Politico, par ces agissements, l’administration Obama a saboté la National Counterproliferation Initiative, « à une époque où elle a marqué une avancée significative pour empêcher la prolifération des réseaux iraniens ».

L’article cite des anciens membres de l’administration Obama, sans les identifier. Ils indiquent que l’abandon des poursuites était le fruit d’un calcul : poursuivre des négociations pour neutraliser le potentiel nucléaire de l’Iran ou poursuivre des individus qui cherchent à faire progresser ce potentiel.

L’échange de prisonniers a eu lieu en janvier 2016. Il était censé garantir la mise en œuvre de l’accord sur le nucléaire conclu en 2015 entre 6 puissances et l’Iran, l’accord consiste à lever les sanctions en échange d’une restriction du programme nucléaire à long terme, ainsi qu’à la libération de 5 Américains retenus en otage par la République islamique.

À l’époque, l’administration avait décrit les 7 iraniens libérés comme des « civils » accusés ou seulement suspectés de « délits pénaux » et de « violation de l’embargo économique ».

L’enquête menée par Politico a assuré que depuis l’automne 2014, alors que les négociations sur l’accord du nucléaire iranien se poursuivaient, l’administration Obama a ralenti de nombreuses enquêtes et poursuites sur des réseaux d’approvisionnement iraniens qui opéraient aux États-Unis.

L’article a relayé des interviews de personnalités importantes à différents niveaux du gouvernement ainsi qu’un compte-rendu détaillé de dossiers judiciaires et autres documents.

Politico a indiqué que de nombreux agents et procureurs expérimentés refusent de continuer à travailler sur des affaires de contre-prolifération, car ils craignent qu’elles n’aboutissent jamais.

« Il est tout à fait possible que pendant la durée des négociations, les gars faisaient leur boulot, menaient les enquêtes, apportaient des affaires, et n’avaient aucune idée du processus. Ils ont dû être frustrés parce qu’ils sentaient que leur travail ne mènerait à rien », a confié à Politico un membre de l’administration Obama, sous couvert d’anonymat.

« Ou alors ils n’obtenaient pas de réponses, parce que ce sont des discussions tout à fait adaptées sur le plan politique. Cela ne me paraît ni inhabituel ni faux », a-t-il ajouté. « Mais je comprends totalement que cela puisse être frustrant. »

Politico a indiqué que le « plus gros poisson » relâché lors de cet échange de prisonniers était Seyed Abolfazl Shahab Jamili, accusé de faire partie d’un complot, qui entre 2005 et 2012, a fourni du matériel nucléaire à l’Iran par la Chine, y compris des centaines de capteurs fabriqués aux États-Unis pour les centrifugeuses d’enrichissement en uranium.

Le représentant de New York, Lee Zeldin, l’un des deux républicains juifs à la Chambre, a déclaré au New York Post, que l’article sur l’échange de prisonniers laisse penser que la politique étrangère de l’administration Obama était « foncièrement incompétente ».

Robert Levinson en novembre 2010. (Crédit : capture d'écran YouTube/HelpBob Levinson)
Robert Levinson en novembre 2010. (Crédit : capture d’écran YouTube/HelpBob Levinson)

De haut-responsables de l’administration Obama ont déclaré à Politico que l’échange des prisonniers était « une bonne affaire pour les États-Unis » et que le Département de la Justice et le FBI avaient passé au crible les 21 Iraniens.

Robert Levinson, un ancien agent du FBI et détective privé qui a disparu de l’île de Kish en Iran, en 2007, dans ce qui a été ensuite une opération de banditisme de la CIA, ne faisait pas partie des 5 américains libérés, bien que l’administration Obama ait affirmé que l’Iran s’était engagé à aider à le retrouver.

La semaine dernière, l’administration s’est engagée à réviser la politique américaine au sujet de l’Iran, tout comme les deux chambres au Congrès.

Trump a déclaré que bien que l’Iran respecte l’accord sur le terrain, « il ne le respecte pas de par son état d’esprit ». Lundi, le président a déclaré à Associated Press qu’il est possible que les États-Unis sortent du Plan d’Action conjoint.

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