L’ambassade de Chine au Japon publie puis supprime un tweet antisémite
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L’ambassade de Chine au Japon publie puis supprime un tweet antisémite

Le dessin, bien connu, avait déjà été publié l’an dernier par l’ambassade de Chine en France, qui avait alors expliqué que son compte avait fait l’objet d’une "falsification"

Le tweet publié par l'ambassade de Chine au Japon, le 29 avril 2021. (Crédit : Twitter)
Le tweet publié par l'ambassade de Chine au Japon, le 29 avril 2021. (Crédit : Twitter)

Près d’un an après que le compte de l’ambassade de Chine en France a publié un dessin complotiste et antisémite sur Twitter, l’ambassade de Chine au Japon a partagé le même dessin jeudi dernier, suscitant une réaction des autorités diplomatiques israéliennes.

Le dessin publié montre un ange de la mort aux couleurs du drapeau américain, qui tient un drapeau d’Israël en guise de lame sur sa faucille. Le personnage mortuaire passe devant plusieurs portes surmontées de noms de pays, accusant ainsi les États-Unis et Israël de semer chaos, terreur et violence dans ces nations.

Sur le dessin partagé l’an dernier, légendé de la phrase « Qui est le prochain ? », ces pays étaient : l’Irak, la Libye, la Syrie, l’Ukraine, le Venezuela et Hong Kong. Sur celui partagé la semaine dernière, qui indiquait « Si les États-Unis apportaient la ‘démocratie’, ça ressemblerait à ça », les pays nommés étaient : l’Irak, la Libye, la Syrie et l’Egypte.

Dans les deux cas, la publication a été effacée peu après – seule l’ambassade à Paris s’en est expliquée, celle à Tokyo n’a pas présenté d’excuses et n’a pas répondu aux demandes de commentaires.

Suite à la publication de la semaine dernière, Yaffa Ben-Ari, ambassadrice d’Israël au Japon, a contacté vendredi son homologue chinois, Cheng Yonghua, pour lui signifier que le dessin diabolisait Israël, a rapporté le Jerusalem Post. L’ambassadeur chinois lui a répondu qu’il n’avait pas remarqué qu’Israël était représenté sur l’image.

Gilad Cohen, directeur général adjoint du ministère des Affaires étrangères pour l’Asie et le Pacifique, a lui contacté l’ambassade de Chine en Israël.

L’an dernier, après de nombreuses critiques, notamment de l’UEJF, l’ambassade à Paris avait expliqué que le message avait été « falsifié » et n’était pas authentique.

Le compte Conspiracy Watch, géré par l’observatoire du conspirationnisme et des théories du complot, fondé en 2007 par Rudy Reichstadt, avait indiqué que « le tweet incriminé émanait bel et bien, comme nous en avons fait la vérification, du compte officiel de @AmbassadeChine. Il a simplement été effacé ».

Conspiracy Watch avait également détaillé la provenance de l’image.

Celle-ci circule ainsi « dans différentes versions depuis au moins 2013 sur des sites conspirationnistes », avait expliqué sur Twitter l’organisation.

En février 2014, il avait ainsi été désigné « dessin de la semaine » du site d’Alain Soral. « En 2016, on le retrouvait sur le site du Britannique David Icke, théoricien du ‘complot reptilien’. En février 2017, il a été repris par le site de Zeynel Cekici – par ailleurs condamné pour négationnisme – AlterInfo. En août 2017, il a été utilisé par le blog Les-Crises comme illustration principale d’un post intitulé ‘Propagande de guerre au Venezuela’. »

L’image avait également été reprise par « le site conspirationniste canadien GlobalResearch auquel le porte-parole de la diplomatie chinoise a renvoyé au mois de mars 2020 pour suggérer que le coronavirus avait été introduit par l’armée américaine ».

Avant ce message l’an dernier, le compte Twitter de l’ambassade de Chine en France avait déjà à plusieurs reprises été accusé de propager des fausses informations ou des messages douteux ou insultants. En avril 2020, Arnaud Delalande, analyste défense et auteur, avait écrit : « Qu’attendez-vous pour convoquer (et renvoyer ?) l’ambassadeur chinois @francediplo ? Depuis plusieurs semaines ce compte officiel ne profère qu’insultes et diffamations à l’égard de la France. »

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