Le chef de la diplomatie irakienne à Téhéran avant un sommet régional à Bagdad
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Le chef de la diplomatie irakienne à Téhéran avant un sommet régional à Bagdad

L'Irak, où des élections législatives anticipées doivent avoir lieu le 10 octobre, tente de s'imposer comme un médiateur incontournable dans la région

Le ministre irakien des Affaires étrangères Fuad Hussein s'exprime lors d'une cérémonie de remise d'antiquités irakiennes pillées restituées par les États-Unis, au ministère des Affaires étrangères, le 3 août 2021. (Crédit : Sabah ARAR / AFP)
Le ministre irakien des Affaires étrangères Fuad Hussein s'exprime lors d'une cérémonie de remise d'antiquités irakiennes pillées restituées par les États-Unis, au ministère des Affaires étrangères, le 3 août 2021. (Crédit : Sabah ARAR / AFP)

Le ministre irakien des Affaires étrangères, Fouad Hussein, a rencontré mardi son homologue iranien, Mohammad Javad Zarif, à Téhéran, quelques semaines avant la tenue d’une conférence régionale, prévue fin août à Bagdad.

Les deux hommes ont discuté des « relations bilatérales » et des « derniers développements régionaux et internationaux », a rapporté l’agence de presse Isna, sans donner plus de détails.

Toujours selon l’agence iranienne, M. Hussein devrait inviter les autorités iraniennes à participer à la conférence régionale, dont la date et la liste complète des participants n’ont pas encore été dévoilées.

Le président français, Emmanuel Macron, a déjà confirmé son intention de participer à cette conférence, alors que le dirigeant turc, Recep Tayyip Erdogan, et le roi Salmane d’Arabie saoudite y ont été invités, selon les autorités irakiennes.

Emmanuel Macron lors d’une interview avec le think-tank Atlantic Council, le 4 février 2021 (Crédit : capture d’écran YouTube)

L’Irak a une place de choix dans la diplomatie française : plusieurs centaines de militaires français sont engagés dans l’opération Chammal qui continue de lutter contre les jihadistes au sein de la coalition internationale en Irak et en Syrie.

Les Etats-Unis, dont 2 500 soldats sont encore officiellement déployés dans le pays, ont, eux, récemment annoncé la fin de leur mission de combat en Irak à la faveur d’une visite du Premier ministre irakien à la Maison Blanche.

Selon le bureau de M. Kazimi, Emmanuel Macron a « salué la diplomatie irakienne comme une diplomatie équilibrée ». Des louanges que le chef de l’Etat lui avait déjà adressées lors d’un précédent échange au mois de juin.

L’Irak, où des élections législatives anticipées doivent avoir lieu le 10 octobre, tente de s’imposer comme un médiateur incontournable dans la région depuis qu’il a vaincu militairement en décembre 2017 les jihadistes du groupe Etat islamique.

A LIRE : Iraniens et Saoudiens renouent le dialogue en Irak, devenu hôte de choix

Pays à majorité musulmane chiite, l’Irak a ainsi accueilli au cours des derniers mois des rencontres entre des responsables saoudiens et iraniens pour évoquer un dégel de leurs relations. L’Iran chiite et l’Arabie saoudite, sunnite, ont rompu leur relations en 2016 en s’accusant mutuellement de déstabiliser la région.

Le président iranien, Ebrahim Raïssi, investi il y a une semaine, a affirmé qu’il ne voyait « aucun obstacle » au rétablissement des relations entre son pays et le royaume saoudien.

Un apaisement entre Téhéran et Ryad bénéficierait grandement à l’Irak : très régulièrement des roquettes ou des bombes de groupes pro-iraniens provoquent des dégâts, une carte milicienne que Téhéran joue à chaque négociation avec Bagdad, selon des responsables irakiens.

La Turquie quant à elle tente d’améliorer ses relations avec les Etats du Golfe, en particulier l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis.

L’Irak est assailli de toutes parts par les problèmes sociaux et économiques, à commencer par les pénuries d’électricité. Il doit aussi faire face à une baisse des prix du pétrole, qui constitue plus de 90% de ses recettes publiques, et à la pandémie de coronavirus contre laquelle le système de santé public est désarmé.

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