Le maire de Tel Aviv crée un nouveau parti de gauche pour les élections de mars
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Le maire de Tel Aviv crée un nouveau parti de gauche pour les élections de mars

Ron Huldai confirme son entrée en politique nationale et lancera mardi soir sa campagne pour atteindre ceux qui "estiment ne pas avoir leur place dans le système politique actuel"

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le maire de Tel Aviv, Ron Huldai, assiste à une réunion du conseil municipal de Tel Aviv, le 20 janvier 2020. (Tomer Neuberg/FLASH90)
Le maire de Tel Aviv, Ron Huldai, assiste à une réunion du conseil municipal de Tel Aviv, le 20 janvier 2020. (Tomer Neuberg/FLASH90)

Le maire de Tel Aviv, Ron Huldai, a confirmé lundi qu’il se présentera aux prochaines élections, annonçant qu’il dévoilera un nouveau parti politique pacifiste de gauche qui vise à tendre la main aux Israéliens qui « ont le sentiment de ne pas être chez eux dans le système politique actuel ».

« Demain soir, le maire de Tel Aviv-Yafo, Ron Huldai, annoncera officiellement son entrée dans le système politique national et la création d’un nouveau parti », a déclaré un porte-parole de Huldai dans un communiqué, publié après la publication d’articles sur le lancement du nouveau parti.

« Des centaines de milliers d’Israéliens ont le sentiment de ne pas avoir leur place dans le système politique actuel. Nous allons leur redonner espoir », a déclaré M. Huldai dans le communiqué.

Avec la dissolution de la Knesset après l’échec du gouvernement à adopter un budget la semaine dernière, Israël se prépare à des élections nationales le 23 mars.

« Après avoir été rejoint par un certain nombre de personnalités clés de l’opinion publique israélienne, il était temps de présenter une alternative claire », a ajouté M. Huldai dans son communiqué, sans s’étendre sur le sujet.

Huldai, 78 ans, qui dirige Tel Aviv depuis 22 ans, est lié à l’ancien chef de l’armée Gadi Eizenkot, qui envisagerait lui aussi de se lancer en politique. Un reportage d’octobre de la Douzième chaîne de télévision a indiqué que les deux hommes avaient convenu de se présenter ensemble, mais qu’ils devaient encore décider qui prendrait la première place sur une liste de candidats et qui prendrait la seconde.

Depuis, Eizenkot a été lié à un certain nombre d’autres partis éventuels.

L’ancien chef d’état-major de Tsahal, Gadi Eizenkot, (à droite), est interviewé par Amos Yadlin à la conférence annuelle de l’Institute for National Security Studies à Tel Aviv, le 27 janvier 2019. (INSS)

Selon un sondage publié par la Douzième chaîne dimanche, un nouveau parti de centre-gauche comprenant Huldai, le leader travailliste Amir Peretz, le député Avi Nissenkorn et l’ancien député Ofer Shelah pourrait gagner jusqu’à sept sièges, affaiblissant principalement Yesh Atid et Kakhol lavan.

Alors que Huldai est un pilier du Parti travailliste, le géant politique qui a fondé l’État d’Israël s’est pratiquement effondré sous Peretz, suite à sa décision de se joindre à Meretz lors des élections précédentes, puis de se séparer de la faction de gauche pour rejoindre le gouvernement dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu du Likud.

En 2018, Huldai a obtenu un cinquième mandat à la tête du centre économique du pays, contrant ainsi une attaque de dernière minute du nouveau député Asaf Zamir, devenu son rival, qui a ensuite rejoint le parti centriste Kakhol lavan et a été ministre du Tourisme avant de démissionner en octobre et de quitter le parti cette semaine.

Huldai est né en 1944 au kibboutz Hulda, dans le centre d’Israël, qui a donné son nom à la famille. Il a eu une longue carrière dans l’armée et a été directeur du prestigieux lycée Herzliya Gymnasium de Tel Aviv pendant six ans, avant de devenir maire en 1998.

Ron Huldai, le maire de Tel Aviv, pendant une conférence sur l’éducation dans sa ville, le 26 mai 2016. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Il a grandi au sein du Parti travailliste et représente pour beaucoup de gens à gauche le dernier vestige de la vieille garde travailliste qui peut encore remporter des victoires électorales – ne serait-ce que dans le bastion de la gauche laïque de Tel Aviv.

Il a annoncé en mai qu’il avait l’intention de quitter la politique municipale et de se présenter aux prochaines élections nationales. « Ce qui se passe en Israël me terrifie. Je ne peux pas rester les bras croisés », avait-il déclaré à l’époque.

Il a réitéré ces aspirations en octobre, disant qu’il était même prêt à jouer les seconds rôles face à un nouveau leader de gauche si cela signifiait évincer Netanyahu. « Si le fait que je sois le numéro 2 de quelqu’un contribue à évincer ce gouvernement, je serai là », a-t-il déclaré à la Douzième chaîne lors d’une interview.

Haviv Rettig Gur a contribué à cet article.

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