Le Pen défend Trump à la TV israélienne : ‘le patriotisme n’est jamais du racisme’
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Le Pen défend Trump à la TV israélienne : ‘le patriotisme n’est jamais du racisme’

Le chef du parti d’extrême-droite français rejette la dimension anti-musulmane du décret du président. Elle défend également l’initiative de l’interdiction de vêtements religieux, dont la kippa

Marine Le Pen, présidente du Front national et candidate à l'élection présidentielle française, pendant une conférence de presse, au siège de son parti à Nanterre, le 9 novembre 2016. (Crédit : Martin Bureau/AFP)
Marine Le Pen, présidente du Front national et candidate à l'élection présidentielle française, pendant une conférence de presse, au siège de son parti à Nanterre, le 9 novembre 2016. (Crédit : Martin Bureau/AFP)

Marine Le Pen, la chef du parti français d’extrême-droite du Front National, a déclaré dans une interview accordée à la Deuxième chaîne israélienne que sa formation politique soutient pleinement l’ordre exécutif signé par Donald Trump la semaine dernière, dans lequel le président interdit temporairement l’entrée aux Etats Unis aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane.

« Je m’oppose avec force à l’affirmation qu’il s’agirait d’une attaque contre les Musulmans, c’est un mensonge – parce qu’il y a des douzaines pays de musulmans dans le monde qui ne sont pas sur cette liste », a déclaré Le Pen.

« Je constate que cela met tout le monde en colère. D’un autre côté, le fait qu’il y ait 15 pays qui empêchent l’entrée des Israéliens sur leurs territoires ne trouble personne », a-t-elle ajouté.

« Je pense que le patriotisme n’est jamais du racisme », a indiqué le Pen à un journaliste de la Deuxième chaîne.

« Aimer le pays, vouloir préserver sa culture et son identité, protéger les intérêts des Américains en Amérique, des Français en France et des Israéliens en Israël me paraît tout à fait légitime », a-t-elle ajouté.

« Je dis que nous devons nous comporter comme des propriétaires, comme des locataires, pas comme des squatteurs sans aucun droit. C’est la première aspiration des pays – nous sommes propriétaires de nos pays. Nous devons donc pouvoir y rester libres et y vivre en sécurité », a-t-elle poursuivi.

Les points de vue anti-musulmans de Le Pen sont populaires au sein de la droite palestinienne, mais le parti est boudé par les officiels israéliens, comme c’est le cas de nombreux partis d’extrême-droite des pays d’Europe.

Le Pen devrait, selon les estimations obtenir un bon score lors des élections présidentielles du mois d’avril. Elle devrait remporter le premier tour si cela ci devait se tenir aujourd’hui, selon les derniers sondages.

Elle s’inclinerait toutefois lors du second tour prévu le 7 mai, rapporte l’AFP.

La communauté juive de France est également méfiante face à Le Pen en raison de ses penchants traditionnellement belliqueux.

Le Pen veut promouvoir la législation qui interdirait le port des vêtements religieux en public. Son initiative désignerait majoritairement la burqa et le niqab islamiques, mais elle interdirait également aux Juifs de porter la Kippa.

« Parce que je pense qu’en France, tout le monde doit être soumis au même traitement, je soutiens également l’interdiction du porte de la kippa dans la sphère publique », a expliqué Le Pen.

« Sincèrement, la situation dangereuse dans laquelle vivent les Juifs de France est telle que ceux qui portent une kippa dans la rue sont une minorité, parce qu’ils ont peur. Mais je pense principalement que la lutte contre l’islam radical doit être un combat conjoint et que chacun devrait dire : ‘là, il va falloir que nous sacrifions quelque chose' ».

« Peut-être qu’il s’agira plutôt de porter un chapeau à la place, mais ce serait un effort qui permettrait de déraciner l’islam radical en France », a-t-elle dit.

Dans le cadre de son engagement pour la laïcité, Le Pen est également opposée aux abattages rituels casher et halal.

L’interview, filmée avant qu’un attentat ne soit commis au Musée du Louvre à Paris, a été diffusée peu après. Un soldat a été blessé par un homme qui portait une machette lors de cette attaque et qui a crié « Allah Akbar! » avant d’être touché par les balles de la police.

La police française sur un trottoir alors que des recherches sont menées dans le 8ème arrondissement dans le cadre d'une enquête diligentée dans le cadre de l'attentat survenu au musée du Louvre le 3 février 2017 (Crédit :  Francois Guillot/AFP)
La police française sur un trottoir alors que des recherches sont menées dans le 8ème arrondissement dans le cadre d’une enquête diligentée dans le cadre de l’attentat survenu au musée du Louvre le 3 février 2017 (Crédit : Francois Guillot/AFP)

Le Pen, qui a adopté une ligne ardemment anti-musulmane, avait comparé les prières musulmanes publiques en France à l’occupation du pays par les nazis allemands durant la Seconde Guerre mondiale.

Plusieurs mois avant l’ordre exécutoire de Trump, elle avait appelé à adopter des mesures plus fortes contre les migrants et à ce que la police soit autorisée à utiliser davantage la force contre les individus soupçonnés de terrorisme.

Le Pen avait expliqué que ses positions s’étaient avérées justes après que d’autres politiciens, comme le président François Hollande et l’ancien président Nicolas Sarkozy, aient partagé ses points de vue sur l’immigration et l’islam radical.

« Nous sommes les seules sources de l’inspiration de la politique française pour une simple raison : Ils nous ont combattu avec une dureté inhabituelle mais en pratique, nous avions raison sur tous les problèmes rencontrés », a expliqué Le Pen.

« C’est pour cela, en raison de la pression électorale, qu’ils n’ont d’autres choix que de partager notre façon de voir. Au moins, dans leurs paroles, ils commencent à parler comme nous. Il n’y a qu’un seul problème : Ils n’ont pas de courage, même s’ils pourraient faire tout cela ».

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