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Les allégations dans la prison de Gilboa sont des mensonges – ancien chef de prison

Makbil Tafesh, directeur de prison à la retraite, affirme que les agressions sexuelles présumées "n'ont pas eu lieu" ; au moins six gardiennes se sont manifestées jusqu'à présent

Makbil Tafesh, directeur de la prison du district nord à la retraite, lors d'une interview télévisée avec la Douzième chaine, le 2 août 2022. (Crédit : Capture d'écran)
Makbil Tafesh, directeur de la prison du district nord à la retraite, lors d'une interview télévisée avec la Douzième chaine, le 2 août 2022. (Crédit : Capture d'écran)

Makbil Tafesh, un ancien directeur du district nord de l’administration pénitentiaire, aujourd’hui à la retraite, a déclaré que les allégations d’agressions sexuelles faites contre les prisonniers de Gilboa, avec la complicité des directeurs de la prison, sont un « mensonge », a rapporté mardi la Douzième chaîne.

Tafesh a supervisé la prison de Gilboa et d’autres prisons dans tout le nord d’Israël de 2016 à 2019, ce qui coïncide avec le moment où les gardiennes se sont manifestées pour la première fois avec des allégations d’abus sexuels, en 2018. Cependant, Tafesh a déclaré qu’il n’avait jamais reçu de plaintes d’abus sexuels de la part des gardiennes de prison et que toute plainte de comportement inapproprié de la part de prisonniers était immédiatement traitée.

Au moins six femmes ont témoigné que des soldates étaient « livrées » pour être violées et abusées sexuellement par des prisonniers de sécurité à la prison de Gilboa.

La semaine dernière, une ancienne soldate de Tsahal identifiée sous le pseudonyme de Hila a déclaré avoir été violée et abusée sexuellement à plusieurs reprises par un prisonnier de sécurité palestinien alors qu’elle servait dans la prison de Gilboa, au vu et au su de son directeur.

« Selon moi, cela ne s’est pas produit », a déclaré Tafesh. « Je ne sais pas quel aurait été le motif, qui aurait profité de ces filles pour de l’argent ou y avait-il … quelqu’un de rancunier, de frustré, [ou] de blessé par une décision particulière. »

« C’est un sujet sensible, donc tout le monde compatit », a-t-il ajouté. « Qu’ils enquêtent et retournent chaque pierre… Mais à ma connaissance, il n’y a jamais eu de gardien de prison proxénète. »

Noga Sharon, agent de l’administration pénitentiaire à la retraite, qui a servi comme assistante sociale dans la prison de Gilboa, a déclaré à la Douzième chaîne qu’il « est impossible qu’ils n’aient pas su et qu’ils nient que quelque chose se soit passé avec les femmes soldats qui étaient sous leur surveillance. »

En 2018, une première allégation avait été formulée par des soldates selon laquelle elles avaient été forcées d’avoir des contacts rapprochés avec des prisonniers en guise de marchandage sexuel, suite auxquels elles avaient été harcelées et agressées, mais l’affaire a été classée en raison d’un manque de preuves.

Illustration : Des policiers montent la garde devant la prison de Gilboa, dans le nord d’Israël, le 6 septembre 2021. (Crédit : Jalaa Marey/AFP)

Au total, six gardiennes se sont manifestées et ont dénoncé des abus sexuels commis par Mahmoud Atallah, dont une qui a déclaré avoir été violée et agressée sexuellement par ce dernier à plusieurs reprises.

Atallah était un personnage important parmi les prisonniers et les « faisait taire », ce qu’il aurait fait en échange de la présence de gardiennes dans ses quartiers et de faveurs sexuelles pour lui-même et d’autres prisonniers palestiniens.

Selon un reportage de la Douzième chaîne de la semaine dernière, Atallah avait déclaré à des responsables de la sécurité, il y a huit mois déjà, qu’il avait eu des relations sexuelles avec une soldate de la prison. Malgré cela, l’affaire n’a pas fait l’objet d’une enquête plus approfondie à l’époque, et Atallah est en isolement depuis 2018 en raison de ces allégations, à sa demande.

Les enquêtes ont été relancées fin 2021 lorsque le directeur de la prison de Gilboa, Freddy Ben Shitrit, qui n’était pas en poste à la prison lorsque les incidents auraient eu lieu, a fait des remarques qui ont eu l’effet d’une bombe.

Le ministre de la Défense, Benny Gantz lors d’une conférence de presse de la Treizième chaîne à Jérusalem, le 26 juillet 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Au début du mois de juillet, le ministre de la Sécurité intérieure, Omer Barlev, a approuvé le licenciement de l’agent de renseignement de la prison, Rani Basha, citant la « violation grave de ses devoirs en tant que gardien de prison » et notant que la décision a été prise en partie « pour empêcher une atteinte grave à la confiance du public dans l’administration pénitentiaire israélienne (IPS) ». Basha est accusé d’avoir placé des gardiennes dans l’aile de sécurité de l’établissement à la demande d’Atallah, ce qu’il nie.

Le ministre de la Défense Benny Gantz a déclaré lundi qu’il avait ordonné la réévaluation d’un accord de plusieurs années permettant aux soldats de l’armée d’’être enrôlés dans l’IPS. Il a envoyé une lettre à Barlev – qui supervise l’IPS – demandant que les conscrits ne soient pas autorisés à se trouver dans les mêmes ailes de prison que les condamnés palestiniens pour terrorisme, jusqu’à ce que les accusations de viol soient examinées.

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