Les commerces du premier centre commercial israélo-palestinien menacés de boycott
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Les commerces du premier centre commercial israélo-palestinien menacés de boycott

La Société palestinienne de protection des consommateurs veut mettre sur liste noire les magasins du complexe de Rami Levy qui veut promouvoir la coexistence

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Rami Levy, qui construit le premier centre commercial israélo-palestinien à quelques mètres de la Cisjordanie, le 21 juin 2016. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)
Rami Levy, qui construit le premier centre commercial israélo-palestinien à quelques mètres de la Cisjordanie, le 21 juin 2016. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

Le dirigeant d’une influente organisation palestinienne a menacé dimanche de nuire financièrement à tout commerce palestinien qui rejoindrait le premier centre commercial israélo-palestinien qui est actuellement en construction au nord-est de Jérusalem.

Le Times of Israël a annoncé que le promoteur israélien Rami Levy construit un centre commercial situé à deux minutes en voiture du checkpoint de Cisjordanie qui mène à Ramallah.

Levy a déclaré qu’il cherchait des propriétaires de commerces palestiniens pour louer les espaces du centre, et qu’il espère attirer des clients venus des grandes villes de Cisjordanie.

Répondant à l’article sur le projet de Levy, Saleh Haniyeh, directeur de la Société palestinienne pour la protection des consommateurs, a déclaré que son groupe, en partenariat avec un certain nombre d’institutions, était « prêt à révéler les noms de tout partenaire du ‘colon’ homme d’affaires Rami Levy, à les placer sur liste noire et à boycotter leurs intérêts commerciaux. »

Haniyeh a déclaré que son groupe ferait également pression sur la Chambre de commerce palestinienne pour qu’elle gèle les adhésions des partenaires palestiniens de Levy, selon un article de l’agence de presse palestinienne Maan.

Le directeur de l’organisation palestinienne a répété le boycott complet de son groupe de tout produit ou service provenant d’implantations israéliennes.

Joint par le Times of Israël, Levy a refusé de commenter les efforts de boycott.

Saleh Haniyeh, directeur de la Société palestinienne de protection des consommateurs. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Saleh Haniyeh, directeur de la Société palestinienne de protection des consommateurs. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Levy avait déclaré que l’idée du centre commercial qu’il construit dans la zone industrielle d’Atarot, au-delà de la Ligne verte au nord de Jérusalem, est venue de plusieurs centres et supermarchés qu’ils possèdent en Cisjordanie, qui sont devenus des points de rencontres amicales inattendues entre juifs et arabes cherchant un travail ou des prix intéressants.

Si son centre commercial a du succès, a déclaré Levy, « il pourrait mener à la compréhension que nous pouvons tout faire ensemble. »

Le projet de Levy a déjà affronté des défis causés par la pression politique. A un moment, Levy avait conclu un accord avec l’un des plus grands revendeurs d’électronique palestiniens, mais après la signature ; le client potentiel avait craint des représailles politiques.

Des manifestants palestiniens avec des drapeaux et une pancarte "Boycott de l'occupation et de ses produits" pendant une manifestation dans un supermarché Rami Levy de l'implantation juive de Cisjordanie Moddin Illit, le 24 octobre 2012. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)
Des manifestants palestiniens avec des drapeaux et une pancarte « Boycott de l’occupation et de ses produits » pendant une manifestation dans un supermarché Rami Levy de l’implantation juive de Cisjordanie Moddin Illit, le 24 octobre 2012. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)

L’homme d’affaires israélien, qui est devenu célèbre pour ses ventes sauvages, dont le lait vendu mois cher que l’eau ou le kilogramme de poulet à 10 centimes, pensait que les prix de son centre commercial serait moins cher que ceux de Ramallah.

Répondant à cela, Haniyeh a déclaré que « nous ne vendrons pas nos positions et nos principes pour quelques shekels. »

Cependant, beaucoup de Palestiniens interrogés par le Times of Israël au checkpoint Ramallah – Qalandiya avaient déclaré n’avoir aucun problème à tirer partie des bas prix de Levy dans son nouveau centre commercial. Seuls quelques uns s’y étaient opposés pour des raisons politiques.

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