Les firmes telles que NSO nuisent à Israël, dit le ministre de la Diaspora
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Les firmes telles que NSO nuisent à Israël, dit le ministre de la Diaspora

Pour Nachman Shai, les firmes d'intelligence économique sont des "programmes malveillants" ayant nui à l'industrie de la high-tech ainsi qu'aux intérêts et au soutien diplomatique

Sur cette photo d'archive prise le 28 août 2016, une Israélienne utilise son iPhone devant le bâtiment abritant le groupe israélien NSO, à Herzliya, près de Tel Aviv. (Crédit : Jack Guez/AFP)
Sur cette photo d'archive prise le 28 août 2016, une Israélienne utilise son iPhone devant le bâtiment abritant le groupe israélien NSO, à Herzliya, près de Tel Aviv. (Crédit : Jack Guez/AFP)

La saga des logiciels espions du groupe NSO est très préjudiciable à Israël, y compris en termes de soutien international, et les sociétés de renseignement de surveillance doivent être mises au pas, a déclaré samedi le ministre des Affaires de la diaspora, Nachman Shai.

Shai a déclaré à la Douzième chaîne que l’industrie israélienne de la haute technologie était largement admirée et appréciée à l’étranger, « mais il s’avère qu’une sorte de programme voyou a pénétré la haute technologie israélienne ».

« Nous devons nous assurer que les entités [telles que NSO] ne sont pas en mesure de jouer le jeu international, car elles nuisent directement aux intérêts diplomatiques israéliens et causent du tort au public juif qui admire Israël en raison de sa high-tech », a déclaré Shai.

Le logiciel espion Pegasus de NSO, puissamment invasif, peut pirater les téléphones portables à l’insu de l’utilisateur, permettant aux clients de lire chaque message, de localiser l’utilisateur et d’accéder à la caméra et au microphone du téléphone.

Selon une enquête approfondie menée par 17 organismes de presse cette semaine, Pegasus a été impliqué dans une possible surveillance de masse de journalistes, de défenseurs des droits de l’homme et de 14 chefs d’État, dont les numéros de téléphone figuraient parmi quelque 50 000 cibles potentielles de surveillance sur une liste communiquée au groupe de défense des droits Amnesty International et à Forbidden Stories, basé à Paris.

L’enquête, intitulée projet Pegasus, a identifié au moins 180 journalistes dans 20 pays qui ont été sélectionnés pour un ciblage potentiel entre 2016 et juin 2021.

Le député de l’Union sioniste Nachman Shai assiste à une réunion du lobby pour le renforcement des liens avec le monde juif, tenue à la Knesset, le 27 juin 2017. (Credit : Yonatan Sindel/Flash90)

NSO a déclaré que la fuite n’était « pas une liste de cibles ou de cibles potentielles de Pegasus ».

La société insiste également sur le fait que son logiciel est uniquement destiné à être utilisé dans la lutte contre le terrorisme et d’autres crimes, et qu’elle exporte vers 45 pays, avec l’approbation du gouvernement israélien.

Mais les révélations ont fait du bruit et un certain nombre de gouvernements accusés d’utiliser le logiciel espion Pegasus pour surveiller les activités des dissidents et autres critiques ont nié le faire. Cette liste comprend l’Arabie saoudite, l’Inde, le Maroc, la Hongrie et les Émirats arabes unis.

En France, le président Emmanuel Macron a ordonné un renforcement de la sécurité et a changé son téléphone en raison des inquiétudes liées à l’espionnage. M. Macron – dont le nom figurait sur une liste de cibles présumées – a ordonné « un renforcement de tous les protocoles de sécurité » à la suite d’une réunion spécialement convoquée du Conseil de défense de la nation, a indiqué son bureau jeudi.

M. Macron se serait entretenu avec le Premier ministre Naftali Bennett cette semaine pour s’assurer que l’affaire était traitée par le gouvernement israélien.

Le président français Emmanuel Macron parle sur son téléphone portable pendant une table ronde lors d’un sommet de l’UE à Bruxelles, le 20 juillet 2020. (Crédit: John Thys, Pool Photo via AP)

Pendant ce temps, Israël a créé un comité pour examiner les allégations selon lesquelles le logiciel de surveillance téléphonique de NSO a été utilisé à mauvais escient, a annoncé jeudi le chef de la commission des affaires étrangères et de la défense de la Knesset.

« L’establishment de la défense a nommé un comité d’examen composé d’un certain nombre d’organes », a déclaré le législateur Ram Ben-Barak à la radio de l’armée.

« Lorsqu’ils auront terminé leur examen, nous exigerons de voir les résultats et évaluerons si nous devons apporter des corrections », a ajouté l’ancien chef adjoint du Mossad, l’agence d’espionnage d’Israël.

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