Les Palestiniens appellent à sanctionner les journalistes arabes venus en Israël
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Les Palestiniens appellent à sanctionner les journalistes arabes venus en Israël

Les responsables de l'AP veulent placer sur liste noire des journalistes du Maroc, du Liban, d'Irak, du Yémen et de Syrie pour avoir brisé les rangs avec leurs compatriotes arabes

Khaled Abu Toameh est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Des journalistes d'al-Arabiya à la frontière de la bande de Gaza (Crédit: Nati Shohat/Flash90)
Des journalistes d'al-Arabiya à la frontière de la bande de Gaza (Crédit: Nati Shohat/Flash90)

L’Autorité palestinienne a dénoncé jeudi une visite effectuée par des journalistes arabes en Israël et demandé à ce qu’ils soient sanctionnés afin de dissuader leurs collègues qui pourraient être tentés de venir au sein de l’Etat juif.

La semaine dernière, le ministère israélien des Affaires étrangères a accueilli une délégation de neuf journalistes arabes venus du Maroc, du Liban, de l’Irak, du Yémen et de Syrie lors d’une initiative visant à leur faire connaître Israël, son histoire et à rencontrer de près sa société, a fait savoir le ministère.

Mais l’AP a estimé que la visite avait pour objectif de « promouvoir la normalisation » entre les Arabes et Israël. Les Palestiniens s’opposent à ce que d’autres nations arabes établissent des liens avec Israël avant la conclusion d’un accord de paix entre l’Etat juif et les Palestiniens.

Le ministère de l’Information de l’AP a dénoncé la visite des journalistes arabes et a appelé les organismes médiatiques arabes à les placer, ainsi que les médias pour lesquels ils travaillent, sur une « liste noire » de boycott.

Il a également demandé au syndicat des journalistes arabes l’adoption de « mesures punitives et de dissuasion » contre les journalistes et leurs employeurs.

« Se placer aux côtés d’Israël et de son terrorisme marque une rupture dans les rangs arabes et face aux décisions prises par les ministres de l’Information arabe », a indiqué le ministère de l’Information de l’AP, qualifiant la visite « de honte inexcusable et sans justification ».

Cette visite, a-t-il ajouté, « constitue un éloignement de la position arabe officielle et populaire qui considère Israël comme un état d’occupation, de racisme, de nettoyage ethnique et d’extrémisme ».

Le ministère de l’AP a également critiqué le ministère des Affaires étrangères israélien qui s’est « enorgueilli » de la visite effectuée par les journalistes arabes.

De plus, le syndicat des journalistes palestiniens, un organe dominé par les loyalistes à la faction du Fatah de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie, a mis en garde jeudi contre la publication d’histoires et d’informations en provenance des médias israéliens sans vérification préalable de leur authenticité.

Le syndicat a dans le passé condamné certains de ses membres qui avaient été accusés de « promouvoir la normalisation » en rencontrant des journalistes israéliens.

Le syndicat a clamé que les informations publiées dans les médias israéliens étaient « dangereuses pour le tissu social et pour l’unité palestinienne ».

Il faisait apparemment référence aux informations transmises dans les médias israéliens – et qui ont été ultérieurement reprises par des organismes de presse palestiniens et arabes – que les forces de sécurité de l’AP auraient aidé Israël à traquer et à tuer Ahmed Jarrar, le terroriste du Hamas soupçonné d’avoir assassiné le rabbin Raziel Shevach le mois dernier, dans le nord de la Cisjordanie.

Ahmad Nassar Jarrar, 22 ans, chef de la cellule terroriste qui a tué le rabbin Raziel Shevach le 9 janvier (Crédit : Twitter)

Le syndicat a déclaré avoir noté que certains médias palestiniens avaient fait état de « déclarations fabriquées qui ont initialement été publiées par les médias de l’occupation ».

Il a averti que le syndicat prendrait des mesures contre ceux qui contreviendraient à ses directives.

Il a également répété sa mise en garde en direction des journalistes et organisations de médias palestiniens, leur demandant de s’abstenir d’utiliser la terminologie israélienne dans leurs compte-rendus d’informations.

« La terminologie des médias israéliens est abusive face à notre combat et aux sacrifices des Palestiniens alors qu’ils doivent affronter l’arrogance de l’occupation et ses crimes affreux contre notre peuple », a accusé le syndicat palestinien.

« L’occupation fait tout ce qu’elle peut pour modifier la terminologie et ce afin d’attendre son objectif immonde », a–t-il ajouté.

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