L’Etat veut verrouiller une pétition sur du matériel d’espionnage destiné au Sud-Soudan
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L’Etat veut verrouiller une pétition sur du matériel d’espionnage destiné au Sud-Soudan

La députée Zandberg a demandé des explications au sujet d'équipements de traçage vendus à la nation africaine déchirée par la guerre ; elle affirme que toutes les informations sont déjà publiques

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Tamar Zandberg, députée du Meretz, à la Knesset, le 24 février 2016. (Crédit :Yonatan Sindel/Flash90)
Tamar Zandberg, députée du Meretz, à la Knesset, le 24 février 2016. (Crédit :Yonatan Sindel/Flash90)

L’Etat a demandé mercredi à la Cour Suprême d’imposer la confidentialité à une pétition déposée par la députée Tamar Zandberg contre l’export d’équipements israéliens de surveillance vers le Sud-Soudan, pays où ce matériel a été utilisé de façon présumée pour réprimer les opposants au gouvernement.

Zandberg à répondu mercredi à la requête de l’Etat, disant que toute les informations contenues dans sa pétition avaient déjà été rendues publiques.

« Cette pétition se fonde sur des éléments ouverts qui ont déjà été publiés dans des rapports et dans les médias », a-t-elle tweeté. « De quoi peut-on avoir peur? »

En janvier, un rapport des Nations unies au Sud-Soudan a révélé que la capacité du Service national de sécurité du gouvernement sud-soudanais « à identifer et à arrêter illégalement des individus a été accrue de façon significative depuis le début du conflit en raison de l’acquisition d’équipements additionnels d’interception des communications venant d’Israël ».

La pétition de Zandberg, déposée en mai, appelle la Cour Surpême à publier une ordonnance conditionnelle donnant instruction au ministre de la Défense Avigdor Liberman, au ministère des Affaires étrangères, et au chef du Département pour le contrôle des exportations de défense d’expliquer pourquoi Israël n’a pas annulé les licences d’exportations du Sud-Soudan pour les systèmes de surveillance, au moins jusqu’à la fin de la guerre civile dans le pays.

La juge Anat Baron a déjà pris la décision préliminaire de programmer une audience devant un panel de trois juges dès que possible, a rapporté hier le quotidien Haaretz. L’Etat a demandé que l’audience se tienne derrière des portes closes.

En août dernier, un rapport intérimaire des Nations unies a révélé que l’armée sud-soudanaise utilisait des armes israéliennes pour se battre dans sa guerre civile.

Des photographes ont montré que des officiers sud-soudanais et des soldats utilisaient l’Ace, une version avancée du fusil d’assaut Galil, comme l’a écrit Haaretz à l’époque. Le fusil est manufacturé par l’Industrie des armes d’Israël.

Une délégation des Nations unies qui est venue en Israël dans le sillage des révélations s’est vu répondre que les armes avaient été vendues avant que la guerre civile n’éclate en 2013 et que depuis le début des combats, Israël n’avait fourni que des équipements non-meurtriers.

La guerre civile au Sud-Soudan s’est prolongée de 18 mois au milieu d’allégations de violations des droits humains, parmi lesquelles l’utilisation d’enfants soldats. Les deux parties au conflit ont finalement signé un accord de paix sous l’égide des Nations unies en août 2015 mais le gouvernement de transition envisagé alors a jusqu’à présent échoué à voir le jour.

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