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L’ex-responsable du développement du vaccin COVID israélien s’insurge contre Pfizer

Le professeur Shmuel Shapira, ancien directeur de l'Institut biologique du ministère de la Défense, qualifie le vaccin Pfizer de "médiocre"

Le ministre de la Défense, Benny Gantz, parle au directeur de l'Institut de recherche biologique, le professeur Shmuel Shapira, au laboratoire de Ness Ziona, le 6 août 2020. (Crédit : Ariel Hermoni/ ministère de la Défense)
Le ministre de la Défense, Benny Gantz, parle au directeur de l'Institut de recherche biologique, le professeur Shmuel Shapira, au laboratoire de Ness Ziona, le 6 août 2020. (Crédit : Ariel Hermoni/ ministère de la Défense)

L’ancien responsable du développement du vaccin expérimental israélien contre le coronavirus s’est insurgé mercredi contre la décision d’attribuer le prestigieux prix Genesis au PDG de Pfizer, Albert Bourla.

Sur Twitter, le professeur Shmuel Shapira, ancien directeur de l’Institut israélien de recherche biologique (IIBR) du ministère de la Défense, a qualifié cette décision de « pathétique ».

Il a également qualifié le vaccin COVID-19 du géant pharmaceutique de « médiocre » et d’efficace uniquement à « court terme ».

« Il y a des scientifiques israéliens beaucoup plus éminents », a déclaré Shapira dans une interview accordée à la Douzième chaîne.

« C’est le PDG d’une société qui n’a pas fait cela par bonté d’âme, mais simplement pour rafler des milliards », a-t-il ajouté. « C’est un vaccin médiocre – j’ai été vacciné trois fois et je suis tombé malade. Beaucoup de gens ont été infectés après avoir été vaccinés. Qualifier le vaccin de modérément efficace est plutôt généreux. »

Shapira a déclaré qu’il comprenait pourquoi Israël s’était empressé de signer un accord avec Pfizer pour son vaccin au début de la pandémie, mais que « sur le long-terme, leurs vaccins se sont avérés moins efficaces ».

« Il y a d’autres vaccins qui sont beaucoup plus efficaces. Il y a des pays où le taux de vaccination est plus faible qui ont très bien supporté [la pandémie] », a-t-il déclaré.

Albert Bourla, PDG de Pfizer, prend la parole lors d’une cérémonie à Thessalonique, en Grèce, le 12 octobre 2021. (Crédit : AP Photo/Giannis Papanikos, File)

Lorsqu’on lui a demandé si ses commentaires découlaient d’une amertume à l’égard d’Israël qui n’a pas pleinement adopté le vaccin de l’IIBR, Shapira a rejeté la suggestion, ajoutant que le vaccin s’est avéré être bon, mais « c’est la bureaucratie qui nous a fait défaut ».

« Le vaccin de l’institut a été très efficace et même maintenant, il est testé », a-t-il déclaré. « Les derniers tests montrent qu’il est également efficace contre la variante Omicron. La bureaucratie nous a fait faux bond à plusieurs reprises. »

Le parcours pour développer le vaccin israélien BriLife a été semé d’embûches et a pris beaucoup de retard sur celui de ses concurrents internationaux.

L’IIBR a été sollicité au début de la pandémie, en février 2020, pour développer un vaccin et semblait faire des progrès significatifs jusqu’à ce que les efforts soient apparemment ralentis et qu’Israël lance sa campagne de vaccination de masse principalement avec le vaccin Pfizer-BioNTech en décembre dernier.

Hala Litwin, infirmière du centre médical de Sheba, injecte un vaccin expérimental contre le coronavirus au premier sujet humain testé en Israël, Segev Harel, le 1er novembre 2020. (Crédit : Ministère de la Défense)

L’approbation de plusieurs vaccins internationaux et la campagne d’inoculation rapide d’Israël ont soulevé des questions sur la nécessité d’une option produite au niveau national qui serait prête à être distribuée longtemps après ses concurrents.

En mai dernier, M. Shapira a quitté la direction de l’Institut biologique, dans une tournure d’événements surprenante qui a jeté le doute sur l’avenir de l’entreprise locale d’inoculation. Dans un nouveau livre, il a affirmé que de lourdes interférences gouvernementales, des retards réglementaires inexpliqués et un certain niveau de « sabotage » étaient également en jeu.

En juillet, l’IIBR a annoncé qu’elle avait signé un protocole d’accord avec la société NRx Pharmaceuticals, cotée au Nasdaq, afin de mener à bien les essais cliniques du vaccin produit localement.

NRx Pharmaceuticals a envoyé le vaccin aux essais cliniques de troisième phase, qui ont été menés sur des dizaines de milliers de volontaires en Géorgie, en Ukraine et en Israël, après quoi la société supervisera sa commercialisation.

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