Liberman : « tirer à pile ou face » pour désigner le premier Premier ministre
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Liberman : « tirer à pile ou face » pour désigner le premier Premier ministre

Le chef d'Yisrael Beytenu va rencontrer Gantz lundi ; il estime que la "querelle infantile" sur l'identité de celui qui dirigera en premier le gouvernement empêche la coalition

Photo montage, de gauche à droite : le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, le chef du parti Yisrael Beytenu, Avidgor Liberman, et le Premier ministre et chef du Likud, Benjamin Netanyahu. (Crédit : Yonatan Sindel, Noam Revkin Fenton/Flash90)
Photo montage, de gauche à droite : le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, le chef du parti Yisrael Beytenu, Avidgor Liberman, et le Premier ministre et chef du Likud, Benjamin Netanyahu. (Crédit : Yonatan Sindel, Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le chef d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, rencontrera lundi Benny Gantz, vingt-quatre heures après avoir pris la décision de ne recommander ni le leader de Kakhol lavan ni celui du Likud, Benjamin Netanyahu, au poste de Premier ministre.

Les deux hommes s’entretiendront dans l’après-midi de lundi à Tel Aviv, a expliqué Liberman dimanche soir, plusieurs heures après la consultation entre son parti et le président Reuven Rivlin et précisant que Gantz était à l’initiative de ce rendez-vous.

Dans un communiqué, le dirigeant d’Yisrael Beytenu a suggéré avec nonchalance que Gantz et Netanyahu « tirent à pile ou face » pour décider de qui deviendra d’abord Premier ministre dans le cadre d’un accord de rotation, les appelant à abandonner leur querelle « infantile » et à forger un gouvernement d’unité nationale.

Selon les derniers résultats électoraux, c’est Liberman qui détient la clé de la formation du prochain gouvernement, à la suite d’une impasse politique entre le Likud et Kakhol lavan. Le faiseur de rois annoncé a juré de prôner un gouvernement d’unité « libéral, nationaliste et large » constitué des deux formations majeures. Il avait également dit pendant la campagne qu’il soutiendrait le parti le plus important et qu’il n’apporterait pas son soutien de façon automatique à son partenaire de longue date, le Likud.

Mais dimanche, Yisrael Beytenu s’est abstenu d’apporter son appui à Gantz, invoquant le soutien apporté par la Liste arabe unie au leader de Kakhol lavan.

« La Liste arabe unie, ce sont nos ennemis », a clamé Liberman. « Où qu’ils soient, nous nous trouverons de l’autre côté ».

Au cours du scrutin de mardi, c’est Kakhol lavan de Gantz qui a émergé comme la plus grande force à la Knesset selon les résultats quasi-définitifs, avec 33 sièges contre 31 pour le Likud du Premier ministre en poste. Netanyahu est à la tête d’un bloc de droite et religieux fort de 55 députés. Pour sa part, Gantz dispose d’un bloc de 44 parlementaires centristes et de gauche. Avec l’appui de la Liste arabe unie, le chef de Kakhol lavan bénéficie du soutien d’au moins 57 membres de la Knesset – mais l’alliance arabe a affirmé qu’elle ne rejoindrait pas une coalition. C’est Yisrael Beytenu, avec ses huit sièges, qui détient l’équilibre du pouvoir entre les deux blocs.

Le président Reuven Rivlin, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, et le leader de Kakhol lavan, Benny Gantz, lors d’une cérémonie de commémoration de feu le président Shimon Peres au mont Herzl de Jérusalem, le 19 septembre 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La semaine dernière, Netanyahu a forgé une alliance officielle constituée de ses alliés de droite et ultra-orthodoxes, recommandant vivement dans la foulée à Gantz de former un gouvernement d’unité nationale sous son autorité. Le dirigeant de Kakhol lavan a rejeté cette soi-disante offre, notant que son parti avait remporté plus de sièges et qu’il devrait donc se trouver à la tête de la coalition. Gantz a insisté sur le fait que Netanyahu, qui risque une mise en examen, devait renoncer au poste de Premier ministre comme condition préalable à une alliance Kakhol lavan-Likud.

Dans un texte publié dans la soirée de dimanche sur Facebook, Liberman a maintenu qu’un large gouvernement d’unité était possible – si Netanyahu et Gantz laissaient de côté leurs désaccords « infantiles ».

« Comme nous l’avons promis, Yisrael Beytenu fera tout ce qui est possible pour obliger les deux formations les plus importantes à s’unir au sein d’un vaste gouvernement libéral », a-t-il écrit. « Ce qui nous sépare de la formation d’un gouvernement, et pourrait entraîner de nouvelles élections, ce sont des querelles infantiles entre Netanyahu et Gantz sur celui qui dirigera le gouvernement en premier ».

« J’espère que le président prendra des initiatives et qu’il servira d’intermédiaire entre les deux. En ce qui me concerne, je pense qu’ils devraient tirer à pile ou face sur celui qui sera le premier [Premier ministre dans le cadre d’un accord de rotation] », a-t-il ajouté.

C’est Rivlin qui décidera quel candidat sera désigné pour rassembler la prochaine coalition au terme de ses entretiens avec les responsables des partis qui prendront fin lundi soir.

Le scrutin de mardi dernier avait été organisé, car les précédentes élections au mois d’avril n’avaient pas permis la mise en place d’un gouvernement. La Knesset avait été finalement dissoute à la fin du mois de mai, et un nouveau vote avait été initié après que Liberman eut conditionné son entrée au sein du gouvernement de Netanyahu à l’adoption d’une loi régulant le service militaire des étudiants ultra-orthodoxes – une demande qui avait été rejetée par les partis haredim.

Son refus d’intégrer la coalition ayant précipité un nouveau scrutin avait provoqué la furie de Netanyahu, son ancien allié devenu son pire ennemi.

Liberman est pour beaucoup considéré comme étant à l’origine du nouveau scrutin du 17 septembre, ayant entravé les efforts livrés par Netanyahu pour établir un gouvernement suite au précédent vote qui avait été organisé au mois d’avril en raison de ses querelles avec les factions ultra-orthodoxes.

D’autres considèrent que ce sont les ultra-orthodoxes qui n’ont pas cédé à la loi sur le service militaire des étudiants de yeshiva. D’autres encore estiment que c’est Netanyahu qui n’a pas su laisser la main à un autre pour former une coalition.

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