Rechercher
Les députés alertent sur les démocrates à la mi-mandat

Macron dévoilera un plan de paix si Trump ne le fait pas – diplomate

La France présentera une proposition de paix si les Etats-Unis ne dévoilent pas leur plan le mois prochain, a indiqué Alon Ushpiz, du ministère des Affaires étrangères

Emmanuel Macron et Mahmoud Abbas à l'Élysée le 5 juillet 2017 (Crédit : capture d'écran Elysée)
Emmanuel Macron et Mahmoud Abbas à l'Élysée le 5 juillet 2017 (Crédit : capture d'écran Elysée)

Si le président américain Donald Trump ne présente pas son plan de paix israélo-palestinien au cours du mois prochain, le président français Emmanuel Macron soumettra une proposition réfléchie par Paris, aurait déclaré un diplomate israélien de haut-rang devant un panel de la Knesset au cours d’une réunion à huis-clos.

Alon Ushpiz, directeur politique du ministère des Affaires étrangères, a annoncé lundi lors d’une séance à huis-clos de la puissante commission des Affaires étrangères et de la Défense que la France attendra les élections américaines de la mi-mandat, le 6 novembre, mais que si Trump devait ne pas faire part de son plan – très attendu – dans les premières semaines après le vote, Macron fera connaître sa propre formule, ont expliqué des reportages d’information diffusés à la télévision.

Ces informations, livrées par la Dixième chaîne israélienne et par Hadashot, ont repris les propos tenus par des députés qui ont assisté à cette session. Le ministère des Affaires étrangères de Jérusalem a toutefois précisé que les reportages contenaient des inexactitudes.

La Dixième chaîne a noté que Macron avait donné pour instruction à son ministère des Affaires étrangères, fin août, d’explorer de nouvelles idées pour résoudre le conflit israélo-palestinien, et que le président Français avait signalé à Trump que si les Etats-Unis ne prenaient pas de nouvelles initiatives, Paris le devancerait. Le bureau du Premier ministre et le ministère des Affaires étrangères ont passé un temps considérable à discuter du plan possible de Macron, ont indiqué les chaînes.

Emmanuel Macron (g) rencontre Benjamin Netanyahu à l’Élysée, le 10 décembre 2017 à Paris. (Crédit : AFP / Ludovic MARIN)

Un porte-parole de la commission des Affaires étrangères et de la Défense a déclaré que les informations transmises « ne reflètent pas correctement » les paroles prononcées par Ushpiz aux députés.

« Naturellement, en raison du huis-clos, nous ne pouvons pas en dire davantage », a ajouté le porte-parole.

Ces informations surviennent vingt-quatre heures après que la Dixième chaîne a fait savoir que Trump avait confié, le mois dernier, à Macron qu’il était prêt à exercer des pressions sur le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour qu’il accepte l’initiative de paix longuement réfléchie de l’administration américaine.

Trump et Netanyahu devraient se rendre à Paris vers le 11 novembre pour les cérémonies du centenaire de la Première Guerre mondiale, organisées par Macron.

Lundi également, le haut conseiller à la Maison-Blanche Jared Kushner a exprimé son impatience devant l’impasse dans laquelle se trouve le conflit israélo-palestinien, confiant à CNN : « La situation ne fait qu’empirer. A un moment, les dirigeants vont devoir prendre des décisions courageuses et faire des compromis. Nous espérons trouver des leaders qui seront prêts à le faire ».

Selon les reportages diffusés mardi à la télévision, Ushpiz aurait également dit aux députés lundi, que l’Etat juif s’attend à des progrès des démocrates lors des élections de mi-mandat, le mois prochain, des victoires qui auraient un impact et des implications pour Israël. Il a qualifié le scrutin de « critique » pour le pays, et a expliqué que Jérusalem s’attend à ce que les démocrates avancent au Congrès.

« Les choses vont changer », a-t-il averti.

Alon Ushpiz (Crédit : capture d’écran YouTube)

Trump a expliqué lors d’une rencontre avec Netanyahu, le mois dernier, qu’il prévoyait de faire connaître son plan dans quatre mois.

S’exprimant le mois dernier auprès du Times of Israel, l’envoyé spécial pour les négociations internationales, Jason Greenblatt, a noté que le plan « présentera des résolutions aptes à répondre à toutes les questions au coeur du conflit, et notamment la question des réfugiés », et qu’il « se concentrera lourdement sur les besoins israéliens en termes de sécurité ».

Greenblatt avait ajouté : « Mais nous voulons également nous montrer justes envers les Palestiniens. Nous nous sommes vraiment efforcés de trouver un équilibre satisfaisant. Chaque partie trouvera des éléments, dans ce plan, qu’elle n’appréciera pas. Il n’y a pas de solutions parfaites ».

Kushner a déclaré lundi que des responsables palestiniens « raisonnables » auront la volonté de négocier avec Israël sur la base du plan de Trump.

L’Autorité palestinienne (AP) a d’ores-et-déjà rejeté le plan de paix, boycottant l’administration Trump depuis sa reconnaissance de Jérusalem en tant que capitale d’Israël, l’année dernière.

Ushpiz aurait aussi dit aux députés que les responsables israéliens « ne parviennent pas » à convaincre les diplomates et responsables de l’administration étrangers de la légitimité des positionnements israéliens en ce qui concerne Gaza, parce que le narratif israélien est faible en comparaison avec la réalité de la situation humanitaire dans la bande, contrôlée par le groupe terroriste palestinien du Hamas.

Il aurait également ajouté que le ministère des Affaires étrangères n’a pas été officiellement chargé par Netanyahu – également ministre des Affaires étrangères – de persuader les pays de transférer leurs ambassades à Jérusalem.

« C’est une affaire politique », aurait commenté Ushpiz. « Le ministère des Affaires étrangères ne l’a pas défini comme mission à accomplir ».

La relocalisation d’une ambassade nécessite parfois qu’Israël « intervienne dans les affaires internes du pays – et cela n’est pas à notre profit », aurait ajouté Ushpiz.

Les Etats-Unis ont transféré leur ambassade à Jérusalem au mois de mai, un exemple suivi par le Guatemala et le Paraguay. Ce dernier pays a toutefois fait volte-face le mois dernier, en réinstallant sa mission à Tel Aviv après un changement de gouvernement.

Selon un reportage de la Dixième chaîne lundi, Trump aurait déclaré au président français Emmanuel Macron, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies au mois de septembre, qu’il était prêt à être « dur » avec Israël lors des négociations de paix.

Une pareille éventualité marquerait un changement significatif dans la manière dont les Etats-Unis ont géré les négociations de paix jusqu’à présent. Un certain nombre de concessions ont été faites en faveur d’Israël et des sanctions ont été adoptées contre Ramallah, ce qui a entraîné la colère des Palestiniens et le boycott, de la part de ces derniers, de la reprise des pourparlers.

Selon le reportage, qui a cité quatre diplomates occidentaux proches du dossier, Trump aurait dit à Macron : « J’ai beaucoup donné à Netanyahu. J’ai transféré l’ambassade à Jérusalem…Nous donnons à Israël cinq milliards de dollars par an. Je peux me montrer dur avec Netanyahu en ce qui concerne le plan de paix, tout comme je l’ai été avec les Palestiniens ».

Lorsque Macron a répondu au dirigeant américain qu’il avait le sentiment que Netanyahu préférait le statu quo à un progrès vers un accord de paix, Trump aurait répondu : « Vous savez, Emmanuel, je ne suis pas loin de tirer la même conclusion ».

Le président français Emmanuel Macron (à gauche) écoute le président américain Donald Trump dans le bureau ovale avant une réunion au cours d’une visite d’État à la Maison Blanche le 24 avril 2018 à Washington, DC. (Crédit : AFP PHOTO / Brendan Smialowski)

Répondant à ces informations, un responsable de la Maison Blanche a expliqué au Times of Israel que « le président estime que le Premier ministre s’est engagé à poursuivre la perspective d’une paix authentique et durable entre Israël et les Palestiniens ».

Ces propos auraient été prononcés trois jours avant que Trump, au cours d’une rencontre aux Nations unies avec Netanyahu, a indiqué préférer une solution à deux États pour régler le conflit israélo-palestinien, semblant signaler un changement de positionnement de l’administration qui a jusqu’à présent refusé d’approuver clairement cette formule.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...