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« Marche du drapeau » : l’accès à la Porte de Damas et au mur Occidental sera limité

Les organisateurs de l’événement nationaliste de dimanche évoquent des questions d’affluence pour justifier la limitation d’accès à l’événement

Des Israéliens brandissent des drapeaux lors d'une marche pour le Jour de Jérusalem, à Jérusalem, le 10 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)
Des Israéliens brandissent des drapeaux lors d'une marche pour le Jour de Jérusalem, à Jérusalem, le 10 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

Les organisateurs de la « Marche du drapeau » de Yom Yeroushalayim ont déclaré mardi que l’accès serait limité en certains points, pour éviter une affluence trop importante, comme par exemple au mur Occidental, où le défilé se terminera.

Cette année, le défilé aura lieu dimanche.

L’itinéraire de la « Marche du drapeau » est très disputé : ses opposants voient le passage par le quartier musulman de la Vieille Ville comme une provocation et ses partisans considèrent qu’elle témoigne de la souveraineté d’Israël sur Jérusalem.

Les autorités israéliennes ont décidé de limiter les accès afin d’éviter un excès d’affluence, notamment au mur Occidental, après le mouvement de foule au mont Meron, qui a tué 45 personnes l’an dernier. Cet accident tragique, survenu lors des festivités de Lag BaOmer, est la pire catastrophe civile jamais enregistrée en Israël en temps de paix.

L’affluence au mur Occidental sera limitée à 16 000 participants.

« Compte tenu de la limitation de l’affluence au mur Occidental, 8 000 manifestants seront autorisés à entrer par la porte de Damas, et 8 000 autres, par la porte de Jaffa », ont déclaré les organisateurs.

« Ceux qui ne pourront pas accéder à la Vieille Ville pourront prendre part à une danse collective à proximité de la porte de Jaffa », ont-ils précisé.

« Notre responsabilité envers la sécurité des participants nous a convaincus de procéder à ces aménagements, décidés en coordination avec la police israélienne », ont expliqué les organisateurs.

Les organisateurs ont également décidé que l’événement majeur de la marche serait la danse organisée hors des murs de la Vieille Ville. Ceux qui n’auront pas la possibilité d’accéder au mur Occidental pourront y aller plus tard, au fur et à mesure de la progression de la foule.

Des milliers d’Israéliens brandissent des drapeaux alors qu’ils célèbrent Son Yierushalayim au mur Occidental, le 24 mai 2017. (Crédit : Mendy Hechtman/Flash90)

Jérusalem est depuis des semaines sur le qui-vive, en raison des tensions autour du mont du Temple.

La semaine passée, le ministre de la Sécurité intérieure et autorité de tutelle de la police, Omer Barlev, a annoncé que la marche, prévue le 29 mai, suivrait l’itinéraire habituel. En 2021, l’itinéraire avait dû être été modifié en dernière minute pour éviter la conflagration, ce qui n’avait pas dissuadé le Hamas de tirer des roquettes sur Jérusalem, déclenchant un conflit long de 11 jours.

Selon l’itinéraire approuvé par Barlev, les manifestants emprunteront la rue Jaffa jusqu’à la porte de Damas, qui sera fermée aux Palestiniens. Dans la Vieille Ville, ils emprunteront la rue Hagai, dans le quartier musulman, avant d’arriver au mur Occidental, leur étape finale.

L’annonce de Barlev a suscité la controverse au sein de la coalition, les députés de gauche critiquant une décision susceptible, selon eux, de provoquer une escalade avec les groupes terroristes palestiniens. Les ministres Yair Lapid et Benny Gantz auraient, quant à eux, exprimé leurs réserves.

Célébration de la prise par Israël de la Vieille Ville et de Jérusalem-Est à la Jordanie lors de la guerre des Six Jour, en 1967, Yom Yeroushalayim est un événement prisé des religieux nationalistes, et notamment des jeunes qui défilent en dansant avec des drapeaux israéliens. Les Palestiniens considèrent cette marche comme une provocation.

À l’annonce de l’itinéraire, les groupes terroristes palestiniens ont mis en garde contre la tenue de l’événement.

Des Israéliens agitent des drapeaux israéliens et dansent pendant la Marche des Drapeaux devant la porte de Damas de la Vieille Ville de Jérusalem, en célébration de l’annexion de la partie orientale de Jérusalem en 1967, le 15 juin 2021. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

« Je veux clairement mettre en garde l’ennemi contre la perpétration de ces crimes et la prise de ces mesures. Le peuple palestinien, dirigé par la résistance – en particulier en Cisjordanie et à Jérusalem – ne laissera pas ces bêtises juives talmudiques impunies », a déclaré le chef du Hamas, Ismail Haniyeh, cette semaine.

« Notre décision est claire et nette… Nous résisterons de toutes nos forces, et nous opposerons à la profanation de la mosquée Al-Aqsa comme aux violences dans les rues de Jérusalem », a-t-il déclaré.

La marche se tiendra, cette année encore, dans un contexte de fortes tensions entre Israël et Palestiniens. Depuis le 22 mars, des attentats terroristes meurtriers endeuillent régulièrement les villes israéliennes. À ce jour, 19 personnes ont perdu la vie dans ce qui constitue le déchainement de violence le plus sanglant depuis des années, en temps de paix.

Les opérations anti-terroristes israéliennes en Cisjordanie ont fait au moins 30 morts côté palestinien au cours de la même période, principalement des hommes armés impliqués dans des tirs avec des soldats israéliens ou qui avaient pris part à de violents affrontements. Des civils non impliqués semblent également avoir été tués, telle la journaliste d’Al Jazeera, Shireen Abu Akleh, abattue dans des circonstances encore non éclaircies lors d’affrontements entre soldats israéliens et hommes armés palestiniens il y a deux semaines à Jénine. Un tollé international avait suivi.

Le chef de la police, Kobi Shabtai, a expliqué lundi sa décision d’autoriser la marche à traverser des quartiers de la Vieille Ville à majorité palestinienne comme illustration de « la liberté de culte, de protestation et d’expression, pour tous ».

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