Merkel soutient la demande d’Israël de retrait des troupes iraniennes de Syrie
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Merkel soutient la demande d’Israël de retrait des troupes iraniennes de Syrie

Accueillant Netanyahu à Berlin, la Chancelière déclare que l'influence régionale de l'Iran est "inquiétante" ; le Premier ministre prédit une "nouvelle guerre de religion"

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

La chancelière allemande Angela Merkel a déclaré lundi au Premier ministre Benjamin Netanyahu qu’elle est d’accord avec Israël qui demande que les troupes iraniennes se retirent de Syrie, en particulier de la zone proche de la frontière israélienne.

« L’influence régionale de l’Iran est inquiétante », a-t-elle déclaré, ajoutant que son gouvernement utiliserait des moyens « diplomatiques » pour y faire face.

Annonçant lors d’une conférence de presse conjointe à Berlin qu’elle et d’autres représentants du gouvernement prévoyaient de se rendre en Israël début octobre, Mme Merkel a déclaré qu’il fallait « discuter » de la présence de Téhéran en Syrie. Elle a également condamné les tweets fortement anti-israéliens de la République islamique.

Dimanche, le Guide suprême iranien, l’Ayatollah Ali Khamenei, a qualifié l’Etat juif de « tumeur cancéreuse » de la région qui doit être « enlevée et éradiquée ».

« Il est incroyable qu’au début du XXIe siècle, quelqu’un parle de détruire Israël », a déclaré M. Netanyahu. « Cela signifie détruire plus de six millions d’autres Juifs. C’est vraiment extraordinaire que cela continue, mais c’est ce à quoi nous sommes confrontés. »

Mme Merkel a déclaré « nous condamnons fermement les propos des dirigeants iraniens », tout en réaffirmant que l’accord nucléaire de 2015 était le meilleur moyen d’empêcher l’Iran de se doter d’armes atomiques.

« Nous ne sommes pas d’accord sur tous les sujets, mais nous sommes amis, nous sommes partenaires », a déclaré Mme Merkel à propos du dirigeant israélien en visite.

La chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu donnent une conférence de presse après une réunion à la Chancellerie à Berlin le 4 juin 2018. (AFP PHOTO / Tobias SCHWARZ)

Le président américain Donald Trump s’est retiré de l’accord le 8 mai, avec l’encouragement et le soutien enthousiastes de Netanyahu.

Les États-Unis et Israël espèrent tous deux que le retrait de Trump permettra à toutes les parties de s’attaquer aux lacunes de l’accord – et notamment aux dispositions « sunset » qui mettent un terme aux restrictions imposées contre les activités nucléaires iraniennes, comme l’enrichissement de l’uranium, tout en permettant à l’Iran de continuer à développer des missiles à longue portée.

Merkel, comme d’autres dirigeants européens avec qui Netanyahu doit se réunir plus tard cette semaine, a exhorté Trump à rester dans l’accord, connu sous le nom de Plan d’action global conjoint.

Alors qu’il décollait pour Berlin lundi, première étape d’une série de visites avec les dirigeants européens, Netanyahu a indiqué que l’Iran serait le seul et unique sujet à son ordre du jour.

Le Premier ministre rencontrera également le Président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Theresa May, tous deux signataires de l’accord, afin d’obtenir un soutien en vue de modifier l’accord nucléaire avec l’Iran et de faire sortir les troupes iraniennes de Syrie.

Lors de la conférence de presse de lundi, les deux dirigeants ont convenu qu’il était important que l’Agence internationale de l’énergie atomique examine les archives secrètes du nucléaire iranien qu’Israël a fait sortir clandestinement de Téhéran plus tôt cette année et que Netanyahu a dévoilé au monde entier à la fin du mois d’avril.

Netanyahu a averti Merkel que la présence de l’Iran en Syrie devrait également inquiéter l’Allemagne, étant donné que les milices chiites avaient l’intention de convertir les musulmans sunnites à leur croyance, avec pour résultat qu’une « nouvelle guerre de religion » éclaterait au Moyen-Orient et provoquerait d’autres vagues de réfugiés vers l’Europe.

« La présence militaire iranienne en Syrie compte actuellement environ 18 000 miliciens chiites, commandés par des officiers iraniens. Ces milices chiites viennent d’Afghanistan, du Pakistan, d’autres endroits, et elles ont un but spécifique, un but militaire, mais aussi un but religieux », a expliqué M. Netanyahu.

« L’Iran veut porter le nombre de ces milices à 80 000 et mener une guerre religieuse dans une Syrie largement sunnite. La Syrie est à 96 % sunnite, mais essayez de convertir les sunnites. Cela va déclencher une nouvelle guerre de religion. Cette fois une guerre de religion sur le territoire syrien, dont les conséquences seraient beaucoup, beaucoup plus de réfugiés et vous savez pertinemment où ils débarqueront ».

Israël craint qu’à mesure que la guerre civile syrienne s’achève, l’Iran, dont les forces et les mandataires chiites ont soutenu le président Bashar el-Assad, tourne son attention vers Israël.

L’armée de l’air israélienne aurait effectué un certain nombre de frappes aériennes sur les positions iraniennes en Syrie. Le mois dernier, les ennemis acharnés se sont ouvertement affrontés lorsque l’Iran a tiré des douzaines de roquettes sur des positions israéliennes sur le plateau du Golan, et Israël a réagi en frappant plusieurs cibles iraniennes en Syrie.

Des soldats libanais inspectent les restes d’un missile sol-air syrien qui aurait été tiré sur des avions de chasse israéliens au cours d’une vaste campagne aérienne contre des cibles iraniennes en Syrie, qui est tombé près du village d’Hebarieh, dans le sud du Liban, le 10 mai 2018. (Ali Dia/AFP)

La semaine dernière, il a été rapporté qu’Israël et la Russie avaient conclu un accord pour chasser les forces iraniennes du sud de la Syrie, tout en donnant à Israël le feu vert pour frapper les cibles iraniennes en Syrie.

L’accord annoncé prévoit que les forces iraniennes quitteraient le sud-ouest de la Syrie, tout en permettant à Israël de frapper les installations iraniennes au plus profond du pays. Israël a accepté de ne pas attaquer les cibles du régime syrien, selon un rapport publié dans le journal arabe Asharq Al-Awsat.

Abordant la question des pourparlers de paix en suspens depuis longtemps avec les Palestiniens, Netanyahu a déclaré : « Notre main est toujours tendue vers la paix », tout en soutenant que l’amélioration des relations d’Israël avec les États arabes était la « voie la plus prometteuse ».

Merkel a ajouté : « Nous ne sommes pas d’accord sur tous les sujets. Mais nous sommes partenaires, nous sommes amis. »

Alors que la dirigeante allemande a réitéré la nécessité d’une solution à deux États, Netanyahu a déclaré qu’il n’y aurait pas de progrès tant que les Palestiniens n’auraient pas reconnu le droit de l’État juif à exister.

« Il y a des changements qui sont en cours dans la région et je pense qu’ils sont très prometteurs », a expliqué M. Netanyahu, faisant référence aux contacts « qui se développent » entre Israël et les États arabes.

« Ils se sont évidemment développés en raison de notre préoccupation commune concernant l’Iran et ses desseins belliqueux, mais je pense qu’ils vont bien au-delà, parce que de nombreux États arabes reconnaissent qu’Israël peut contribuer sur le plan technologique au développement de leurs sociétés, à une vie meilleure pour leur peuple », a-t-il ajouté.

« Ce n’est peut-être pas encore le cas aujourd’hui, mais je crois que ce le sera demain. Et c’est dans ce but que nous travaillons tous : Un avenir meilleur. »

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