Migrants africains : Soros nie être à l’origine d’une initiative anti-expulsion
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Migrants africains : Soros nie être à l’origine d’une initiative anti-expulsion

Le milliardaire juif répond aux accusations de Netanyahu : "c'est mal d'expulser de force les demandeurs d'asile vers des pays où ils peuvent être poursuivis ou tués"

George Soros sur la scène du Lincoln Center, à New York, le 18 avril 2017. (Crédit : Andrew Toth/Getty Images for Physicians for Human Rights/AFP)
George Soros sur la scène du Lincoln Center, à New York, le 18 avril 2017. (Crédit : Andrew Toth/Getty Images for Physicians for Human Rights/AFP)

George Soros a rejeté les propos tenus dimanche par le Premier ministre Netanyahu, qui a allégué que le milliardaire juif était à l’origine du financement d’une vaste campagne contre le plan gouvernemental israélien d’expulsion des migrants et demandeurs d’asile africains.

« Contrairement aux fausses accusations lancées par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, George Soros ne finance aucun mouvement de protestation contre le plan d’Israël qui prévoit l’expulsion de milliers de demandeurs d’asile africains », a indiqué un porte-parole de Soros aux médias israéliens.

« Soros estime toutefois que, conformément à la convention sur les réfugiés de 1951 et à la loi internationale, c’est mal de renvoyer sous la contrainte les demandeurs d’asile dans des pays où ils peuvent être poursuivis ou tués ».

Netanyahu avait tenu ces propos au sujet de l’homme d’affaires progressiste né en Hongrie au cours d’une réunion des ministres de son parti du Likud, en réponse au ministre des Sciences Ofir Akunis qui avait indiqué que les organisations locales d’aide touchaient leurs fonds auprès de gouvernements et de fondations étrangères.

« George Soros finance lui aussi les manifestations », avait dit Netanyahu selon des informations ayant fuité de la réunion transmises par la Dixième chaîne et Haaretz. Il avait également ajouté que l’ancien président américain Barack Obama « a expulsé deux millions d’infiltrés et qu’on n’a rien dit ».

Netanyahu a également indiqué en fin de journée dimanche que l’ONG du Nouveau fonds israélien finançait également des mouvements de protestation contre l’expulsion des migrants africains du pays. Soros a, dans le passé, versé des fonds à cette organisation.

« Cela ne nous aidera pas. Aujourd’hui, nous avons lancé une opération pour faire partir les infiltrés clandestins d’Israël comme le font tous les pays modernes, et en particulier les Etats-Unis », a écrit le Premier ministre dans une publication sur Facebook. « Tout comme nous avons bloqué l’infiltration en Israël avec la clôture que j’ai fait installer sur la frontière avec le Sinaï, je tiendrai ma promesse de faire partir du pays les clandestins ».

Netanyahu a ajouté un lien avec un article paru sur le site d’information de droite Mida, qui mentionnait un courrier du Nouveau fonds israélien, indiquant qu’il ferait une donation spéciale en faveur de la campagne contre l’expulsion des demandeurs d’asile du pays.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu préside la réunion hebdomadaire de cabinet à son bureau de Jérusalem le 4 février 2018 (Crédit : / AFP PHOTO / POOL / JIM HOLLANDER)

Soros qui, au cours de ces dernières années, a soutenu des groupes d’opposants à la politique menée par le gouvernement, est devenu la bête noire de la droite pro-israélienne.

Les antisémites attaquent également régulièrement Soros, survivant de la Shoah, qu’ils considèrent comme faisant partie intégrante d’une conspiration juive ourdie dans le but de manipuler les marchés et les gouvernements étrangers.

Les propos de Netanyahu font écho à une campagne publique qui avait commencé l’année dernière contre Soros de la part du Premier ministre hongrois Viktor Orban. Ce dernier avait accusé le vieil homme de 87 ans d’orchestrer l’immigration en Europe depuis le début de la crise des réfugiés en 2015 et qui l’avait désigné comme « ennemi public ».

Le visage de Soros avait été placardé sur les panneaux d’affichage de tout le pays au cours d’une campagne de « consultation nationale » qui avait dénoncé un prétendu « plan Soros » pro-immigration.

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