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Ned Price : les sanctions israéliennes contre l’AP vont « exacerber les tensions »

Le département d'État estime que les mesures punitives sont tout aussi néfastes que la pression palestinienne "contre-productive" pour obtenir un avis de la CIJ sur "l'occupation"

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le président américain Joe Biden, à gauche, reçu par le dirigeant de l'Autorité palestinienne Mahmud Abbas, à Bethléem, en Cisjordanie, le 15 juillet 2022. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)
Le président américain Joe Biden, à gauche, reçu par le dirigeant de l'Autorité palestinienne Mahmud Abbas, à Bethléem, en Cisjordanie, le 15 juillet 2022. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Le porte-parole du Département d’Etat américain, Ned Price, a condamné lundi les sanctions approuvées par le gouvernement israélien à l’encontre de l’Autorité palestinienne (AP) suite à la tentative réussie de Ramallah de faire intervenir la Cour Internationale de Justice (CIJ) sur la conduite d’Israël dans les territoires palestiniens.

Price a qualifié les sanctions imposées par Israël de « réponse unilatérale » qui « exacerbera les tensions », tout en notant qu’elles ne sont pas moins problématiques aux yeux de Washington que la tentative de l’AP d’obtenir un avis consultatif de la CIJ à l’ONU le mois dernier.

« C’est en partie la raison pour laquelle nous nous sommes opposés à la démarche palestinienne concernant la CIJ, sachant qu’elle ne servirait potentiellement qu’à accroître les tensions », a déclaré Price, après avoir été interrogé sur le sujet lors du point presse quotidien. « Nous pensons que [la démarche palestinienne à l’ONU] était contre-productive, ne faisant qu’éloigner les parties de l’objectif d’une solution négociée à deux États. »

Il a ajouté que des responsables de l’administration Biden discutaient de la question avec des responsables israéliens et palestiniens en privé.

Les sanctions approuvées vendredi dernier par le cabinet de sécurité israélien prévoyaient de prélever une partie des recettes fiscales perçues par Israël pour le compte de l’AP et de les reverser aux victimes israéliennes du terrorisme palestinien ; de déduire de ces recettes les paiements effectués par l’AP en faveur des terroristes, des attaquants, des prisonniers de sécurité palestiniens et de leurs familles ; de geler les constructions palestiniennes dans la majeure partie de la Cisjordanie et de révoquer les permis d’entrée en Israël de hauts responsables palestiniens.

Le Premier ministre de l’Autorité palestinienne, Mohammad Shtayyeh, a estimé, dans une rare interview accordée au quotidien Haaretz et publiée lundi, que les sanctions pourraient entraîner l’effondrement de l’AP.

Le Premier ministre de l’Autorité palestinienne, Mohammad Shtayyeh, deuxième à gauche, visite le bureau de l’organisation de défense des droits de l’homme al-Haq qui a fait l’objet d’un raid des forces israéliennes, dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 18 août 2022. (Crédit : AP Photo/Nasser Nasser)

Il a également affirmé qu’Israël profitait activement du conflit en prélevant une commission mensuelle de 30 millions de shekels déduite des paiements pour divers services fournis à l’AP.

Le vote du cabinet de sécurité représente une rupture avec la politique du gouvernement précédent qui, à plusieurs égards, cherchait à renforcer l’AP, craignant que son effondrement ne fasse que renforcer les forces palestiniennes plus extrêmes, comme le Hamas ou le Jihad islamique. Par ailleurs, les Premiers ministres Naftali Bennett et Yair Lapid n’ont pas voulu rencontrer le président de l’AP, Mahmoud Abbas, et encore moins négocier avec lui une solution à deux États.

Netanyahu, qui se targue depuis longtemps de ses initiatives visant à isoler l’AP, a constitué le gouvernement le plus à droite de l’histoire d’Israël, composé de nombreux législateurs favorables au démantèlement de l’AP et la considérant comme un organisme incitant au terrorisme. Ils ne partagent pas l’avis de l’establishment de la Défense, qui souligne l’importance de la coopération d’Israël avec l’AP en matière de sécurité et qui a poussé les gouvernements successifs à empêcher sa dissolution. Le ministre des Finances Bezalel Smotrich a déclaré dimanche qu’il n’avait « aucun intérêt » à ce que l’AP continue d’exister, tant qu’elle encourage le terrorisme et est un ennemi.

Cette position radicale est susceptible d’être une source de tensions dans les relations entre Israël et les États-Unis, étant donné le soutien de ces derniers à l’amélioration des relations israélo-palestiniennes. L’administration Biden est également préoccupée par les plans du nouveau gouvernement visant à étendre la présence israélienne en Cisjordanie en construisant davantage dans les implantations, en légalisant les avant-postes illégaux et en étouffant l’expansion palestinienne dans la zone C – les 60 % de la Cisjordanie où Israël se voit accorder une sécurité temporaire et un contrôle civil dans le cadre des accords d’Oslo.

La décision d’imposer des sanctions à Israël est intervenue environ une semaine après que l’Assemblée générale des Nations unies a voté une résolution demandant à la CIJ de soumettre un avis juridique déterminant si « l’occupation » des Palestiniens par Israël est permanente et recommandant les mesures à prendre si tel est le cas.

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