Négociateur du Likud : Les exigences de Liberman étaient « insensées et bizarres »
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Négociateur du Likud : Les exigences de Liberman étaient « insensées et bizarres »

Yariv Levin dit que le dirigeant de Yisrael Beytenu a trompé ses électeurs, conduisant à de nouvelles élections ; en réponse, Yisrael Beytenu le qualifie de "fieffé menteur"

Le ministre du Tourisme Yariv Levin arrive à une réunion du Likud, le 28 mai 2019, à Jérusalem. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre du Tourisme Yariv Levin arrive à une réunion du Likud, le 28 mai 2019, à Jérusalem. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre du Tourisme Yariv Levin, qui a mené les pourparlers de coalition du Likud ces dernières semaines, a accusé jeudi matin Yisrael Beytenu d’avoir fait des demandes « insensées » tout au long du processus de négociation.

Le chef d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, avait demandé « trois ministères et cinq portefeuilles » ainsi que de nombreuses autres « demandes bizarres », a-t-il affirmé.

« Les autres partenaires ont agi de manière responsable et se sont préparés à des compromis d’une grande portée », a déclaré M. Levin. « Tout le monde était d’accord pour que Liberman reçoive [beaucoup plus], pourvu qu’il n’ait pas une excuse ou une raison pour ne pas entrer au gouvernement ».

Ses déclarations sont intervenues quelques heures après que la Knesset a voté sa dissolution et que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fixé de nouvelles élections pour le 17 septembre – le deuxième scrutin national cette année – apparemment pour éviter toute perspective de perdre le poste de Premier ministre. Cette décision a été prise après que les efforts intenses du Likud, qui ont duré des semaines et des semaines, pour combler le fossé entre les partis de Liberman et des ultra-orthodoxes qui a échoué.

Levin a accusé Liberman d’avoir fait tomber deux gouvernements en quelques mois, citant la démission du dirigeant de Yisrael Beytenu en novembre comme ministre de la Défense, qui a précipité la dissolution de la Knesset précédente.

Il a également rejeté l’affirmation de Liberman selon laquelle il défendait les principes laïcs face aux exigences déraisonnables des ultra-orthodoxes.

« Si vous vous engagez à l’avance à entrer dans un gouvernement de droite, vous savez qu’il aura une composante de partis Haredi », ajouta-t-il. « J’ai l’impression qu’en fin de compte, la façon dont il s’est conduit a été une tromperie par rapport à ses électeurs. »

Avigdor Liberman (à droite) et Yariv Levin durant les pourparlers pour la coalition, jeudi matin, le 19 mai 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Yisrael Beytenu a répondu que « Yariv Levin devrait entrer dans le Livre Guinness des records du monde comme le plus grand menteur dans les négociations de la coalition israélienne ».

Zeev Elkin, le ministre de la Protection de l’environnement du Likud, a déclaré jeudi à la Treizième chaîne que « la bulle de Yisrael Beytenu et Avigdor Liberman comme parti de droite a éclaté » et il espère que le public va « apprendre à ne plus donner de pouvoir aux petits partis ».

L’échange du matin s’inscrivait dans la continuité d’un jeu de va-et-vient qui s’est intensifié dans la nuit, après que la Knesset a voté la dissolution consécutive au fait que le Likud ne soit pas parvenu à former une coalition.

Quelques heures avant la date limite de minuit pour former la coalition, tant le parti ultra-orthodoxe Yahadout HaTorah que Yisrael Beytenu ont refusé une offre de Netanyahu qui, dans un clin d’œil à Liberman, aurait avancé la version ministérielle d’un projet de loi régissant l’enrôlement des ultra-orthodoxes dans l’armée. En même temps – pour apaiser les Haredim – le compromis ne garantirait pas que le projet de loi soit adopté.

Dans la foulée des élections du 9 avril, Liberman avait déclaré à plusieurs reprises qu’il soutenait Netanyahu comme Premier ministre, mais qu’il ne rejoindrait le gouvernement que si la Knesset précédente s’était engagée à adopter, sans modification, la version du ministère de la Défense, qui était présentée sous la présidence du Premier ministre, et dont le projet de loi avait été présenté à la Knesset. Ce projet de loi est contesté par les partis ultra-orthodoxes, qui veulent en assouplir les termes. Netanyahu avait besoin d’Yisrael Beytenu et des partis ultra-orthodoxes de la Knesset pour former un gouvernement majoritaire.

Le ministre du Likud Zeev Elkin s’exprime à la Knesset, le 20 mai 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Netanyahu a lancé une diatribe contre Liberman dans les premières heures de jeudi matin, l’accusant « d’entraîner le pays dans des élections inutiles ».

« Avigdor Liberman fait maintenant partie de la gauche. Il fait tomber des gouvernements de droite. Ne le croyez plus jamais. Je vous raconterai ça demain. Peut-être que je vais vous apprendre des choses que vous ne savez pas. Il a trompé les électeurs juste pour obtenir des suffrages », a accusé Netanyahu.

Entre-temps, Liberman a accusé le Likud de céder aux factions ultra-orthodoxes, affirmant que cela avait conduit à l’échec des négociations de coalition et à la tenue de nouvelles élections en septembre.

« Malheureusement, Israël va réorganiser des élections en raison du refus du Likud et des partis ultra-orthodoxes d’accepter notre proposition et de voter sur le projet de loi en deuxième et troisième lectures dans sa version originale », a dit M. Liberman.

« Nous avons accepté que les députés ultra-orthodoxes ne participent pas au vote, et toutes les propositions de compromis [des autres partis] visaient à prolonger le délai et à dissoudre la loi. C’est une reddition envers les ultra-orthodoxes. Nous faisons partie d’un gouvernement de droite, mais nous ne ferons pas partie d’un gouvernement halakhique« , a-t-il dit, faisant référence à la loi religieuse juive.

Yaakov Litzman de Yahadout HaTorah, à son tour, a attaqué Liberman, le blâmant pour la deuxième élection nationale sans précédent.

« Liberman a choisi une campagne d’incitation contre le public ultra-orthodoxe et la Torah et s’est servi de nous pour empêcher Netanyahu de former un gouvernement », a-t-il déclaré à la radio publique Kan.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’entretient avec la presse à la suite d’un vote sur un projet de loi visant à dissoudre la Knesset le 29 mai 2019, à la Knesset à Jérusalem. (Menahem KAHANA / AFP)

Le chef du parti ultra-orthodoxe Shas, Aryeh Deri, est également intervenu, affirmant que le Premier ministre avait dit pendant les négociations que Liberman essayait de le contrecarrer.

« Je me suis excusé auprès de Netanyahu ce soir pour l’avoir persuadé pendant un mois que Liberman allait entrer au gouvernement. Il m’a dit tout le temps que Liberman agissait contre lui et ne voulait pas se joindre à la coalition, et il avait raison », a dit Deri aux membres de sa faction mercredi soir.

Netanyahu a dit qu’il gagnerait les prochaines élections.

« Le public en Israël a pris une décision claire. Il a décidé que je serai Premier ministre, que le Likud dirigerait le gouvernement, un gouvernement de droite. Le public a voté pour moi pour diriger l’État d’Israël », a déclaré M. Netanyahu à la presse.

« Beaucoup de partis ont dit qu’ils soutiendraient Netanyahu. Et le public a fait une déclaration claire… Liberman a dit qu’il m’appuierait en tant que Premier ministre, mais il n’avait aucune intention, dès le début, de faire ce qu’il a dit qu’il allait faire », a ajouté M. Netanyahu.

Le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, a critiqué Netanyahu jeudi, affirmant que les problèmes juridiques du Premier ministre et sa détermination à se protéger contre les poursuites ont conduit à la décision d’envoyer le pays pour de nouvelles élections cette année, un précédent.

« Le pays va connaître à nouveau trois mois de folie avec un coût de centaines de millions de shekels. Au lieu d’être investis dans les hôpitaux, les personnes âgées, les survivants de la Shoah ou quoi que ce soit d’autre, ils seront réinvestis dans les élections », a-t-il dit.

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