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Ouverture de la session d’été de la Knesset : ajournement sur la réforme judiciaire

Netanyahu à l’opposition : « Tout ce que vous dites lors des pourparlers, c’est non, non, non » ; Lapid: Si le Premier ministre se soucie de l’unité, il doit renoncer à la réforme

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprime lors d’un débat à la Knesset, le 1er mai 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprime lors d’un débat à la Knesset, le 1er mai 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un jour après l’ouverture de la session d’été de la Knesset, les tensions sont rapidement montées en séance plénière.

Lundi, un débat a débouché sur un échange d’amabilités entre la coalition et l’opposition sur le projet de réforme judiciaire, actuellement en suspens.

La Knesset s’est réunie pour un débat dit des « 40 signatures », demandant la présence du Premier ministre.

Les députés de l’opposition avaient recueilli le nombre requis de signatures pour convoquer cette réunion axée sur la question de l’adoption d’une Constitution.

Dans le cadre de leur opposition à l’évolution radicale des lois fondamentales semi-constitutionnelles d’Israël qu’emporte le projet de reforme judiciaire, les députés de l’opposition appellent en effet Israël à se doter d’une constitution, inspirée par la Déclaration d’indépendance de 1948.

Au final, le débat a surtout porté sur la reforme judiciaire, chacune des parties accusant l’autre de faire obstacle à l’adoption d’une solution.

Après avoir rappelé son engagement à parvenir à un consensus sur la réforme judiciaire lors des pourparlers placés sous les auspices du président Isaac Herzog, le Premier ministre a reproché à l’opposition son intransigeance, qui selon lui empêche l’adoption d’un compromis.

Le chef de l’opposition, et par ailleurs chef du parti Yesh Atid, le député Yair Lapid, a répondu à Netanyahu que s’il voulait vraiment l’unité, il renoncerait au projet de réforme et se concentrerait sur les questions réellement importantes pour la population.

Les opposants au projet de réforme estiment qu’il aura pour effet de priver la Cour Suprême de son tôle de contrepouvoir sur le parlement et le gouvernement.

Le gouvernement et ses partisans considèrent, au contraire, qu’elle est nécessaire pour réfréner l’activisme de la Cour.

Herzog a organisé, à sa résidence officielle à Jérusalem, les négociations destinées à trouver un compromis entre représentants du gouvernement et de l’opposition, à ce jour sans succès.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprime lors d’un débat à la Knesset, le 1er mai 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Vous ne parlez que de dialogue, mais lors des pourparlers, vous dites : ‘Non, non, non, non’. Je serais heureux de savoir ce que vous acceptez », a déclaré Netanyahu aux députés.

« Je vous demande d’écouter, de revenir à la raison, de tracer une nouvelle voie et d’entamer de vraies discussions avec nous pour tenter de parvenir à un accord. »

Netanyahu a qualifié les critiques de l’opposition exprimées lors de la réunion à la Knesset de « calomnies et de provocations » et déclaré que les centaines de milliers de personnes qui manifestaient régulièrement, pour ou contre la réforme, étaient « une preuve du dynamisme de notre démocratie ».

Le député du parti Yesh Atid, Yair Lapid, prend la parole lors d’un débat à la Knesset, le 1er mai 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

En réponse au discours de Netanyahu en plénière, le chef de l’opposition, Yair Lapid, a réitéré son appel à la coalition pour qu’elle mette de côté ses propositions de réforme judiciaire.

« Si l’unité de la nation est importante pour vous, alors arrêtez, et tout rentrera dans l’ordre », a déclaré Lapid à la Knesset.

« Si vous faites votre travail de gouvernement, le pays retrouvera son unité. »

« Nous continuerons à nous apostropher et je continuerai à penser que ce gouvernement est une terrible erreur, mais nous débattrons des questions qui sont vraiment importantes pour les citoyens israéliens, à savoir l’économie et la sécurité », a-t-il ajouté.

La députée Yesh Atid, Karine Elharrar, a déclaré aux députés qu’il « n’y a pas d’autre voie que l’adoption d’une constitution, une constitution qui garantisse les droits individuels. »

Le député Simcha Rothman, du parti d’extrême droite HaTzionout HaDatit, membre de la coalition, et à l’origine du projet de réforme judiciaire, a indiqué que certains voulaient une constitution « pour priver la Knesset de son pouvoir ».

Selon la Douzième chaine, lors de sa prise de parole, on a entendu fuser les mots « charlatan » et « menteur » entre les bancs de la Knesset.

Pour sa part, le chef du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a reproché à Netanyahu la hausse du coût de la vie, énumérant les articles de première nécessité dont les prix ont augmenté depuis que le nouveau gouvernement a pris le pouvoir.

« Vous menez l’économie israélienne à la crise », a accusé Liberman.

Netanyahu a quitté la salle plénière pendant une courte période et le député Avoda, Gilad Kariv, a demandé l’ajournement des débats jusqu’à son retour.

Le chef du parti Yisrael Beytenu, le député Avigdor Liberman, lors d’un débat à la Knesset à Jérusalem, le 1er mai 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Lors de ses prises de parole, Netanyahu a évoqué « l’action conjointe d’Israël et des États-Unis pour empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire », affirmant que l’Iran ne menaçait pas seulement Israël, « mais aussi les États-Unis et l’ensemble du monde libre ».

Avant les débats, a eu lieu la cérémonie d’ouverture de la session d’été, à laquelle a assisté le président de la Chambre des Représentants des États-Unis, Kevin McCarthy, qui a promis que les États-Unis continueraient à financer la sécurité d’Israël, tout en dénonçant les agressions iraniennes au Moyen-Orient ainsi que les efforts pour isoler Israël sur le plan international.

Avant cela, les partis représentés à la Knesset avaient tenu leur première réunion hebdomadaire de cette session d’été.

Le député de l’opposition Benny Gantz, à la tête du parti HaMahane HaMamlahti, a dit à ses députés qu’il n’y avait eu aucune avancée dans les négociations en vue d’un compromis sur la réforme judiciaire.

Netanyahu avait mis en sommeil le projet de réforme, à la toute fin de la session précédente, il y a de cela un mois, selon lui pour laisser le temps aux pourparlers, suite aux manifestations qui ont rassemblé des centaines de milliers d’Israéliens persuadés que la réforme ferait disparaitre la démocratie israélienne en supprimant les contrepouvoirs à l’exécutif.

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