Peur et défiance pour les Juifs de New York après l’attaque antisémite à Monsey
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Peur et défiance pour les Juifs de New York après l’attaque antisémite à Monsey

New York, qui compte la plus grande communauté juive en dehors d'Israël, a longtemps été un endroit où les Juifs se sentaient en sécurité

Des membres armés de la communauté juive montent la garde lors d'une célébration, le dimanche 29 décembre 2019, à Monsey, N.Y. Un jour auparavant, un homme armé d'un couteau avait fait irruption dans la maison d'un rabbin et avait poignardé plusieurs personnes alors qu'elles célébraient Hanoukka dans la communauté juive orthodoxe. (AP Photo/Ted Shaffrey)
Des membres armés de la communauté juive montent la garde lors d'une célébration, le dimanche 29 décembre 2019, à Monsey, N.Y. Un jour auparavant, un homme armé d'un couteau avait fait irruption dans la maison d'un rabbin et avait poignardé plusieurs personnes alors qu'elles célébraient Hanoukka dans la communauté juive orthodoxe. (AP Photo/Ted Shaffrey)

Devant une synagogue du quartier de Brooklyn à New York, la police et des civils bénévoles montent la garde lundi, alors que des juifs orthodoxes se rassemblent pour la fin de Hanoukka. Les fidèles expriment un mélange de peur et de défiance, deux jours après une attaque antisémite ayant eu lieu à seulement quelques dizaines de kilomètres de là.

Dans ce contexte de sécurité renforcée, ils se pressent à l’intérieur du siège mondial des juifs hassidiques Loubavitch.

« L’antisémitisme n’a jamais été si fort. C’est de plus en plus un problème. C’est fou », dit à l’AFP Chaim Kaplan, 23 ans, après avoir prié lundi matin.

New York, qui compte la plus grande communauté juive en dehors d’Israël, a longtemps été un endroit où les Juifs se sentaient en sécurité.

Mais après une attaque à l’arme blanche menée dans la résidence d’un rabbin vendredi soir près de New York, qui a fait cinq blessés, et une fusillade dans une épicerie casher de Jersey City dans la banlieue de New York, qui a tué Mindel Ferencz, 32 ans, Moshe Deutsch, 24 ans, Douglas Miguel Rodriguez, 49 ans et un policier du nom de Joe Seals début décembre, la communauté se demande si les choses ne sont pas en train de changer.

« Beaucoup de choses remontent à la surface. Les gens se sentent libres de faire ce qu’ils veulent », se lamente Menachem Shagalow, en tenant par la main son petit-fils alors qu’ils entrent dans la synagogue.

Le fondateur du groupe Guardian Angels Curtis Sliwa avec les membres de son organisation à Central Park, à New York, le 12 août 2015 (Crédit : Frank Franklin II/AP)

D’un geste et d’un « Dieu vous bénisse », un fidèle remercie les membres des « Anges gardiens« , une organisation de bénévoles, basée à New York, qui patrouillent dans les quartiers. « Nous nous assurons juste que tout le monde est en sécurité », dit l’un d’entre eux, Benjamin Garcia.

« Nous avons toujours été persécutés, c’est comme ça. Nous devons combattre cela armés d’amour », estime Chaim Kaplan. « Cela n’a jamais été dans l’habitude des Juifs de reculer. »

Lundi, le maire de New York Bill de Blasio a dénoncé une « crise » et « un problème croissant d’antisémitisme » aux Etats-Unis.

« Je dis à ma famille de continuer et de faire ce qu’ils ont à faire, aller à l’école et prier », explique Ron Fulop dans un autre quartier de New York, Williamsburg, où vivent également de nombreux juifs orthodoxes.

« Se cacher n’aide pas. La chose la plus importante est que nous priions pour être en sécurité », dit le quadragénaire à l’AFP.

Yitzchok Schwartz, 17 ans, dit lui vivre dans la peur d’autres attaques, même s’il se sent rassuré grâce au plus grand nombre d’officiers de police. « Nous avons peur », déclare-t-il à l’AFP. « On ne sait pas non plus quoi dire aux enfants pour qu’ils n’aient pas peur. »

Dans un rapport publié en avril, l’Anti-Defamation League (ADL), organisation de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, avait décompté 1 879 incidents à caractère antisémite en 2018 aux Etats-Unis, frôlant le triste record de 1 986 de 2017.

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