Pompeo poursuit sa tournée des pays arabes pour nouer des liens avec Israël
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Pompeo poursuit sa tournée des pays arabes pour nouer des liens avec Israël

Après l'accord conclu entre Israël et les Emirats arabes unis, le secrétaire d'Etat américain est arrivé mardi au Soudan dans le cadre de sa tournée régionale

Le secrétaire d'Etat Mike Pompeo s'exprime lors d'une conférence de presse au Département d'Etat, le mercredi 20 mai 2020 à Washington.(Crédit : Nicholas Kamm/Pool Photo via AP)
Le secrétaire d'Etat Mike Pompeo s'exprime lors d'une conférence de presse au Département d'Etat, le mercredi 20 mai 2020 à Washington.(Crédit : Nicholas Kamm/Pool Photo via AP)

Le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, est arrivé mardi au Soudan dans le cadre de sa tournée régionale pour tenter de convaincre d’autres pays arabes de normaliser leurs relations avec Israël dans le sillage des Emirats arabes unis.

C’est la première visite en quinze ans d’un chef de la diplomatie américaine dans ce pays depuis celle de Condoleezza Rice en 2005. Elle se déroule dans des conditions de sécurité renforcées.

Trajet symbolique aussi car M. Pompeo a quitté Israël pour le Soudan à bord du « premier vol officiel direct » entre Tel Aviv et Khartoum, les deux pays n’ayant jamais entretenu de relations diplomatiques.

Ils sont même techniquement en guerre et, durant les trente ans de pouvoir d’Omar el-Béchir, le Soudan a accueilli des islamistes radicaux, notamment Oussama ben Laden qui y a vécu de 1993 à 1996 avant de s’installer en Afghanistan.

C’est d’ailleurs pour punir le Soudan de ses mauvaises fréquentations que les Etats-Unis lui ont imposé des sanctions à partir des années 1990.

Les contacts entre Washington et Khartoum n’ont fait que se dégrader et, en 1997, leurs relations diplomatiques ont été abaissées au niveau de chargés d’affaires. Ce n’est qu’en janvier qu’ils ont renvoyé des ambassadeurs.

La chute d’Omar el-Béchir a en effet changé la donne.

« Bonne rencontre avec le secrétaire d’Etat Pompeo », a tweeté mardi en anglais le Premier ministre Abdallah Hamdok, après leur rencontre à Khartoum. « Nous avons eu une discussion directe et transparente concernant le retrait du Soudan de la liste des pays soutenant le terrorisme, (…) des relations bilatérales et le soutien du gouvernement américain » aux instances dirigeantes du Soudan.

Le nouveau gouvernement de transition, formé en septembre 2019 après les manifestations populaires ayant mis fin à trente ans de dictature, a décidé de se rapprocher des Etats-Unis et d’agir pour que le Soudan soit retiré de la liste noire des pays soutenant le terrorisme.

Les autorités soudanaises ont indiqué début août « être prêtes à continuer de travailler avec l’administration américaine, afin de favoriser un climat qui aidera à retirer le nom du Soudan de la liste des pays soutenant le terrorisme et a entrer dans un partenariat (avec les Etats-Unis) qui bénéficiera aux deux pays ».

Crise économique profonde

Les sanctions bloquent tout investissement dans ce pays qui connaît une crise économique profonde.

L’inflation atteint 143 % en glissement annuel et la monnaie ne cesse de se déprécier face au dollar, dans un contexte économique mondial fortement déprimé du fait de la pandémie de nouveau coronavirus.

Mike Pompeo doit aussi rencontrer mardi le général Abdel Fattah al-Burhane, qui préside le Conseil souverain à la tête du pays.

Ses discussions avec les dirigeants soudanais ont pour objectif « d’exprimer son soutien à un approfondissement des relations Israël-Soudan » et à la « transition » dans ce pays, selon le Département d’Etat.

La tâche ne sera pas facile.

La coalition des partis et de la société civile, qui a dirigé la contestation ayant renversé Omar al-Béchir, a affirmé mardi que le gouvernement n’avait pas de mandat pour normaliser les relations entre le Soudan et Israël.

Sheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan, prince héritier d’Abu Dhabi et vice-commandant suprême des forces des Emirats arabes unis, à droite, reçoit le général soudanais Abdel Fattah al-Burhan à l’aéroport présidentiel d’Abu Dhabi, aux EAU, le 26 mai 2019. (Crédit : Mohamed Al Hammadi/Ministry of Presidential Affairs via AP, File)

« Le gouvernement actuel est un gouvernement de transition qui gouverne en vertu d’un document constitutionnel n’ayant pas de mandat » sur la question de la normalisation des relations avec Israël, ont relevé dans un communiqué les Forces de la Liberté et du changement (FLC), soulignant « le droit des Palestiniens à leur terre et à une vie libre et digne ».

À l’issue d’un entretien en février avec le général Burhane en Ouganda, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait affirmé avoir convenus « d’entamer une coopération qui normalisera les relations entre les deux pays ». Mais le gouvernement soudanais avait ensuite démenti que la question de la « normalisation » ait été abordée.

Preuve qu’un tel processus d’entente aura du mal à passer : le porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères, Haidar Badawi Sadiq, qui avait créé la surprise le 18 août en reconnaissant implicitement des contacts entre son pays et Israël, a été révoqué le lendemain par son ministre qui a démenti ses propos.

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