Pour le grand rabbin iranien, Israël « ne se soucie pas du judaïsme »
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Pour le grand rabbin iranien, Israël « ne se soucie pas du judaïsme »

Yehuda Garami, dans un entretien en hébreu, dit que la communauté juive du pays a "une totale liberté de religion" et salue le général Soleimani, tué par les Américains

Le grand-rabbin iranien Yehuda Gerami lors d'un entretien avec une chaîne de télévision iranienne pour la journée al-Quds, le 22 mai 2020 (Capture d'écran : Twitter)
Le grand-rabbin iranien Yehuda Gerami lors d'un entretien avec une chaîne de télévision iranienne pour la journée al-Quds, le 22 mai 2020 (Capture d'écran : Twitter)

Le grand-rabbin de la communauté juive iranienne a accusé le gouvernement israélien de ne pas « se soucier du tout du judaïsme ». Il a aussi salué la mémoire du général Qassem Soleimani, un « héros national », tué par une attaque américaine au drone au début de l’année.

Dans un entretien en hébreu accordé à Al-Monitor qui a été publié dimanche et diffusé sur la Douzième chaîne israélienne, le rabbin Yehuda Garami a nié tout lien entre le judaïsme et le sionisme.

D’éminentes personnalités issues de la communauté juive, au sein de la république islamique – où le régime islamiste répète ouvertement vouloir la destruction d’Israël – se prêtent par intermittence à des déclarations anti-israéliennes, conformes à l’agenda des autorités du pays.

« Les gens ont tendance à être confus, mais il y a une grande différence entre sionisme et judaïsme. Le judaïsme est une religion vieille de 3 300 ans tandis que le sionisme est un mouvement national et politique qui n’est vieux que d’une centaine d’années. En tant que pays, l’Etat d’Israël n’a rien à voir avec la religion en général et avec le judaïsme en particulier », a-t-il déclaré.

Garami a nié la nature religieuse du conflit opposant l’Iran à Israël et il s’en est pris au gouvernement au sein de l’Etat juif.

« Le gouvernement israélien ne se soucie pas du tout du judaïsme. Tout ce qui est prétendument offert aux Orthodoxes est accordé en raison d’un accord politique ou autre, cela n’a rien à voir avec leur approche religieuse », a-t-il dit.

Garami a également évoqué l’entretien téléphonique au cours duquel il a présenté ses condoléances à la famille de Soleimani, à la tête des forces d’élite al-Quds des Gardiens de la révolution islamique.

Une fillette tient un portrait du commandant iranien Qassem Soleimani lors d’une manifestation anti-américaine contre le meurtre du commandant à Lahore, en Irak, le 12 janvier 2020 (Crédit : ARIF ALI / AFP)

« Ce que le monde occidental ne parvient pas à comprendre pleinement, c’est que Soleimani est un héros national iranien. Il est réellement admiré dans notre pays. Il a montré une formidable bravoure pendant la guerre Iran-Irak. Puis, dans la guerre en Syrie, c’est Soleimani qui a vaincu l’Etat islamique et cela a été très important aux yeux de la population iranienne », a-t-il continué.

Le rabbin a également indiqué que la communauté juive, en Iran, avait été relativement peu touchée par le coronavirus après avoir rapidement fermé les synagogues face à la propagation de la maladie.

Il a aussi expliqué que la communauté juive de la république islamique – la plus importante de la région après celle d’Israël – jouissait « d’une totale liberté de religion ».

« Contrairement à l’Europe, par exemple, il n’y a pas de gardiens à l’entrée de nos synagogues et de nos écoles, et notre sécurité personnelle est excellente. Bien sûr, il nous arrive parfois de rencontrer des gens qui sont antisémites mais ça arrive partout. La plus grande partie de la population nous respecte, elle vit en paix avec nous. Ce qui est important, c’est qu’en Iran, le concept d’attaques organisées contre les Juifs n’existe pas ».

Au mois de mai, Garami s’en était pris au Premier ministre Benjamin Netanyahu et aux Juifs israéliens alors que l’Iran célébrait sa Journée annuelle anti-israélienne al-Quds. Il avait déclaré dans un message en hébreu adressé aux Israéliens que « vous ne représentez pas le judaïsme ».

Avant la révolution islamique de 1979, il y avait environ 100 000 Juifs en Iran. Selon les chiffres du recensement iranien réalisé en 2016, ils sont moins de 10 000 aujourd’hui.

« Nous, les Juifs iraniens, voulons envoyer ce message aux sionistes et, avant tout, à Netanyahu. Sachez que vous, les sionistes, vous ne représentez pas le judaïsme et vous ne représentez pas les Juifs », avait dit Garami dans une déclaration diffusée sur une chaîne de télévision iranienne, le mois dernier.

« Vous ne représentez que l’idée d’un mouvement politique, dont les idées et les valeurs s’opposent à celles qui sont prônées dans la sainte Torah et dans la religion juive ».

« Nous condamnons avec force vos actions agressives et nous l’affirmons aux yeux du monde : Il y a une grande différence entre judaïsme et sionisme », avait continué Garami.

Le seul parlementaire juif iranien, Siamak Moreh Sedgh, avait pour sa part appelé les Juifs du monde entier à se soulever contre Israël, selon le site d’information Iran Front Page.

S’opposer à Israël est une obligation humanitaire et religieuse, avait martelé Moreh Sedgh, qui avait qualifié l’Etat d’Israël de « catastrophe du sionisme ».

Sedgh, un médecin qui est également directeur du Comité juif de Téhéran, représente sa communauté au Parlement depuis 2012 et il a fréquemment critiqué Israël. Il avait fait des déclarations anti-israéliennes similaires lors des Journées al-Quds, ces dernières années.

L’Iran cherche ouvertement à détruire Israël et le pays soutient financièrement les organisations terroristes, telles que le Hezbollah et le Hamas, qui sont engagées à annihiler l’Etat juif.

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