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'Dans les années 30 en Allemagne, l'extrême gauche n'a pas voulu choisir entre les sociaux démocrates et les nazis. Hitler a été élu par le suffrage universel'

Présidentielle/FN : Delanoë fait le parallèle avec l’arrivée au pouvoir des nazis

L'ex-maire de Paris regrette le front républicain qui s'était constitué pour faire élire Jacques Chirac face à Jean-Marie Le Pen après l'élimination de Lionel Jospin

Bertrand Delanoe (Crédit : cc by sa 3.0)
Bertrand Delanoe (Crédit : cc by sa 3.0)

L’ancien maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë a appelé vendredi à la « responsabilité » ceux qui ne voteraient pas Emmanuel Macron le 7 mai pour faire barrage au Front national, faisant un parallèle avec l’arrivée au pouvoir des nazis en Allemagne.

« Dans les années 30 en Allemagne, l’extrême gauche n’a pas voulu choisir entre les sociaux démocrates et les nazis. Hitler a été élu par le suffrage universel », a déclaré ce soutien de M. Macron sur RTL.

« Je ne culpabilise personne. J’appelle à la responsabilité, à la conscience et à la générosité. A un moment donné, il faut être pour la France avant d’être pour ses vieilles rancoeurs », a-t-il ajouté. Il a appelé Jean-Luc Mélenchon et Martine Aubry à voter pour le candidat d’En Marche! au second tour de l’élection présidentielle face à Marine Le Pen.

« Je connais Jean-Luc Mélenchon. Il a de la culture et le sens de l’histoire. Il doit aujourd’hui choisir, parce qu’il aime la France, parce qu’il sait, il doit voter Macron quitte après à combattre son programme économique s’il n’est pas d’accord », a dit l’ex-maire PS de la capitale.

Le candidat de La France insoumise, battu au premier tour, a affirmé qu’il ne donnerait pas de consigne de vote pour le second.

Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen (Crédit : AFP / Pool / Eliot Blondet)
Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen (Crédit : AFP / Pool / Eliot Blondet)

M. Delanoë s’est aussi adressé à la maire socialiste de Lille Martine Aubry, qui a appelé à faire barrage au FN sans citer le nom d’Emmanuel Macron.

« Je dis à Martine Aubry, ce bulletin Macron, il ne sent pas mauvais, il faut le prendre pour battre Mme Le Pen. Il ne sent pas mauvais, je ne me pince pas le nez », a-t-il déclaré.

« Martine Aubry a pris le bulletin Chirac et elle a eu raison, moi aussi je l’ai pris », a-t-il dit, faisant ainsi référence au second tour de l’élection présidentielle de 2002 lorsqu’un front républicain s’était constitué pour faire élire Jacques Chirac face à Jean-Marie Le Pen après l’élimination de Lionel Jospin.

« Je pense qu’il n’y a qu’un moyen de combattre le Front national, l’idéologie d’extrême droite, c’est de prendre le bulletin Macron », a dit l’ancien maire de Paris.

« Il faut résister à la tentation de la confusion (…) Nous avons neuf jours pour réfléchir, pour se dire +est-ce qu’il n’y aurait pas une faute morale grave à faciliter l’accession au pouvoir de Marine Le Pen+ », a-t-il encore lancé.

Martine Aubry (Crédit : CC BY SA 3.0)
Martine Aubry (Crédit : CC BY SA 3.0)

« Pour moi, je n’ai jamais pensé un seul instant qu’il y ait eu un doute sur le choix de mon bulletin de vote. Ça a été Chirac, ça a été Xavier Bertrand l’année dernière et ce sera bien sûr Macron le 7 mai », affirme Martine Aubry, la maire socialiste de Lille dans cet entretien, qui a été diffusé en fin d’après-midi par la radio RTL.

Au soir du premier tour, Mme Aubry, soutien du candidat socialiste éliminé Benoît Hamon, avait tweeté que « comme en 2002 (au second tour opposant Jacques Chirac à Jean-Marie Le Pen), tous les républicains doivent faire barrage au Front national », sans citer le nom d’Emmanuel Macron.

« Les mots ont leur importance. Il ne suffit pas de dire ‘on vote contre' », avait critiqué jeudi soir Manuel Valls. « Elle aurait du mal à voter pour quelqu’un qui était ministre de François Hollande, qui est un progressiste, certes qui a son parcours, qui s’est affirmé ? », avait demandé l’ancien Premier ministre.

Le combat contre le Front national « est mon ADN », a mis en avant la maire de Lille sur RTL.

« J’ai écrit, dès 1995, ce petit livre pour lutter contre l’extrême droite. En 2002, j’ai été la première à la télévision pour dire qu’il fallait voter pour Jacques Chirac », a ajouté Mme Aubry.

Elle a aussi espéré que Marine Le Pen « fera le plus bas score » au second tour de l’élection présidentielle, jugeant qu’avec la candidate du FN à l’Elysée, ce serait « la fin de la République et la fin de l’Europe ».

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