Rivlin appelle à la fin des divisions politiques qui ternissent Yom HaShoah
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Rivlin appelle à la fin des divisions politiques qui ternissent Yom HaShoah

Alors que la Journée du souvenir de la Shoah s'achève dans un contexte de querelles entre la gauche et la droite, le président appelle à l'unité et à commémorer ensemble la Shoah

Le président Reuven Rivlin lors de la cérémonie de clôture de Yom HaShoah au kibboutz Yad Mordechai, le 2 mai 2019. (Crédit : Mark Neiman, GPO)
Le président Reuven Rivlin lors de la cérémonie de clôture de Yom HaShoah au kibboutz Yad Mordechai, le 2 mai 2019. (Crédit : Mark Neiman, GPO)

Le président Reuven Rivlin a lancé un appel à l’unité de la société israélienne jeudi lors de la cérémonie clôturant Yom HaShoah.

Reuven Rivlin s’exprimait au terme de 24 heures de recueillement observé dans tout le pays en l’honneur des six millions de morts de la Shoah, en plein débat agité sur les sources modernes de l’antisémitisme.

« Depuis de nombreuses années, la gauche et la droite en Israël se battent autour de la mémoire, mais aujourd’hui, avec le temps, nous devons essayer de trouver un moyen de nous souvenir ensemble », a appelé de ses vœux le président, au kibboutz Yad Mordechai.

« Plus de gauche et de droite lorsqu’il s’agit du souvenir de la Shoah, plus de laïcs et de religieux, plus de sionistes et de non-sionistes, plus de séfarades et d’ashkénazes, mais un peuple qui se souvient ensemble, qui pleure ensemble ses morts, nos fils et nos filles », a-t-il exhorté.

L’ancien chef d’état-major de Benny Gantz, qui s’apprête à devenir le chef de l’opposition à la Knesset après que son parti Kakhol lavan a fini deuxième aux élections d’avril dernier, s’est également exprimé lors de l’événement.

Il a appelé les États-Unis et l’Europe à mener « une campagne sans compromis » « contre les forces extrémistes, dans les gouvernement et la rue ».

« Nous devons nous préparer à une longue campagne contre la haine extrémiste », a déclaré le dirigeant de Kakhol lavan.

Cette année, Yom HaShoah a été précédé par une fusillade dans une synagogue de Californie, le second drame de ce type en six mois, et une recrudescence de comportements antisémites en Europe et d’attaques violentes contre les Juifs aux États-Unis, alimentées par une montée du nationalisme.

Dans le même temps, nombreux sont ceux à avoir dénoncé la porosité entre certaines critiques d’Israël et l’antisémitisme, à l’image de la caricature publiée dans l’édition internationale du New York Times la semaine dernière et qui jouait sur des thématiques anti-juives classiques pour critiquer le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président américain Donald Trump.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le Premier ministre hongrois Viktor Orban, (à gauche), avec un rubik’s cube lors d’un forum commercial israélo-hongrois à Budapest, en Hongrie, le 19 juillet 2017 (Crédit : Haim Zach/GPO/Flash90)

Mercredi, début de la journée du souvenir, Reuven Rivlin avait déclaré qu’il fallait lutter contre l’antisémitisme venu des deux côtés de l’échiquier politique. Il a également dénoncé la volonté diplomatique d’Israël de nouer des liens avec les gouvernements de droite en Europe, dont certains refusent de reconnaître les atrocités commises pendant la Shoah, des remarques perçus comme une attaque implicite de Netanyahu qui tente de se rapprocher de la Hongrie, de la Pologne et d’autres pays.

Depuis sa prise de fonction en 2014, un rôle largement représentatif, Rivlin se sert de son poste pour appeler à la guérison des fractures droite-gauche, toute en célébrant la diversité démographique du pays.

Le chef de l’Etat a également rendu hommage au rabbin Menachem Mendel Taub, chef d’une dynastie hassidique décédé cette semaine à l’âge de 96 ans.

Le rabbin Menachem Mendel Taub (Crédit: Wikipédia)

Rescapé d’Auschwitz, Menachem Mendel Taub a dédié son existence à témoigner de la Shoah.

« Il ne voyait pas de droite et de gauche », a déclaré Rivlin à son sujet, soulevant qu’il n’avait jamais appartenu à aucun parti politique et qu’il avait déclaré dans un entretien, « Je déteste les partis, mais j’aime mes frères et mes sœurs qui en sont membres. »

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