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Sa mort était « prévisible », pleure le père du journaliste arabe-israélien tué

Muhammad Ijbaria affirme que son fils avait signalé des menaces à la police et critique l'absence d'arrestation de coupables ; un autre journaliste arabe craint d'être le prochain

La police sur les lieux où le journaliste arabe israélien Nadal Ijbaria a été abattu dans sa voiture dans la ville d'Umm al-Fahm, le 4 septembre 2022. (Crédit : Flash90)
La police sur les lieux où le journaliste arabe israélien Nadal Ijbaria a été abattu dans sa voiture dans la ville d'Umm al-Fahm, le 4 septembre 2022. (Crédit : Flash90)

Le père d’un journaliste arabe israélien tué par balle a déclaré lundi que son fils était menacé depuis un certain temps et qu’il avait porté l’affaire devant la police.

Dimanche, le journaliste Nadal Ijbaria a été retrouvé grièvement blessé dans sa voiture dans la ville arabe d’Umm al-Fahm, dans le nord du pays, et est décédé peu après à l’hôpital.

Son père, Muhammad Ijbaria, a déclaré à la Douzième chaîne que ce drame était prévisible.

« Mon fils s’est plaint. Pourquoi n’avons-nous toujours pas entendu parler d’une quelconque arrestation ? » a-t-il déclaré, exprimant sa frustration quant aux progrès de l’enquête de la police sur le meurtre.

Il a appelé la police à agir, « et aussi ceux qui supervisent la police doivent agir le plus vite possible ».

Muhammad a décrit Nadal comme « un homme agréable, aimé de tous, vous n’entendrez pas un seul mot négatif à son sujet dans toute la ville ». Il a assuré qu’il n’était lié d’aucune façon à la pègre.

Il a déploré le fait que, depuis des années, il n’y ait plus aucun sentiment de sécurité à Oum al-Fahm, un endroit qui, selon lui, était autrefois sûr, mais « maintenant, il est dangereux de se promener partout ».

Un autre résident d’Umm al-Fahm s’est plaint à la Douzième chaîne que les enquêtes sur les décès comme celui d’Ijabria avancent trop lentement.

Le résident, qui n’a pas été nommé dans le reportage, a déclaré « qu’ailleurs, s’il y avait une fusillade comme celle-ci ou un meurtre, nous aurions déjà entendu parler d’arrestations en quelques heures, ou tout au plus quelques jours. Ici, la procédure habituelle est que l’affaire n’est pas résolue et qu’il n’y a pas d’arrestations. »

Nadal Ijbaria, journaliste arabe israélien. (Autorisation)

Un autre journaliste arabe spécialisé dans les affaires criminelles, Hassan Shalan, une connaissance personnelle de longue date d’Ijbaria, a parlé aux médias israéliens lundi, avertissant qu’il pourrait être la prochaine cible.

Il a déclaré à la chaîne publique Kan qu’un membre de la famille d’Ijbari lui devait de l’argent et qu’il avait quitté la ville en raison du danger qu’il courait. Des menaces de mort ont alors été proférées contre Ijbari lui-même.

« Parce que les criminels n’ont pas pu attraper la personne qui leur devait de l’argent, ils ont menacé Ijbaria », a déclaré Shalan. Bien qu’Ijbaria ait porté l’affaire devant la police, « cela n’a pas du tout aidé ».

Mais Shalan a également ajouté que son ami a été assassiné « parce qu’il est journaliste » et a exprimé la crainte « d’être le prochain sur la liste. »

Shalan a déclaré qu’il recevait lui aussi des menaces d’éléments criminels l’avertissant d’arrêter de fouiner et de faire des reportages.

Ijbaria était rédacteur au site d’information Bldtna, qui rend compte des développements à Umm al-Fahm.

La députée Aida Touma-Sliman, de la Liste arabe unie a tweeté : « Si la police avait attrapé la personne qui a tiré il y a un an, le meurtre aurait peut-être pu être évité.

La députée Aida Touma-Sliman de la Liste arabe unie lors du lancement de la campagne en hébreu de l’alliance à Tel Aviv, le 20 août 2019. (Crédit : Gili Yaari/Flash90)

« La police doit cesser de négliger la sécurité des citoyens arabes et traduire les abominables meurtriers en justice ! » a-t-elle écrit.

La police israélienne a reçu dimanche soir le signalement d’un homme de 44 ans retrouvé abattu dans sa voiture dans cette ville du nord d’Israël. Il a été transporté au centre médical Emek d’Afula, où son pronostic vital était engagé et où son décès a été constaté.

La mère de Nadal, Sariel Ijbaria, a déclaré à la radio 103FM en mai que quelques minutes avant que son fils ne soit tué, elle avait parlé à sa femme.

« J’ai entendu une détonation, un coup de feu. J’ai rapidement appelé Nadal et il n’a pas [répondu] », a-t-elle déclaré.

Selon Abraham Initiatives, un groupe qui fait campagne contre la violence dans la communauté arabe, au moins 69 Israéliens arabes ont été tués depuis le début de l’année dans des crimes violents.

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