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Sébastien Selam, tué dans un crime antisémite à Paris en 2003, enterré en Israël

La dépouille de Sébastien Selam a été enterrée ce mercredi matin au cimetière de Vatikim, à Netanya ; Emmanuel Macron avait reconnu le caractère antisémite du meurtre en 2018

Sébastien Selam. (Crédit : affaireselam / Dailymotion)
Sébastien Selam. (Crédit : affaireselam / Dailymotion)

La dépouille de Sébastien Selam a été enterrée ce mercredi matin au cimetière de Vatikim, à Netanya, a rapporté le député français Meyer Habib sur les réseaux sociaux.

Le 19 novembre 2003, Sébastien Selam, alias « DJ LamC », 23 ans, se faisait froidement assassiner et mutiler à coups de couteau et de fourchette dans les sous-sols de son immeuble du 10e arrondissement de Paris. Le coupable : Adel Amastaibou, qui était son voisin et aussi son meilleur ami – les deux jeunes hommes se connaissaient depuis l’enfance. Celui-ci avait par la suite déclaré à la police : « J’ai tué un Juif ! J’irai au paradis ! » Le 5 janvier 2010, la Cour d’appel de Paris avait jugé Adel Amastaibou pénalement irresponsable de cet assassinat en raison de l’abolition de son discernement.

Alors qu’il reposait depuis au cimetière de Pantin, en France, la famille avait fait le vœu que son corps soit transféré en Israël.

Contacté par le Times of Israël, Meyer Habib, qui a participé à la cérémonie de ce mercredi, a déploré l’indifférence générale qui a entouré ce crime, le premier à caractère antisémite depuis la Shoah, bientôt suivi par onze autres : Ilan Halimi en 2006, les quatre victimes de la tuerie de l’école juive Ozar Hatorah à Toulouse en 2012, les quatre victimes de la prise d’otage de l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes en 2015, et Sarah Halimi et Mireille Knoll plus récemment.

Alors que la justice n’a jamais reconnu le caractère antisémite du meurtre de Sébastien Selam (la circonstance aggravante de crime antisémite ne date dans le code pénal français que de 2003), le président Emmanuel Macron l’a lui reconnu en 2018 dans un courrier adressé à Meyer Habib.

Avec la famille du jeune homme et ses avocats, le député franco-israélien a longtemps cherché à faire rouvrir l’enquête sur le meurtre.

« Ravivé par l’assassinat odieux de Mireille Knoll, le souvenir de ce jeune Français tombé sous les coups du fanatisme le plus sombre est encore vif. Soyez assuré que sa mémoire perdure au sein de notre communauté nationale, profondément affectée par les crimes à caractère antisémite tels que celui de Sébastien Selam », avait écrit le président de la République dans un courrier en date du 22 mai 2018.

« À cet égard, je suis déterminé à lutter contre les agressions à l’égard de nos concitoyens juifs en raison de leur confession », poursuivait le chef de l’État, qui dénonçait « des idéologies infâmes qui conduisent à haïr l’autre ».

Sur les douze Juifs tués en France depuis le début du siècle dans un crime antisémite, onze d’entre eux reposent désormais en Israël.

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