Selon une législatrice anti-Israël britannique, les Juifs sont responsables de la montée de l’antisémitisme
Rechercher

Selon une législatrice anti-Israël britannique, les Juifs sont responsables de la montée de l’antisémitisme

Jenny Tonge, suspendue par son parti pour des propos antérieurs sur l’état juif, explique que l’absence de critiques sur le gouvernement israélien contribue en partie à la situation

Jenny Tonge (Capture d'écran : YouTube)
Jenny Tonge (Capture d'écran : YouTube)

LONDRES (JTA) — Réagissant au chiffre particulièrement élevé des incidents antisémites enregistrés au Royaume Uni en 2016, une législatrice britannique a accusé les Juifs pro-israéliens d’être à l’origine de cette situation en raison de leur incapacité à critiquer l’état juif.

Ces propos ont été tenus jeudi par Jenny Tonge, qui a représenté le parti Démocrate libéral à la chambre haute du Parlement britannique avant d’être suspendue par sa formation politique au mois d’octobre en raison de sa rhétorique anti-israélienne.

Tonge a constamment nié ces accusations.

Jeudi, Tonge a fait parvenir un courriel à l’organisation ‘Community Security Trust’ en réponse à son rapport, envoyé à tous les législateurs, qui faisait état d’un nombre record d’incidents antisémites – 1309 – l’année dernière au Royaume Uni, ce qui constitue une augmentation de 36 % depuis 2015.

« Est-ce que vous ne réfléchissez JAMAIS au fait que sont les actions du gouvernement israélien qui contribuent à cette hausse ? » écrit Tonge.

« Si le Conseil des Représentants des Juifs britanniques et le CST évoquaient les violations des Droits de l’Homme, le mépris flagrant de la loi internationale et de la convention de Genève, ils amélioreraient vraiment la situation ici ».

Sur les 1 309 incidents enregistrés par le CST en 2016, des propos relatifs au Moyen Orient ont été mentionnés dans 105 affaires, avec les preuves d’une motivation ou de croyances anti-israéliennes dans 62 d’entre elles, selon l’observatoire.

Contrairement aux années qui s’étaient caractérisées par des affrontements entre Israël et ses ennemis, la hausse de 1916 n’est pas directement imputable à un seul et unique facteur, a indiqué l’organisation CST.

Cette ambigüité, a expliqué dans un communiqué Moshe Kantor, le président du Congrès Juif européen, « démontre clairement que l’antisémitisme ne se nourrit pas de facteurs extérieurs et que, sans action forte de la part des autorités, il continuera à croître ».

Tonge qui, au mois de juillet, avait accusé Israël d’être à l’origine de l’intensification des violences djihadistes dans le monde et qui en octobre avait organisé un événement qui, selon les médias, avait donné la parole à des intervenants antisémites, a expliqué également que « la mentalité de victimisation perpétuelle de votre organisation est contre-productive et ne vient pas en aide aux vrais Juifs dotés de morale ».

Tonge avait déjà suggéré dans le passé que les Juifs étaient responsables des agressions qu’ils subissent.

L’année dernière, elle avait écrit au Guardian en disant : « Il est difficile de croire qu’une hausse de 75 % de l’antisémitisme telle qu’elle est rapportée serait due à des gens qui haïssent tout simplement les Juifs, sans aucune raison ».

« Ces incidents reflètent sûrement le dégoût de l’opinion publique face à la manière dont le gouvernement israélien traite les Palestiniens et nous manipule, ainsi que les Etats Unis, pour que nous ne passions pas à l’action ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...