Rechercher
Opinion

Suite aux combats à Gaza, Lapid dit : « Une autre vie est possible. » La voici

Le Premier ministre a invité les Gazaouis à choisir un avenir meilleur. Ils ne le feront pas tant que leurs écoles et médias ne donneront pas la vision honnête d’une réalité complexe

David est le fondateur et le rédacteur en chef du Times of Israel. Il était auparavant rédacteur en chef du Jerusalem Post et du Jerusalem Report. Il est l’auteur de « Un peu trop près de Dieu : les frissons et la panique d’une vie en Israël » (2000) et « Nature morte avec les poseurs de bombes : Israël à l’ère du terrorisme » (2004).

Des hommes armés du groupe terroriste du Jihad islamique, le 8 août 2022 à Rafah, au Sud de la bande de Gaza, lors d'un hommage aux personnes tuées lors des combats contre Israël. (SAID KHATIB / AFP)
Des hommes armés du groupe terroriste du Jihad islamique, le 8 août 2022 à Rafah, au Sud de la bande de Gaza, lors d'un hommage aux personnes tuées lors des combats contre Israël. (SAID KHATIB / AFP)

Un calme tendu est revenu dans le centre et le sud d’Israël, ainsi que dans la bande de Gaza, après l’un des conflits les plus brefs entre Israël et des groupes terroristes.

Nous savons tous que cela ne durera pas.

Le Jihad islamique palestinien, dont les facultés de nuisance augmentent grâce au parrainage de l’Iran, a perdu plusieurs de ses chefs terroristes à Gaza, et ses agents sont également pris pour cibles par Tsahal en Cisjordanie.

Mais il vit pour le combat, et il y reviendra, un autre jour. Le Hamas, son grand frère impitoyable et avisé, est resté en dehors du conflit, mais seulement pour des raisons tactiques. Il a établi que se joindre aux combats n’aurait pas servi ses intérêts sur le long-terme, à savoir la conservation du contrôle de Gaza et le renforcement de ses capacités de nuisance et, à terme, de destruction d’Israël.

Dans un discours prononcé lundi soir, principalement à l’intention des Israéliens, le Premier ministre Yair Lapid a tenté de tendre la main aux Gazaouis, par-dessus la tête des groupes terroristes, en leur disant que nous n’étions pas condamnés à cette confrontation sanglante à perpétuité.

« Il existe une autre voie. Nous savons comment nous protéger de quiconque nous menace, mais nous savons aussi comment donner du travail, des moyens de subsistance et une vie digne à quiconque souhaite vivre en paix à nos côtés », a déclaré Lapid. « Il y a une autre vie possible. C’est la voie tracée par les Accords d’Abraham, le Sommet du Neguev, l’innovation et l’économie, le développement régional et les projets communs. Le choix vous appartient. Votre avenir est entre vos mains. »

Le Hamas, le Jihad islamique palestinien et, malheureusement, les voix les plus fortes venant de la Cisjordanie contrôlée par l’Autorité palestinienne (AP), ne veulent pas que les Palestiniens pensent qu’il y a « une autre vie possible ».

L’AP, tout en maintenant la coordination sécuritaire avec Israël qui empêche le Hamas de prendre le pouvoir en Cisjordanie, rejette néanmoins la normalisation avec Israël, nie sa légitimité, récompense ceux qui nous attaquent et voit dans la signataire des Accords d’Abraham de trahison.

Cette semaine, le Hamas a tenté de réécrire non pas l’histoire, mais l’actualité, en disant aux journalistes palestiniens et assistants qui servent de relais aux médias étrangers de faire en sorte que la couverture internationale condamne Israël, et seulement Israël, pour les combats et leurs conséquences.

Il n’y a eu, par exemple, aucune information sur les Gazaouis tués par les roquettes des terroristes qui se sont écrasées par erreur dans la bande de Gaza. Cela s’est bien sûr produit, mais a été considéré comme une contre-vérité.

« Faire preuve de nationalisme, défendre le récit palestinien et refuser le parti pris étranger en faveur du récit israélien » : les recrutements locaux effectués par les médias étrangers à Gaza se sont faits [à leur insu] sous la pression de ces directives des dirigeants islamistes, révélées tardivement et ensuite annulées, sous les huées de la presse étrangère. Comme l’a noté l’Associated Press, « même si ces directives ont été retirées, le Hamas a quand même signalé ses attentes, ce qui pourrait avoir un effet dissuasif sur une couverture critique ».

Il existe un autre moyen, et un autre narratif. C’est un récit qui reconnaît la légitimité et la responsabilité souveraines juives, historiques, dans cette partie du monde ainsi que l’histoire, les droits et les responsabilités palestiniens, qui reconnaît le fait gênant qu’aucun des deux peuples qui contestent cette terre n’aille nulle part et conclut qu’ils vivraient mieux dans la coexistence.

C’est un récit largement, mais pas universellement, reconnu par les Israéliens. Ce n’est certainement pas le récit que l’AP, le Hamas ou le Jihad islamique souhaitent diffuser, que ce soit à l’étranger ou chez eux. Ce n’est pas le récit colporté par les médias palestiniens et sûrement pas dans les manuels scolaires palestiniens.

Donner aux Palestiniens un accès plus large à ce genre de récit nuancé, et donc au choix que Lapid les exhorte à faire, requiert un effort stratégique sur le long-terme : allouer et réorienter les financements et utiliser le levier diplomatique pour avoir un impact sur l’éducation palestinienne, les médias conventionnels et les réseaux sociaux. Le genre d’effort, en bref, auquel la communauté internationale, tout en se livrant à la victimisation palestinienne, s’est toujours opposée.

Il existe, en effet, une autre vie. Elle est faite d’une éducation honnête et stimulante pour tous, de médias libres et équitables et de vérités difficiles.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...