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Lapid : l'Éducation est aux mains d’individus rétrogrades

Tel Aviv et d’autres villes unies contre tout programme éducatif homophobe de Noam

Des maires et étudiants sont alarmés par l'octroi de pouvoirs à Avi Maoz, du parti homophobe Noam. Le Premier ministre sortant exhorte les élus à ne pas coopérer

L'unique député de Noam, Avi Maoz, prenant la parole lors de la réunion de faction de son parti à la Knesset, le 28 novembre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
L'unique député de Noam, Avi Maoz, prenant la parole lors de la réunion de faction de son parti à la Knesset, le 28 novembre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Les autorités de Tel Aviv et de plusieurs autres localités ont promis de réagir après que le Premier ministre désigné Benjamin Netanyahu a accepté de confier à un membre de la Knesset d’extrême droite, connu pour ses positions homophobes, le contrôle de certains programmes éducatifs dans les écoles israéliennes.

L’accord entre Netanyahu et le député Avi Maoz, le seul législateur du parti extrémiste Noam, accorde à Maoz un budget annuel d’au moins 100 millions de shekels, ainsi que plus d’une douzaine de collaborateurs, comme ministre adjoint à la tête d’une nouvelle agence gouvernementale chargée de « l’identité nationale juive » au sein du bureau du Premier ministre.

Le texte de l’accord, qui a été publié mercredi, montre que le nouvel organisme sera habilité à contrôler les programmes enseignés dans les écoles israéliennes au-delà des programmes réguliers.

Selon l’accord, l’unité du ministère de l’Éducation responsable des activités éducatives externes et des partenariats sera placée sous le contrôle de Maoz, lui conférant ainsi une autorité sur les institutions non officielles recrutées pour enseigner ou donner des conférences dans les écoles..

Les autorités locales de Tel Aviv, Givatayim, Ramat Gan, Herzliya, Ramat Hasharon et Hod Hasharon ont toutes déclaré qu’elles lutteraient contre la suppression des programmes libéraux dans les écoles.

Un haut fonctionnaire de la municipalité de Tel Aviv a déclaré que la ville financerait toute activité et tout programme éducatif pluraliste qui serait annulé par le nouveau gouvernement présumé.

Dans une lettre adressée aux directeurs d’école de la ville à prédominance libérale, la directrice du département de l’Éducation de Tel Aviv, Shirley Rimon Bracha, a déclaré que la nomination envisagée de Maoz « est un drame administratif qui pourrait également devenir un drame moral ».

« Partant du principe que nous craignons tous une intervention politique extrémiste et unilatérale sur le matériel scolaire », a-t-elle écrit.  » Ceci n’est pas un incident mineur « .

Israël Zari, un fonctionnaire de la municipalité de Ramat Gan, a déclaré à la Douzième chaîne que « les changements voulus par Maoz n’ont aucune chance de passer sans heurts ».

« Pour nous, il est essentiel que chaque école et chaque lycée ait des cours sur la communauté gay », a déclaré Zari. « Cela n’a rien à voir avec le fait d’être de droite ou de gauche. Ce qui est important, c’est de veiller au bien-être de nos jeunes. »

Le député Avi Maoz (à gauche) et le chef du Likud Benjamin Netanyahu après avoir signé un accord de coalition le 27 novembre 2022. (Crédit : Autorisation/Likud)

Dans une missive adressée aux chefs des communes, le Premier ministre sortant Yair Lapid a déclaré que « le nouveau gouvernement en cours de formation en Israël a abandonné l’éducation de nos enfants et l’a confiée aux figures les plus extrêmes et les plus rétrogrades de la société israélienne. »

Selon Lapid, le parti Noam de Maoz « est un parti extrémiste, raciste, homophobe et dangereux ».

Il a exhorté les dirigeants locaux à ne pas coopérer avec le département de Maoz.

« La responsabilité solennelle des contenus éducatifs qui seront enseignés à nos enfants dans les écoles vous incombe désormais », a-t-il déclaré, les encourageant à utiliser leur autorité pour opposer leur veto aux contenus problématiques et à « maintenir le caractère respectable et libéral de notre système éducatif. »

« Vous devez aujourd’hui devenir les gardiens de l’éducation ».

Les jeunes de la communauté gay ont également exprimé leur crainte face à la position de Maoz.

Un étudiant transgenre de 16 ans d’Ashkelon a déclaré à Walla que les études LGBTQ doivent faire partie du programme scolaire.

« Il faut parler davantage de sujets LGBTQ, d’identité et d’orientation sexuelles, qui ne sont pas des sujets très abordés et connus des jeunes en dehors d’endroits comme Tel Aviv », a-t-il déclaré.

« Quand j’ai vu que Maoz allait être chargé des programmes au ministère de l’Education, j’ai été choqué », a déclaré un autre étudiant transgenre. « Comment est-il possible, après tout ce qu’il a dit, de lui confier cette responsabilité ? L’école est censée être un second foyer pour les enfants, et s’il devient responsable des programmes, cela va nous faire du tort. »

« La communauté gay est plus vulnérable aux actes de violence et les programmes scolaires sur les sujets LGBTQ sont essentiels pour les prévenir », a ajouté l’étudiant.

Selon l’Association pour l’égalité LGBTQ en Israël, 80 % des jeunes de la communauté ont déclaré avoir été victimes de violence ou de haine à l’école en raison de leur identité.

Hila Peer, présidente de l’association, a déclaré que la nomination de Maoz « devrait inquiéter tous les parents en Israël ».

Des milliers de personnes participent à la marche annuelle des fiertés de Jérusalem, le 2 juin 2022. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

« C’est un abandon de la jeunesse LGBTQ « , a-t-elle déclaré. « Netanyahu et le Likud doivent mettre fin à ce péril dès maintenant. Nous ne resterons pas sans rien faire et ne permettrons pas que nos enfants soient abandonnés. »

L’organisation Israel Gay Youth a déclaré : « La raison pour laquelle ils veulent contrôler la pensée et l’esprit des garçons et des filles d’Israël est claire. Si cela se produit, le Likud et Benjamin Netanyahu abandonneront les écoles. Il s’agit d’une démarche dangereuse qui risque de coûter cher aux étudiants israéliens. »

La ministre sortante de l’Education, Yifat Shasha-Biton, a dénoncé la décision d’accorder à Maoz l’autorité sur l’enseignement comme « une honte morale » et a affirmé sans ambages que cette décision nuirait à l’éducation des écoliers israéliens.

« Un homme dont la foi est la haine sera en charge du contenu enseigné à nos enfants. L’homme aux opinions les plus sombres déterminera les contenus et les organes qui les enseigneront », a-t-elle tweeté.

Le député travailliste Gilad Kariv, un rabbin réformé, a accusé Netanyahu de donner à « un macho, un homophobe et un raciste… une mainmise » sur les écoles israéliennes. Il a exhorté les syndicats d’enseignants à s’exprimer.

« Nous ne permettrons pas à cette personne remplie de haine d’interférer avec l’éducation de nos enfants », a écrit Kariv sur Twitter.

Le parti de Maoz, Noam, qui s’est présenté à la Knesset sur une liste commune avec le parti d’extrême droite HaTzionout HaDatit et le parti extrémiste Otzma Yehudit, a fait campagne sur une plate-forme prônant l’intolérance à l’égard des homosexuels et des courants non orthodoxes du judaïsme, avec notamment des affiches décrivant l’homosexualité et le judaïsme réformé comme des anomalies.

Mercredi, le parti a rejeté avec insolence les critiques concernant l’accord de coalition.

« Nous rappelons à ceux qui pourraient être confus : pendant que des programmes progressistes étaient introduits au ministère de l’Éducation sous couvert d’obscurité, sans délibération et certainement sans législation ni élections, nous avons présenté à plusieurs reprises [notre objectif] de restaurer son identité juive au ministère de l’Éducation avant les élections », a déclaré Noam.

Il a déclaré que ceux qui l’accusent « de haine et d’obscurité devraient apprendre comment fonctionne la démocratie. »

L’inclusion de Maoz dans la coalition naissante n’est pas vitale pour la majorité de Netanyahu – le leader du Likud et ses alliés ont remporté 64 sièges sur les 120 membres de la Knesset lors des élections de ce mois-ci.

Netanyahu a contribué à ouvrir à Maoz le chemin du parlement, lors des élections de cette année et de l’année dernière, en négociant l’alliance du parti avec HaTzionout HaDatit.

L’accord conclu par le Likud avec Noam est le deuxième signé au cours des négociations de coalition en cours, après l’accord partiel conclu un avec Otzma Yehudit pour nommer le député Itamar Ben Gvir au poste de ministre chargé de la police, ainsi que pour attribuer au parti deux autres ministres, un vice-ministre et deux chefs de comité.

HaTzionout HaDatit a signé jeudi son propre accord de coalition de grande envergure avec Netanyahu.

Les partis ultra-orthodoxes Yahadout HaTorah et Shas n’ont pas encore signé d’accord avec le Likud, mais ils devraient s’aligner et former un gouvernement dans les semaines à venir.

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