Rechercher

Terrorisme: les incitations à la violence inondent les réseaux sociaux palestiniens

Mahmoud Abbas a condamné les attentats mais des responsables du Fatah ont exprimé leur soutien à la violence ; le Hamas et le Jihad islamique font l'apologie du terrorisme

Des partisans du mouvement islamiste palestinien Hamas se rassemblant pour exprimer leur solidarité avec le camp de réfugiés de Jenin, contre l'opération israélienne sur la ville de Cisjordanie et le camp adjacent, à Jabalia dans le nord de la bande de Gaza, le 10 avril 2022 (Crédit : MOHAMMED ABED/AFP)
Des partisans du mouvement islamiste palestinien Hamas se rassemblant pour exprimer leur solidarité avec le camp de réfugiés de Jenin, contre l'opération israélienne sur la ville de Cisjordanie et le camp adjacent, à Jabalia dans le nord de la bande de Gaza, le 10 avril 2022 (Crédit : MOHAMMED ABED/AFP)

Alors qu’une série d’attaques terroristes meurtrières ont secoué les villes israéliennes ces dernières semaines, les réseaux sociaux palestiniens ont été inondés d’incitations à la violence et d’encouragements aux futurs attaquants.

Quatorze personnes ont trouvé la mort jusqu’à présent au cours de quatre attaques dans le pays, la vague de violence la plus sanglante que l’État juif ait connue depuis des années. Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a condamné les deux attentats commis par des Palestiniens de Cisjordanie à Bnei Brak et à Tel Aviv.

Cependant, sur les réseaux sociaux palestiniens, un grand nombre de comptes ont multiplié les clips faisant l’éloge de ces attaques. Dans certains cas, les utilisateurs ont mis des images graphiques des violences sur fond de musique traditionnelle. S’adressant aux Israéliens, les paroles jurent que « vous verrez l’enfer et ses portes s’ouvriront sur le jour de la résurrection ».

D’autres utilisateurs palestiniens des réseaux sociaux ont partagé une chanson – diffusée à l’origine par la chaîne Filastin al-Yawm, liée au Jihad islamique – saluant la résistance de Jénine : « Dieu a béni les champions de Jénine en leur donnant un cocktail Molotov et un couteau. »

Les groupes terroristes du Hamas et du Jihad islamique ont cherché à exalter la violence dans leur presse officielle. Les deux groupes terroristes ont publié des déclarations faisant l’éloge des attaques au lendemain de chaque incident.

Dans une déclaration filmée après des affrontements entre terroristes palestiniens et soldats israéliens à Jenin, un porte-parole de l’aile militaire du Hamas – les Brigades Izz al-Din al-Qassam – a salué la « résistance » dans la ville du nord de la Cisjordanie.

« Nos héros et nos révolutionnaires ne sont pas seuls », a déclaré le porte-parole militaire du Hamas, Abu Obeida, avant de diffuser des scènes dans lesquelles des terroristes palestiniens installent des lance-roquettes sur fond de musique héroïque.

Sur d’autres comptes de médias sociaux affiliés au Hamas, des commentateurs louant les attaques ont reçu des centaines de likes. « Après les opérations de Tel Aviv, je déclare à ce mois de Ramadan : Ramadan, tu nous as rendus heureux », a écrit avec jubilation sur Twitter Fayez Abu Shemala, qui tient une chronique régulière dans Falastin, un quotidien du Hamas.

Dans d’autres vidéos, le quotidien pro-Hamas a cherché à utiliser des enfants pour exprimer son soutien aux récentes attaques terroristes.

« C’est un héros et il a été martyrisé par la volonté de Dieu », a déclaré le jeune frère de Raad Hazem, qui a tué trois personnes jeudi soir dernier lors d’une attaque terroriste dans la rue Dizengoff à Tel Aviv.

Le Fatah, le parti au pouvoir de l’Autorité palestinienne, a, lui aussi, sa part de responsabilité dans cette vague d’incitation. Bien qu’Abbas ait condamné les deux attaques terroristes commises par des Palestiniens, de nombreux responsables du Fatah ont en revanche cherché à tirer parti de ces attentats.

Abbas Zaki, membre du Comité central du Fatah, a pris la parole lors d’un événement organisé dimanche soir à la mémoire de Hazem et Ahmad al-Sa’adi, un tireur palestinien tué lors d’un affrontement avec des soldats israéliens à Jenin.

« Je salue la fermeté de Jénine », a déclaré Zaki, qualifiant la ville de « bastion national ».

Le gouverneur de Jénine, Akram Rajoub, a qualifié Hazem, qui était résident de la ville, de « combattant du Fatah », déclarant au Times of Israël et à d’autres médias qu’il ne le considérait pas comme un terroriste.

Le gouverneur a ensuite été aperçu dans une autre tente de deuil dressée par la famille du terroriste, qui a été tué lors d’une fusillade avec la police à Jaffa quelques heures après l’attentat.

Rajoub, fonctionnaire de longue date de l’Autorité palestinienne chargé de la sécurité et membre du Fatah, le parti au pouvoir, est le représentant d’Abbas à Jenin.

Dans un discours prononcé sous la tente des endeuillés, Rajoub a qualifié Hazem de « guerrier du Fatah, pour qui les balles de l’occupation n’ont pas fait de distinction entre lui et son camarade Ahmad al-Saadi ».

L’identification avec les terroristes s’est étendue aux réseaux sociaux ainsi qu’aux organes officiels de l’Autorité palestinienne.

« Gloire et éternité à nos martyrs vertueux », peut-on lire sur une page du Fatah prétendument affiliée à la branche d’Hébron du parti palestinien sur une photo de Diaa Hamarsheh, qui a tué cinq personnes dans une attaque terroriste à Bnei Brak le 29 mars.

Les plaintes concernant l’incitation à la violence dans la presse officielle de l’Autorité palestinienne ont précédé les récentes attaques. En mars, la tension était montée en Cisjordanie après que les forces israéliennes ont tué trois terroristes palestiniens à Naplouse. Selon les autorités, ils constituaient une « bombe à retardement » sur le point de commettre un attentat.

Lors d’une émission diffusée en direct sur Palestine TV à la mi-mars, qui montrait la démolition de la maison de l’un des tireurs, le responsable du Fatah Abd al-Ilah Ateerah a fait l’éloge de la résistance palestinienne « avec tout ce qu’Allah nous fournit. »

« Lorsque vous voyez un enfant palestinien de 15 ans portant une pierre ou un autre outil ou un couteau, dites-vous que notre cause se perpétue de par le sang de notre peuple », a déclaré Ateerah.

D’autres responsables du parti Fatah ont fait à plusieurs reprises l’éloge de la « guerre contre les Juifs » après les récentes attaques terroristes en Israël.

« Nous agissons pour notre Seigneur… Notre objectif n’est pas le Fatah, le Fatah est un moyen. Le Fatah est un moyen pour la libération de la Palestine. Notre guerre est contre les Juifs », a déclaré Ata Abu Rmeilah, secrétaire du parti du Fatah à Jenin, à la chaîne de télévision al-Awdah le 27 mars, après le début de la vague de terreur actuelle.

Plus tard, dans des interviews accordées à la presse palestinienne, Abu Rmeilah a qualifié « d’héroïque » l’attaque de Hamarsheh à Bnei Brak et a loué les actions du terroriste devant une foule solidaire.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...