Trafic d’organes au Kosovo : des médecins condamnés à des peines de prison
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Trafic d’organes au Kosovo : des médecins condamnés à des peines de prison

Les donneurs se voyaient promettre 15 000 euros pour leurs organes, et les receveurs payaient 100 000 euros pour un rein ; un Israélien impliqué a été arrêté à Chypre en janvier

Pristina, Kosovo (photo credit: Arild Vågen/Wikimedia Commons/File)
Pristina, Kosovo (photo credit: Arild Vågen/Wikimedia Commons/File)

Un éminent médecin kosovar a été condamné jeudi à sept ans et six mois de prison pour avoir prélevé sur des donneurs acheminés au Kosovo des reins qui étaient vendus aux patients d’une clinique où étaient pratiquées des transplantations illégales d’organes, une affaire ayant des ramifications internationales.

Lutfi Dervishi a été reconnu coupable de « trafic de personnes », a indiqué le tribunal. Il a été condamné à verser 8 000 euros de dommages et s’est vu interdire de pratiquer la médecine pendant deux ans.

Son anesthésiste, Sokol Hajdini, a été condamné à deux ans de détention.

Les deux médecins, qui travaillaient à la clinique Medicus en 2008, y faisaient venir des donneurs de reins principalement de Turquie, Russie, Moldavie et du Kazakhstan.

Leurs reins étaient prélevés et vendus à des patients fortunés, surtout israéliens.

Les donneurs se voyaient promettre 15 000 euros pour leurs organes, tandis que les receveurs devaient payer 100 000 euros pour chaque rein.

Selon le verdict, Dervishi « était membre d’une organisation criminelle internationale qui fonctionnait comme un groupe structuré », recrutant des patients et participant à plusieurs transplantations d’organes.

Le fils de Lutfi Dervishi, Arban, accusé des mêmes crimes et qui était chargé de la logistique, n’a pas été jugé, étant en fuite.

Les Dervishi et Sokol Hajdini avaient déjà été condamnés à des peines de prison en 2013 pour ce trafic, mais la Cour suprême a annulé la sentence pour des raisons de procédure, ordonnant un nouveau procès.

La police avait investi la clinique Medicus, située dans la capitale du Kosovo, en 2008 après qu’un Turc, qui avait subi l’extraction d’un rein, eut perdu connaissance à l’aéroport de Pristina, où il attendait son vol de retour à Istanbul.

Un autre suspect, Moshe Harel, un Israélien accusé d’avoir été impliqué dans cette affaire de trafic d’organes, a été arrêté à Chypre en janvier en vertu d’un mandat d’Interpol. Le Kosovo a demandé son extradition.

Un autre suspect, le médecin turc Yusuf Sonmez, a quant à lui échappé à la justice du Kosovo.

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