Trêve entre Israël et le Hamas après plusieurs attaques de ballons incendiaires
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Trêve entre Israël et le Hamas après plusieurs attaques de ballons incendiaires

Israël va livrer du carburant à Gaza et étendre la zone de pêche ; le groupe terroriste promet d'arrêter l'envoi de ballons incendiaires

Un soldat israélien éteint un feu causé par un ballon incendiaire lancé depuis Gaza, près du kibboutz Nahal Oz, le 26 juin 2019. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)
Un soldat israélien éteint un feu causé par un ballon incendiaire lancé depuis Gaza, près du kibboutz Nahal Oz, le 26 juin 2019. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Israël et le Hamas auraient de nouveau conclu une trêve dans la nuit de jeudi après une série d’attaques de ballons incendiaires dans le sud d’Israël dans la journée, déclenchant des dizaines d’incendies.

Jérusalem a accepté de livrer du carburant pour la centrale électrique de l’enclave, d’étendre la zone de pêche à 15 miles nautiques et rendre les 60 bateaux palestiniens confisqués par l’armée israélienne, d’après des informations du média gazaoui, Sawa, publiés peu après minuit vendredi.

Le Hamas, quant à lui, s’est engagé à arrêter l’envoi de ballons incendiaires de l’autre côté de la frontière et de contenir les émeutes hebdomadaires près de la barrière de sécurité.

L’accord a été conclu par l’intermédiaire de l’ONU et de l’Égypte. Il est entré en vigueur vendredi matin.

Un responsable israélien a confirmé les informations vendredi. « En réponse à une demande de l’ONU et de l’Égypte, Israël rétablira la zone de pêche [à 15 miles nautiques] et la livraison de carburant, à la lumière d’une promesse que le Hamas va mettre un terme à la violence contre Israël. Si le Hamas ne tient pas ses engagements, Israël réinstaura ses sanctions », a-t-il déclaré, sous couvert d’anonymat.

Des ballons transportant un engin explosif présumé ainsi qu’un livre érotique en hébreu, atterris dans la région d’Eshkol le 28 juin 2019. (Crédit : Conseil régional d’Eshkol)

Quelques heures après l’annonce, des ballons transportant un engin explosif présumé ont été découverts dans un champ du sud d’Israël.

Des démineurs ont été envoyés sur place, a fait savoir un porte-parole du Conseil régional d’Eshkol.

Des photos de l’engin montrent qu’il était rattaché à un livre érotique en hébreu, « Aimer Stella ».

Un ballon incendiaire a également été retrouvé dans une communauté du conseil régional, selon le porte-parole. Il n’a causé aucun blessé ni dégât.

On ignore s’ils ont été envoyés avant ou après la conclusion de la trêve entre Jérusalem et le Hamas.

Plusieurs responsables de l’opposition israélienne ont critiqué le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, et sa gestion de la violence venant de Gaza.

« Ce matin, tel un rituel, les membres du Hamas ont remercié Benjamin Netanyahu pour la grâce qu’il leur a accordée dans le cadre d’un accord de soumission tendancieux (« de calme ») de notre part, et ont envoyé aux résidents de l’État d’Israël un immense bouquet de ballons équipé d’une charge explosive », a dénoncé Avigdor Liberman sur Twitter.

Le dirigeant de Yisrael Beytenu avait démissionné en novembre de son poste de ministre de la Défense en signe de protestation contre un précédent cessez-le-feu avec le Hamas.

« Quiconque est incapable d’agir contre le Hamas ne fera également que s’en prendre à l’Iran nucléaire par les mots ».

Le député Kakhol lavan et ancien directeur de la communication de Benjamin Netanyahu, Yoaz Hendel, a également fustigé l’accord.

« La routine des roquettes, des incendies et des arrangements mensongers avec le Hamas à Gaza est une honte sans précédent », a-t-il ainsi écrit sur Twitter. « Sortez de l’hypnose. Voilà à quoi ressemble la faiblesse ».

Les Services de secours et d’incendie et les gouvernements locaux ont indiqué qu’au moins 30 incendies avaient éclaté dans le sud d’Israël jeudi, dont 17 majeurs que les enquêteurs ont confirmé avoir été provoqués par les ballons de Gaza.

Cette flambée d’attaques incendiaires jeudi est probablement la plus ravageuse de ces agressions, commencées il y a plus d’un an.

Depuis dimanche, environ cent feux ont été déclenchés par ce type de ballons, d’après les chiffres des services de pompiers locaux.

Aucun blessé n’a été signalé, mais les récoltes et des animaux ont été gravement touchés par les flammes. Plusieurs incendies ont été rapporté dans les communautés israéliennes dans les régions de Sha’ar Hanegev, Sdot Negev et Eshkol.

Les dirigeants du Hamas, Ismail Haniyeh et Yahya Sinwar dans la bande de Gaza, le 26 juin 2019. (Crédit : Hassan Jedi/Flash90)

Les attaques incendiaires se sont considérablement accrues la semaine dernière, avec des équipes affiliées aux terroristes du Hamas lançant des ballons et préservatifs gonflés à l’hélium, certains transportant des explosifs. Les vents d’est venant de la mer Méditerranée font voler les ballons jusqu’au territoire israélien.

En réponse aux attaques actuelles, qui constituent une violation de l’accord de cessez-le-feu officieux, Israël a bloqué la livraison d’essence et de diesel dans la bande jeudi, une décision critiquée par des défenseurs des droits humains, qui dénoncent la nature collective de la sanction.

Les restrictions de la zone de pêche ont également fait l’objet de critiques, car elles punissent les pêcheurs qui ne sont pas liés aux attaques de ballons. La semaine dernière, Israël l’a étendue à 10 miles nautiques, après une fermeture totale de plusieurs jours.

Vue d’un bateau de pêche au port de Gaza ville, le 13 juin 2019. (Hassan Jedi/Flash90)

L’arrêt de ces livraisons ont marqué un tournant côté israélien, qui jusque-là ne s’en prenait qu’à la zone de pêche en guise de représailles des ballons.

La décision d’Israël d’arrêter les livraisons de fuel vers la seule centrale électrique de la bande a fortement renforcé la pénurie d’électricité déjà existante dans l’enclave côtière, avait déclaré un porte-parole de l’entreprise de distribution d’électricité de Gaza, mercredi.

Mardi, un haut responsable du Hamas avait averti que les politiques israéliennes récentes concernant la bande de Gaza mettaient en danger l’accord de trêve conclu après les deux journées de flambée mortelle des violences du mois dernier.

Le Hamas, une organisation islamiste terroriste ayant promis la destruction d’Israël, contrôle la bande de Gaza depuis 2007 et un coup d’État sanglant contre l’Autorité palestinienne dominée par le Fatah.

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