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Un avion israélien à destination des Seychelles survole l’espace aérien saoudien

Le vol Arkia IZ611 a longé les côtes saoudiennes de la mer Rouge, réduisant ainsi le temps de trajet de 20 minutes

Un avion d'Arkia Airlines à l'aéroport Ben Gurion. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)
Un avion d'Arkia Airlines à l'aéroport Ben Gurion. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

Le tout premier vol commercial israélien survolant l’espace aérien saoudien vers une destination hors du Golfe a décollé mardi après minuit, le nouvel itinéraire raccourcissant la durée du vol de 20 minutes.

Le vol IZ611 d’Arkia Airlines a décollé de l’aéroport Ben Gurion à 1h19 et a atterri aux Seychelles, au large de l’Afrique de l’Est, à 8h20, soit sept heures plus tard.

Dans une déclaration faite avant le vol, le pilote de ligne d’Arkia Airlines, Din Gal, a déclaré : « Ce soir, un avion Arkia deviendra le premier avion israélien autorisé à survoler l’Arabie saoudite, non pas à destination de Dubaï, mais des Seychelles. Il traversera la Jordanie dans la région de la mer Morte, tournera vers Petra et continuera le long des rives de la mer Rouge en Arabie Saoudite. De là, il poursuivra sa route régulière à travers l’Érythrée… Nous espérons bientôt voir des vols plus courts vers l’Inde et le Sri Lanka. »

Depuis les Accords d’Abraham signés en 2020, l’Arabie saoudite a autorisé les compagnies aériennes israéliennes à utiliser son espace aérien pour les vols à destination et en provenance des EAU et de Bahreïn. Mais cette autorisation n’a été étendue aux vols au départ et à l’arrivée d’autres destinations que le mois dernier, dans le cadre d’un accord multilatéral visant à transférer le contrôle de deux îles de la mer Rouge de l’Egypte à l’Arabie saoudite, négocié par l’administration Biden.

Cet accord a été conclu au cours du voyage du président américain Joe Biden au Moyen-Orient, Washington et Jérusalem considérant la décision saoudienne d’ouvrir son espace aérien à tous les vols commerciaux comme un premier pas vers une normalisation des liens avec Israël, étant donné qu’aucun autre pays n’avait jusqu’alors été exclu de ces survols.

Mais Riyad a cherché à tempérer cette idée, insistant sur le fait que sa décision n’avait rien à voir avec Israël, qu’elle était davantage liée à ses objectifs géopolitiques et qu’elle n’était pas un signe précurseur de normalisation des liens avec Jérusalem.

Mais les responsables israéliens et américains n’étant pas convaincus par la position publique saoudienne ont insisté sur le fait que Riyad essayait simplement d’apaiser l’opinion publique nationale qui se méfie d’un éventuel rapprochement avec l’État juif.

Jérusalem s’attend néanmoins à ce qu’Oman lui emboîte le pas, ce qui ouvrirait de toutes nouvelles routes vers des destinations d’Extrême-Orient, comme l’Inde et la Thaïlande – des lieux de vacances très prisés des Israéliens. L’utilisation des espaces aériens saoudien et omanais, pour atteindre ces destinations, réduirait la durée du voyage de deux à quatre heures et pourrait également faire baisser le prix des billets, puisque les compagnies aériennes économiseraient sur le carburant.

Mais l’autorisation omanaise se fait toujours attendre ; les médias israéliens ont rapporté que Mascate subissait des pressions de l’Iran voisin pour ne pas l’accorder.

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