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Un chauffeur de bus fait descendre des Palestiniens ; la compagnie s’en excuse

Selon une enquête un passager se serait fait passer pour un agent du gouvernement, et aurait fait pression sur le chauffeur pour qu'il fasse descendre les ouvriers palestiniens

Des ouvriers palestiniens à bord d'un bus en route vers la Cisjordanie après avoir travaillé dans la région de Tel Aviv, en Israël, lundi 4 mars 2013. (Crédit : AP/Ariel Schalit)
Des ouvriers palestiniens à bord d'un bus en route vers la Cisjordanie après avoir travaillé dans la région de Tel Aviv, en Israël, lundi 4 mars 2013. (Crédit : AP/Ariel Schalit)

Une société de transport public a présenté ses excuses mardi après un incident au cours duquel l’un de ses chauffeurs a fait sortir 50 ouvriers palestiniens de son bus à la demande de plusieurs passagers juifs qui refusaient de monter avec des Arabes à bord.

Tnufa a présenté ses excuses après avoir été contacté par le quotidien Haaretz, qui s’est entretenu avec l’un des passagers palestiniens, dont beaucoup ont été contraints de trouver des itinéraires alternatifs plus coûteux pour rentrer chez eux en Cisjordanie, jeudi dernier.

Le passager palestinien, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a déclaré à Haaretz que lui et un groupe d’autres ouvriers du bâtiment ont attendu le bus 288 pour retourner en Cisjordanie au carrefour Hamasger à Tel Aviv, mais que plusieurs de ces bus les ont dépassés sans s’arrêter. Finalement, un bus vide s’est arrêté et une cinquantaine d’ouvriers palestiniens ont pu monter à bord.

Lorsque le bus est arrivé à Bnei Brak, une banlieue ultra-orthodoxe de Tel Aviv, trois passagers juifs sont montés à bord et ont immédiatement exhorté le chauffeur à expulser les Palestiniens du bus. Le chauffeur a finalement accepté de s’arrêter et a passé un coup de fil à celui que le Palestinien pensait être son patron. Après avoir mis fin à l’appel, le chauffeur a ordonné aux Palestiniens de descendre du bus, ce qui est strictement illégal.

La compagnie de bus a affirmé avoir, par la suite, mené une enquête et avoir découvert que l’un des passagers juifs s’était fait passer pour un employé du ministère des Transports et avait intimidé le chauffeur récemment engagé pour qu’il expulse les Palestiniens du bus. L’imposteur a dit au chauffeur qu’il perdrait son emploi ou serait condamné à une lourde amende s’il n’obtempérait pas, a affirmé Mikhael Kopilovsky, PDG de Tnufa.

« L’entreprise présente ses plus plates excuses aux passagers pour ce malheureux incident », a déclaré Kopilovsky, ajoutant que « beaucoup de nos chauffeurs et de nos employés sont des Arabes. »

La route 288 relie la gare routière centrale de Tel Aviv à l’implantation d’Ariel et elle est censée desservir à la fois les Israéliens et les Palestiniens qui se rendent en Cisjordanie ou en reviennent.

Plus de 100 000 Palestiniens de Cisjordanie détiennent des permis leur permettant de se rendre en Israël et dans les implantations de Cisjordanie où ils travaillent dans des domaines tels que la construction et le jardinage, gagnant des salaires plus élevés que ceux qu’ils recevraient probablement dans les zones contrôlées par l’Autorité palestinienne, faisant d’eux des éléments essentiels de l’économie israélienne.

Un bus Tnufa Transportation Solutions. (Crédit : Screengrab/Facebook)

Tnufa a démenti, dans une déclaration faite à Haaretz, avoir des lignes de bus distinctes pour les Juifs et les Arabes, ce qui serait en soi une violation de la loi israélienne.

En 2015, Benjamin Netanyahu, alors Premier ministre, a suspendu un plan pilote du ministère de la Défense qui refuserait aux Palestiniens munis de permis de travail d’utiliser les autobus israéliens pour entrer en Cisjordanie.

Le plan a été violemment critiqué par les politiciens de l’opposition et d’autres personnes à l’époque, qui ont affirmé qu’il constituait une politique « d’apartheid ».

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