Un homme accusé d’avoir menacé le fils de la procureur qui juge Netanyahu
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Un homme accusé d’avoir menacé le fils de la procureur qui juge Netanyahu

Shahar Ben Yehuda aurait envoyé des injures au fils mineur de la procureur générale adjointe Liat Ben-Ari, l'avocate principale dans les affaires contre le Premier ministre

La vice-procureur d'Etat Liat Ben-Ari arrive à la cour de district de Jérusalem avant le procès du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le 24 mai 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
La vice-procureur d'Etat Liat Ben-Ari arrive à la cour de district de Jérusalem avant le procès du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le 24 mai 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un résident de la ville de Karmiel, dans le nord du pays, a été inculpé jeudi pour avoir menacé le fils mineur de la procureur générale adjointe Liat Ben-Ari, en charge des affaires de corruption contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Shahar Ben Yehuda, 30 ans, a été arrêté par la police après avoir refusé de se présenter volontairement pour être interrogé sur des messages injurieux qu’il aurait envoyés au jeune homme via les médias sociaux.

Selon le quotidien économique Globes, Ben Yehuda a admis avoir envoyé ces messages en réponse à une vidéo qu’il prétend avoir vue en ligne et dans laquelle le fils de Ben-Ari agresse physiquement un policier lors d’une manifestation. Le ministère de la Justice a déclaré qu’il s’agissait d’une « fake news ».

Ben Yehuda a également déclaré qu’il avait envoyé ces messages pour effrayer Ben-Ari car il estime qu’elle persécute la droite politique du pays.

Le début du procès du Premier ministre Benjamin Netanyahu au tribunal de Jérusalem. Le Premier ministre Netanyahu (à droite) est poursuivi pour des accusations criminelles de corruption, fraude et abus de confiance, le 24 mai 2020. (Photo par Amit Shabi / Flash90)

« Es-tu le fils de Ben-Ari la ****** », aurait-il écrit dans un message envoyé via Facebook, a rapporté Globes.

Bien que la détention préventive de Ben Yehuda n’ait pas été prolongée, il lui est actuellement interdit de se rendre dans le centre d’Israël, de contacter toute personne impliquée dans l’affaire ou d’utiliser les médias sociaux pendant le reste de sa saga juridique.

Ben-Ari n’est pas la première personne liée aux affaires contre le Premier ministre à devoir faire face à des menaces contre sa famille. En mai, le procureur général Avichai Mandelblit, qui a inculpé Netanyahu, a déposé une plainte auprès de la police après avoir reçu des menaces de mort et d’autres messages de harcèlement.

Parmi les messages envoyés à Mandelblit figuraient « Vous et votre famille allez mourir », « Vous devriez vous donner la mort » et « Nous vous retrouverons, vous et vos enfants », ainsi qu’une photo de lui en uniforme nazi, que les Douzième et Treizième chaines ont diffusée à l’époque. Il a également reçu un mini cercueil, selon les rapports.

Les défenseurs du Premier ministre ont sévèrement critiqué Ben-Ari et d’autres procureurs qu’ils accusent, sans preuves, de tenter de renverser Netanyahu pour des raisons politiques.

Le procureur général Avichai Mandelblit s’exprime lors d’une manifestation à l’université de Bar-Ilan, le 4 mars 2020. (FLASH90)

Lundi, le fils aîné de Netanyahu, Yair, s’est excusé auprès des hindous après avoir tweeté une image de la déesse hindoue Durga, avec le visage de Ben-Ari, superposé sur celui de la déesse. Ses nombreux bras étaient dressés en levant le majeur.

Le visage de Mandelbit était superposé sur celui d’un tigre accompagnant la déesse sous une légende qui disait « Restez à votre place, méprisables gens ».

Dimanche dernier, le ministre de la Sécurité publique Amir Ohana a demandé à Ben-Ari de démissionner suite à des allégations selon lesquelles elle aurait violé la loi en divisant sa maison en deux appartements séparés sans permis.

Ohana, qui s’était précédemment querellé avec Ben-Ari pendant son mandat de ministre de la Justice, a déclaré que si les allégations s’avéraient vraies, alors « elle ne devrait pas continuer à servir » au ministère, ajoutant qu’il était « honteux et scandaleux que ceux qui prêchent toute la journée pour des mains propres, la pureté morale et le respect de la loi, et qui inventent des cas qui n’existent pas, soient soudainement démasqués dans leur corruption ».

Dans un communiqué publié via le ministère, Ben-Ari a déclaré que la propriété n’était pas la résidence personnelle de sa famille mais avait été achetée par un groupe d’achat commun, dont son mari faisait partie.

Le ministre de la Sécurité publique Amir Ohana lors d’une conférence de presse à Jérusalem, le 15 juillet 2020. (FLASH90)

En octobre dernier, les collaborateurs du Premier ministre ont sévèrement critiqué Ben-Ari quand elle est partie en vacances en plein milieu d’une procédure judiciaire d’avant mise en accusation. Une source proche de Netanyahu a déclaré qu’elle avait donné l’impression qu’elle avait déjà décidé de l’issue des audiences et qu’elle ne s’était donc pas donné la peine d’y assister. Le ministère de la Justice l’a défendue, mais une source ministérielle a reconnu que ses actions montraient un manque de sensibilité envers le public.

Ces dernières années, Netanyahu et ses alliés ont frappé durement les critiques, accusant la police et le ministère public d’une « tentative de coup d’État« , après avoir été accusé de corruption, d’abus de confiance et d’escroquerie l’année dernière et attaquant à plusieurs reprises les médias pour ce qu’il prétend être une couverture défavorable. Il nie tout acte répréhensible.

Le procès de Netanyahu, accusé d’avoir accepté des pots-de-vin, de fraude et d’abus de confiance, s’est ouvert en mai au tribunal de district de Jérusalem.

Netanyahu est accusé d’avoir proposé de promouvoir une législation bénéficiant aux puissants magnats des médias israéliens en échange d’une couverture plus positive dans leurs publications. Il a également été accusé d’avoir accepté quelque 200 000 dollars de cadeaux tels que des cigares et du champagne de deux milliardaires – le magnat du cinéma israélien Arnon Milchan, basé à Hollywood, et le magnat australien James Packer.

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