Un homme inculpé du viol et du meurtre prémédité de son ex-belle-fille de 12 ans
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Un homme inculpé du viol et du meurtre prémédité de son ex-belle-fille de 12 ans

Sylvana Tsegai aurait résisté quand Tesfebarhan Tesfasion l'a étranglée en 2018 ; à Beer Sheva, la détention d'un autre homme suspecté d'avoir tué sa femme a été prolongée

Sylvana Tsegai, retrouvée morte à Tel Aviv le 26 novembre 2018. (Autorisation)
Sylvana Tsegai, retrouvée morte à Tel Aviv le 26 novembre 2018. (Autorisation)

Le tribunal du district de Tel Aviv a inculpé mardi un homme pour le viol et meurtre avec préméditation de son ex-belle-fille de 12 ans. Les faits remontent à près de deux ans.

Dans le cadre de l’accord de plaidoyer, le migrant érythréen Tesfebarhan Tesfasion a reconnu avoir violé Sylvana Tsegai avant de la tuer.

Sa condamnation devrait être prononcée en décembre, a fait savoir Haaretz.

Selon les documents juridiques, la victime âgée de 12 ans, Sylvana Tsegai, s’est débattue, a griffé son agresseur au visage et a tenté de le repousser pendant qu’il la violait. Il l’a ensuite tuée par strangulation.

Tesfebarhan Tesfasion, ressortissant érythréen, arrêté pour le meurtre présumé de l’adolescente, fille de son ex-partenaire, le 28 novembre 2018. (Autorisation)

Tesfebarhan Tesfasion était en fuite depuis deux jours lorsqu’il a été arrêté à Tel Aviv.

Les documents montrent qu’il avait été marié à la mère de Tsegai entre avril 2016 et juin 2018. Durant cette période, il s’est montré violent à plusieurs reprises.

Après le divorce, l’ex-femme de Tesfasion a rejeté ses tentatives de réconciliation et a été jusqu’à changer les serrures de son appartement et de l’immeuble.

Dans les jours qui ont précédé le meurtre, Tesfasion avait suivi son ex-femme et réussi à entrer dans l’appartement pour prendre des documents. Tsegai était présente.

La jeune fille a alors appelé la police pour signaler la présence de l’ex-mari de sa mère, mais n’a pas fait état de violence.

Selon les procureurs, quelques heures avant le meurtre, Tesfasion a accosté la mère devant son immeuble, mais elle a refusé de lui parler. Il l’a alors appelé depuis une cabine téléphonique et lui a dit : « ne t’inquiète pas, je vais te montrer, ne t’inquiète pas ».

Le 26 novembre vers midi, sachant que Tsegai rentrait de l’école et qu’elle serait seule chez elle, Tesfasion a grimpé sur le toit de l’immeuble voisin et a attendu qu’elle arrive. Vers 15 heures, il a vu que la porte de l’appartement était ouverte. Il a alors sauté du toit et a fait irruption dans l’appartement.

La police devant la maison de Sylvana Tsegai retrouvée morte à Tel Aviv le 26 novembre 2018. (Crédit : Flash90)

Une fois à l’intérieur, il a agressé Tsegai, l’a jetée sur un lit et l’a violée, ont indiqué les procureurs.

« L’accusé a étranglé la défunte avec ses deux mains pendant un long moment jusqu’à ce que la victime n’oppose plus de résistance », a-t-il dit. « Puis, afin de s’assurer qu’elle était bien morte, l’accusé a pris le téléphone et les clés de la victime, a verrouillé l’appartement et l’entrée à l’immeuble, pendant que la victime gisait dans une mare de sang, et a quitté l’immeuble. »

Ce soir-là, la mère de Tsegai, qui travaillait, a commencé à s’inquiéter de ne pas avoir de nouvelles de sa fille. Après avoir passé de nombreux appels pour tenter de la retrouver, elle a demandé à quitter son lieu de travail pour rentrer chez elle. Elle craignait que Tesfasion lui ait fait du mal. Son employeur l’a accompagnée jusqu’à l’appartement, où ils ont trouvé le corps de Tsegai.

Tesfasion est entré en Israël en 2010 par la frontière égyptienne et était déjà connu des autorités pour d’autres délits.

Cet assassinat avait suivi la découverte du corps d’une autre adolescente, dans le nord du pays. Il s’agissait de Yara Ayoub, âgée de 16 ans.

Ces évènements avaient déclenché une vague de manifestations contre les violences faites aux femmes et l’inaction du gouvernement.

En 2018, 25 femmes ont été assassinées par une personne qu’elles connaissaient, un triste record. Nombre de ces femmes avaient déposé plainte contre leur futur meurtrier auprès de la police avant leur mort, par souci de sécurité.

Détention prolongée 

Dans une autre affaire, le tribunal du district de Beer Sheva a prolongé la détention d’un homme suspecté d’avoir tué sa femme la veille.

La police a reçu lundi après-midi un signalement au sujet d’un homme qui tentait de se suicider en se jetant du toit d’un immeuble. Elle s’est donc rendue sur place.

Après avoir fait descendre Vladimir Spitlanikov du toit, la police a trouvé a découvert le corps sans vie de sa femme dans leur appartement. Elle présentait des blessures à la tête.

Selon des sources médicales relayées par Haaretz, Irina Grivnev, 67 ans, a probablement été frappée par un objet tranchant parce qu’aucun impact de balle ni trace de coup de couteau n’a été retrouvé sur son corps.

Scène de crime dans le quartier de Kiryat Haim à Haïfa, le 19 octobre 2020. (Crédit : Magen David Adom)

Quelques heures plus tôt, Najah Mansour, une mère de quatre enfants âgée de 35 ans, était retrouvée morte à son domicile de Kiryat Haim, un quartier de Haïfa. Son corps présentait des signes de violence. La police a indiqué avoir arrêté son conjoint, un homme de 28 ans, et qu’il était suspecté du meurtre.

Hagit Pe’er, directrice du groupe de défense de droits des femmes Naamat, a déploré lundi que l’inaction du gouvernement face aux violences faites aux femmes.

« La vague de terrorisme contre les femmes continue. On écrit sur les murs et le gouvernement s’en fiche royalement. La meilleure preuve reste le plan de lutte contre la violence approuvé en 2017 par le gouvernement, qui n’a toujours pas été mis en œuvre », a déclaré Pe’er à la Douzième chaîne.

« Près de 200 000 femmes en Israël vivent avec la violence – le coronavirus a transformé leurs maisons en prison, les pressions économiques et psychologiques transforment leurs vies en situations menaçantes. Nous sommes fatigués des belles paroles des élus après chaque meurtre de ce genre – que faites-vous pour empêcher le prochain meurtre ? », a imploré Pe’er.

La police et les services sociaux ont observé une augmentation considérable du nombre de plaintes pour violence domestique depuis le début de la crise du coronavirus.

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