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Un responsable israélien « haut-placé » accuse Washington de vouloir renverser Netanyahu

Après un discours à l'AIPAC accusant les alliés d'Israël de ne pas respecter son droit à se défendre, le Premier ministre est furieux du rapport des renseignement américains annonçant sa possible destitution

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prononce un discours par vidéo lors d'une conférence de l'AIPAC, le 12 mars 2024 (Crédit : Capture d'écran/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prononce un discours par vidéo lors d'une conférence de l'AIPAC, le 12 mars 2024 (Crédit : Capture d'écran/GPO)

Un « très haut responsable » israélien aurait répondu avec virulence, mardi, à un rapport des services de renseignement américains publié dans la nuit, avertissant que la viabilité du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu « pourrait être menacée » en raison de critiques sur sa gestion de la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas dans la bande de Gaza.

« Ceux qui élisent le Premier ministre d’Israël sont les citoyens d’Israël et personne d’autre », a affirmé le responsable dans un communiqué transmis aux médias, interprétant le rapport des Renseignements comme une tentative de détrôner Netanyahu.

« Israël n’est pas un protectorat des États-Unis, mais un pays indépendant et démocratique avec un gouvernement élu par ses citoyens. Nous attendons de nos amis qu’ils se mobilisent pour renverser le régime terroriste du Hamas et non le gouvernement élu d’Israël », a ajouté le responsable.

Dans leur analyse d’Israël, les États-Unis écrivent que « la méfiance à l’égard de la capacité de Netanyahu à gouverner s’est accentuée et s’est répandue dans la population depuis les niveaux déjà élevés d’avant la guerre, et nous nous attendons à ce qu’il y ait d’importantes manifestations appelant à sa démission et à de nouvelles élections. Nous envisageons la possibilité d’un gouvernement différent et plus modéré ».

La Douzième chaîne a ouvert son journal télévisé du soir le plus regardé en  déclarant que les propos provenaient de « la plus haute source politique israélienne imaginable », suggérant ainsi qu’il s’agirait de Netanyahu lui-même, et a ajouté que le Premier ministre était « furieux » du rapport américain.

Netanyahu « a décidé d’affronter le président des États-Unis d’une manière forte, publique et dramatique », a ajouté la Douzième chaîne.

Toujours dans le même rapport, les États-Unis ont noté qu’Israël devrait probablement continuer à être confronté au Hamas pendant des années, malgré la promesse répétée de Netanyahu d’une « victoire totale » et la volonté d’Israël, après l’attaque terroriste meurtrière du 7 octobre, de complètement éliminer le groupe terroriste.

« Israël devra probablement faire face à une résistance armée persistante de la part du Hamas pendant des années, et l’armée aura du mal à liquider l’infrastructure souterraine du Hamas, qui permet aux insurgés de se cacher, de se reconstituer et de surprendre les forces israéliennes », lit-on dans l’évaluation, qui note que par ailleurs, la population israélienne est « favorable dans son ensemble » à la destruction du groupe terroriste.

Des milliers de manifestants, sur la place Habima de Tel Aviv, réclament de nouvelles élections, le 3 février 2024. (Crédit : viv Atlas)

Alors que les tensions avec la Maison Blanche s’intensifient, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré mardi aux délégués de l’AIPAC à Washington qu’il « apprécie grandement le soutien que nous avons reçu du président Biden et de l’administration, et j’espère que cela continuera ».

« Mais je vais être très clair », a poursuivi Netanyahu, « Israël gagnera cette guerre, quoi qu’il arrive ».

Netanyahu a expliqué que pour y parvenir, Tsahal devait opérer à Rafah, sinon le Hamas « va se regrouper, se réarmer et reconquérir la bande de Gaza ».

« C’est une menace que nous ne pouvons pas tolérer pour notre avenir, et nous ne l’accepterons pas. Nous détruirons le Hamas, nous libérerons nos otages et nous ferons en sorte que Gaza ne constitue plus jamais une menace pour Israël », a-t-il déclaré.

Netanyahu a promis qu’Israël « finira le travail à Rafah, tout en permettant à la population civile de se mettre à l’abri ».

S’en prenant aux États-Unis et à d’autres alliés d’Israël qui ont exprimé leur inquiétude quant au nombre élevé de victimes civiles qui pourraient résulter d’une opération israélienne de grande envergure dans la ville très peuplée de Gaza, Netanyahu a répondu en disant : « Vous ne pouvez pas dire que vous soutenez le droit d’Israël à se défendre, puis vous opposer à Israël lorsqu’il exerce ce droit. »

« Vous ne pouvez pas dire que vous soutenez l’objectif d’Israël de détruire le Hamas, puis vous opposer à Israël lorsqu’il prend les mesures nécessaires pour atteindre cet objectif », a-t-il ajouté.

« Vous ne pouvez pas dire que vous vous opposez à la stratégie du Hamas qui consiste à utiliser des civils comme boucliers humains, et ensuite blâmer Israël pour les victimes civiles qui sont le résultat de cette stratégie cynique du Hamas », a insisté  Netanyahu. « Pour Israël, chaque mort civile est une tragédie. Pour le Hamas, chaque mort civile est une stratégie ».

C’est pourquoi, a-t-il affirmé, « il est injuste et immoral de soumettre Israël à des normes en matière de pertes civiles qu’aucun autre pays n’était tenu de respecter.

Le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, a indiqué mardi matin qu’au moins 31 184 Palestiniens ont été tués depuis le 7 octobre, et qu’il y avait 72 899 blessés. Les chiffres du groupe terroriste ne peuvent toutefois être vérifiés et ne distinguent pas entre les civils et les terroristes. Israël a déclaré avoir tué quelque 13 000 terroristes à Gaza et 1 000 autres en Israël dans les jours qui ont suivis les massacre du 7 octobre.

Aucune des pressions auxquelles Israël est confronté de la part de ses alliés dans le monde « ne nous arrêtera », a promis Netanyahu aux délégués de l’AIPAC, ajoutant qu’il n’y a « pas d’autre option que la victoire totale, et cette victoire est à portée de main ».

Dans un message implicite à Biden, Netanyahu a indiqué que « l’écrasante majorité du peuple américain se tient à nos côtés. Je sais que l’écrasante majorité du Congrès est à nos côtés ».

Le président américain Joe Biden (à droite) accueilli par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à l’aéroport international Ben Gurion, le 18 octobre 2023. (Crédit : Evan Vucci/AP)

Les plus de 1 600 militants de l’AIPAC estimés présents à la conférence ont également entendu, ou devaient des interventions du président républicain de la Chambre des représentants, Mike Johnson, du chef de la minorité démocrate de la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, du chef de la majorité démocrate du Sénat, Charles Chuck Schumer, et du chef de la minorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell, au cours de la conférence, qui a débuté dimanche.

Malgré les inquiétudes de Netanyahu sur le fléchissement du soutien américain à la guerre d’Israël contre le Hamas, le conseiller américain à la sécurité nationale, Jake Sullivan, a réfuté les informations récentes selon lesquelles la Maison Blanche envisageait de suspendre l’aide à Israël si ce dernier poursuivait son projet d’opération à Rafah.

« Nous n’allons pas nous engager dans des hypothèses sur ce qui se passera à l’avenir et les rapports qui prétendent décrire la pensée du Président ne sont que des suppositions non informées », a affirmé Sullivan lors d’un point de presse mardi.

Il a toutefois réaffirmé que les États-Unis ne soutiendraient pas une opération de Tsahal à Rafah à moins qu’Israël ne présente un plan d’évacuation pour le million et plus de Palestiniens actuellement réfugiés dans la ville, ce que Jérusalem n’a pas encore fait.

Au cours du week-end, Biden a déclaré que l’entrée de Tsahal à Rafah représenterait une « ligne rouge » pour son administration, mais il n’a pas précisé les conséquences si celle-ci était franchie et a souligné son engagement à continuer de fournir à Israël les moyens de faire valoir ses droits.

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