La commission de la Knesset a voté la proposition de loi sur les mikvés
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La commission de la Knesset a voté la proposition de loi sur les mikvés

La proposition abandonne l’obligation pour les femmes de s'immerger selon la pratique orthodoxe

Marissa Newman est la correspondante politique du Times of Israël

Moshe Gafni, député de Yahadout HaTorah, pendant une réunion de la commission des Affaires internes de la Knesset sur un projet de loi modifiant les régulations de l'utilisation des mikvés, à Jérusalem, le 6 juin 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Moshe Gafni, député de Yahadout HaTorah, pendant une réunion de la commission des Affaires internes de la Knesset sur un projet de loi modifiant les régulations de l'utilisation des mikvés, à Jérusalem, le 6 juin 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

La commission de l’Environnement et des Affaires internes de la Knesset a approuvé lundi le passage en première lecture en session plénière de la Knesset d’une version adoucie d’une proposition de loi régissant l’utilisation des bains rituels, ou mikvés.

La version révisée de la proposition omet toute mention nécessitant des femmes qu’elles s’immergent en accord avec les interprétations orthodoxes de la loi juive.

La proposition de loi du député Moshe Gafni de YaHadout HaTorah – qui cherche à contourner le jugement du 12 février de la Cour suprême établissant que les communautés juives non orthodoxes d’Israël peuvent utiliser les mikvés de l’Etat pour leurs cérémonies de conversion – donnera aux autorités religieuses régionales la possibilité d’interdire à des individus l’utilisation des mikvés de l’Etat, quel que soit l’accord précédent.

Dans le cadre du compromis négocié pour sécuriser le vote de la proposition de loi, l’Agence juive a accepté de construire jusqu’à quatre mikvés qui seront utilisés par les communautés conservatrices et réformées d’Israël, bien que la proposition n’ait pas encore été finalisée.

Le ministre des Affaires religieuses David Azoulay visite un luxueux mikvé [bain rituel] dans l'implantation d'Alon Shvut, en Cisjordanie, pendant une visite du Gush Etzion le 25 août 2015. (Crédit : Gershon Elinson/FLASH90)
Le ministre des Affaires religieuses David Azoulay visite un luxueux mikvé [bain rituel] dans l’implantation d’Alon Shvut, en Cisjordanie, pendant une visite du Gush Etzion le 25 août 2015. (Crédit : Gershon Elinson/FLASH90)

« L’Agence juive a accepté de financer et de construire jusqu’à quatre mikvés pour les communautés réformées et conservatrices dans le cadre d’un compromis général sur le sujet », a déclaré lundi un représentant de l’Agence juive. « A l’heure actuelle, le compromis n’a pas encore été accepté par toutes les parties concernées et par conséquent doit encore être approuvé. »

Une clause de la proposition de loi initiale, à laquelle se sont vigoureusement opposés certains membres de la coalition, aurait aussi obligé les femmes utilisant les bains rituels à le faire selon les normes de la loi juive orthodoxe.

« Il est important de préciser que toute référence aux méthodes d’immersion des femmes a été supprimée [du texte de loi], comme nous l’avons demandé depuis le début », a écrit dimanche soir sur Twitter la députée Koulanou Rachel Azaria.

La députée Rachel Azaria (Koulanou) est expulsée de la séance de la commission  des Affaires intérieures consacrée à une proposition de loi pour modifier les règlements de l'utilisation des bains rituels, le 6 juin 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
La députée Rachel Azaria (Koulanou) est expulsée de la séance de la commission des Affaires intérieures consacrée à une proposition de loi pour modifier les règlements de l’utilisation des bains rituels, le 6 juin 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Azaria a été exclue la semaine dernière de la commission de l’Environnement et des Affaires internes de la Knesset pour avoir demandé une copie de la nouvelle formulation de la proposition de loi, et avoir accusé la législation proposée de compromettre la liberté religieuse.

« Cette loi est sur le point de nuire à des centaines de milliers de femmes qui s’immergent tous les mois, selon la loi juive. Cela signifie que le rabbinat dira aux femmes qui s’immergent selon la tradition de leur mère qu’elles ne sont plus légales », a déclaré Azaria lundi dernier.

La proposition de loi dans sa formulation actuelle autorisera toujours les autorités locales à interdire à certains individus, dont des juifs non orthodoxes, d’utiliser les mikvés de l’Etat.

La commission de l’Environnement et des Affaires internes de la Knesset devrait voter lundi la proposition de loi, avant sa première lecture en assemblée plénière de la Knesset. Dans le cadre de l’accord, la loi ne sera pas soumise au vote avant que les membres des partis de la coalition HaBayit HaYehudi et Koulanou ne s’accordent sur sa formulation.

Amanda Borschel-Dan a contribué à cet article.

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